Avis Ciné : Joker, la descente aux enfers d’Arthur Fleck

Les premières critiques du Joker étaient élogieuses, voire même parfois excessives. Certains parlent du film de l’année, d’autres réclament un Oscar pour Joaquin Phoenix, et certaines polémiques ont même émergé, principalement aux Etats-Unis. Un film si attendu ne pouvait pas arriver sans faire de bruit, et nous avions de notre côté hâte d’en avoir le cœur net. Et c’est avec beaucoup d’émotions que nous venons de sortir de la salle, et que nous avons décidé de vous en parler. C’est parti !


Avis Ciné : Joker, la descente aux enfers d'Arthur FleckJoker est un bon film, un excellent film même ! Une oeuvre qui laisse des traces, dans l’esprit mais également dans les tripes, et dont on parle une fois sorti de la salle et bien plus tard. Le film nous raconte la descente aux enfers d’Arthur Fleck, un clown marginal vivant avec sa mère et prenant soin d’elle. Il rêve d’être connu et reconnu dans une société qui l’ignore et se moque de lui. Bien qu’il tente de transmettre de la bonne humeur et de redonner le sourire, il le fait avec maladresse, souffrant de rires nerveux en décalage avec la situation. Probablement dus au traumatisme crânien dont il a été victime étant enfant, ces rires provoquent bien souvent le malaise autour de lui, d’autant que la plupart des situations n’ont rien de comique. Ces troubles du comportement s’amplifient, allant jusqu’à une certaine forme de schizophrénie, mais le réalisateur Todd Phillips parvient à nous faire ressentir de l’empathie pour son personnage. Arthur a souffert, et ses rires sont douloureux (parfois mélangés aux larmes)… Le traitement du personnage est clairement différent de ce que l’on a pu voir précédemment, et sa relation avec sa mère est bien écrite, tout comme sa « relation » amoureuse avec sa voisine. Le tour de force du réalisateur est de réussir à nous attrister des situations vécues par Arthur. Nous savons qu’il va devenir un dangereux psychopathe mais avons tout de même de la peine pour lui. Une révélation sur sa vie et son enfance le fera définitivement passer du côté obscur, et la deuxième partie du film montre la montée en puissance du Joker, qui voit son comportement évoluer et grandir, jusque dans sa démarche (physique). Le Joker va pouvoir prendre sa revanche sur ce monde qui lui a jusqu’à maintenant craché au visage.


Avis Ciné : Joker, la descente aux enfers d'Arthur Fleck


Nous sommes dans un film DC, et nous découvrons donc l’univers de Gotham et certains personnages liés au Joker, comme Thomas Wayne et son fils Bruce, mais c’est bel et bien le Joker qui est le héros du film. Le réalisateur n’a pas fait l’erreur de balancer des noms connus uniquement pour le fan service, et le tout est bien amené. On notera que le film nous présente des vues superbes de Gotham, mais que l’ambiance sombre de la ville, de ses ruelles et de son métro nous explose en plein visage à chaque plan. Le film est sombre, et le malaise est souvent présent. On notera également quelques fulgurances de violence qui font vraiment mal. Le film est souvent « sec » et nous balance ses événements en pleine figure. C’est ce qu’on attendait d’un film DC, et nous sommes servis ! Joaquin Phoenix est totalement investi dans son rôle et fait un parfait Joker, proposant de nombreuses nuances dans son jeu. Le Joker n’est pas seulement un bouffon excité et l’acteur l’a parfaitement saisi. On notera enfin un gros travail sur la partie sonore du film, qui propose des sonorités lourdes et prenantes créant de réelles tensions. Du tout bon !



Joaquin Phoenix fait un grand Joker ! Le film de Todd Phillips nous a pris aux tripes du début à la fin, malgré quelques longueurs, nécessaires pour poser l’ambiance et nous présenter l’évolution du personnage. La descente aux enfers du Joker est cohérente, et le réalisateur parvient à nous faire aimer son personnage et à avoir de l’empathie pour lui. A l’image de la série Dexter, dans laquelle le spectateur s’attachait et en arrivait à comprendre les motivations d’un tueur en série, Joker réussit à rendre son personnage attachant et on souffre avec lui. Cela pourra en choquer certains, et les polémiques sont bien présentes aux Etats-Unis, mais nous avons beaucoup aimé le traitement réservé à ce personnage qui tente d’exister dans une société sans pitié qui le rejette sans cesse et se moque de lui, jusque sur un plateau de télévision. Joker est sombre, parfois violent, malaisant (dans le bon sens du terme) mais nous offre un regard sur les troubles psychiques intéressant. C’est perturbant, et c’est ce qui fait la grande force du film !


Un dernier avis ? (avec spoiler)


Plusieurs choses m’ont marqué dans Joker. La violence tout d’abord, sèche et fulgurante et qui prend aux tripes. Ensuite, j’ai adoré le jeu de Joaquin Phoenix qui a compris le personnage et parvient à exprimer sa folie sans en faire des caisses, bien loin d’un Jared Leto en mode gangsta et complètement à l’ouest. Enfin, je dois dire que certaines scènes m’ont donné le frisson, étant une grande fan de l’univers. Je pense notamment à une des scènes de fin, qui nous montre (une nouvelle fois) le meurtre des parents de Bruce Wayne. Le tout est bien amené et s’intègre parfaitement au récit. Je souhaite désormais que la Warner continue sur cette lancée et nous propose un film Batman à la hauteur. Je laisse de côté le futur Birds of Prey qui ne m’intéresse pas plus que ça.

 

J’ai beaucoup aimé le film, et je pense le garder en tête un bon moment. Il y a quelques longueurs, mais l’évolution du personnage est bien amenée et excellente. J’ai adoré le jeu de l’acteur, qui souffre de troubles psychiques et dévoile sa folie sans en faire trop. J’ai enfin eu la sensation de découvrir (enfin) le vrai visage du Joker, via une montée en puissance bien maîtrisée. C’est sombre, violent, bien écrit, et le film réserve quelques surprises. J’ajoute enfin que j’ai adoré la partie sonore et certains plans superbes. Joker est un film qui peut s’avérer perturbant et qui fait réfléchir. Chapeau pour ça !


Lageekroom

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