Avis BD Editions Dupuis : Dad – Tomes 1 à 5

Nob, de son vrai nom Bruno Chevrier, est un auteur de bandes-dessinées que l’on connait entre autres pour son travail sur Mon ami Grompf et sur Mamette, tous deux sortis aux éditions Glénat. Si nous parlons de lui aujourd’hui, c’est pour vous faire découvrir une autre série signée de sa main, à savoir Dad, qui est publiée aux éditions Dupuis. Le premier tome, Filles à papa, est sorti en mars 2015 et il a été suivi de quatre autres tomes et d’un numéro hors-série, le Tome 0 ou Manuel du Dad (presque) parfait. Le tome 6, Père à tout faire, étant prévu pour le 18 octobre prochain, nous tenions à vous parler de cette série qui nous tient à cœur.


Depuis 2004, on peut découvrir une partie du travail de Nob dans le magazine Spirou, l’auteur étant même un intervenant régulier depuis 2010. C’est d’ailleurs dans le journal Spirou que les lecteurs peuvent découvrir les nouvelles planches de Dad, et ce chaque semaine. Personnellement, pour la petite anecdote, j’ai découvert la série sur le tard au travers de planches diffusées dans le Télé 7 Jours (on ne critique pas, j’aime leurs mots croisés). Cela m’a poussé à m’intéresser aux albums. Etant en plus un heureux papa d’un petit garçon de 2 ans et demi, la série m’a fait écho. L’histoire est assez simple, on retrouve Dad, un père de famille qui élève seul ses quatre filles issues de mères différentes. Il y a Panda, la plus grande qui se trouve être une intello dont la mère est la maire de la ville. Elle est suivie d’Ondine, l’adolescente aux cheveux roses qui est touchée par les problèmes amoureux et qui a un penchant pour son téléphone portable. Puis on fait la connaissance de Roxane, une pré-ado dynamique qui joue au foot, aime les super-héros, les zombies et la bagarre. La petite dernière, c’est bébérénice, un bébé.



Le premier petit détail qui est appréciable, c’est de voir que Nob utilise la deuxième de couverture et la page qui lui fait face, ainsi que la troisième de couverture et la page qui lui fait face également, pour donner le rendu d’un tableau sur lequel il épingle des images de la famille, des petits mots, des petites cartes, un peu à l’image de ce que l’on retrouve sur les frigos des parents avec les magnets. Ceci dit, il faut déjà saluer la qualité du dessin. C’est détaillé, c’est coloré et il y a des rondeurs qui donnent un côté très sympathique à tous les personnages, rappelant au passage ce côté bienveillant du papa bedonnant. Le dessin est fluide et c’est vraiment un régal, avec pas mal de petits détails comme une vignette dans laquelle Dad tourne un spray ménager vers lui façon pistolet sur la tempe. Les planches s’enchaînent assez bien, avec beaucoup d’humour. Certaines chutes sont un peu téléphonées, d’autres moins et on a même le droit à quelques planches plus originales montrant les rêves de Dad, quand ce n’est pas une représentation plus animale de ce dernier (un singe, un ours…).

Dans tous les cas, il y a une certaine bienveillance et Dad apparaît toujours comme un personnage sympathique qui fait tout pour ses filles, même si celles-ci en jouent parfois un peu. Il y a également des moments plus touchants, comme quelques planches montrant l’enfance de Dad, avec un père absent et une mère un peu je-m’en-foutiste, ou ses débuts de papa avec la petite Panda… Bien entendu, il y a également des passages touchants montrant la relation de Dad et ses filles, surtout que Dad est un acteur qui a sacrifié une bonne partie de sa carrière (une planche l’explique très bien d’ailleurs) pour élever ses filles. Quand on voit que les mères n’ont pas la fibre maternelle, on comprend mieux son choix… Imaginez par exemple que l’une d’elles ne connaît même pas l’âge de sa fille… Bref, nous ne voulons rien spoiler, donc nous n’en dirons pas plus. Ce qu’il faut retenir, c’est que les histoires s’enchaînent, elles font sens et on se prend à s’attacher à Dad et ses filles au fil des tomes. Même le pauvre François-Xavier, Efix, est attachant et peut rappeler certains souvenirs de jeunesse, du moins pour ceux qui n’ont pas eu une adolescence facile.



Personnellement, en tant que papa, je reconnais que certaines situations sentent le vécu et ça aide à sourire bêtement en les lisant. Certes, mon fils est encore jeune, donc j’ai plutôt souri sur les gags liés à bébérénice par rapport à mon propre vécu mais d’autres gags m’ont rappelé ma jeunesse. En plus, certaines planches vont un peu plus loin, comme lorsque Nob aborde le changement du quotidien introduit par les technologies, lorsqu’il effleure le thème de l’écologie ou celui des fins de mois difficiles. C’est très malin, c’est bien écrit, suffisamment léger pour passer un bon moment, et plein de sens. Bref, c’est un vrai coup de cœur.


Article rédigé par Vincent – Lageekroom

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