Avis Comics Glénat : Les nouvelles aventures de Sabrina

Sabrina, l’apprentie sorcière, n’est pas toute jeune puisqu’elle est l’héroïne d’une série de comics depuis 1971, en sachant qu’elle est apparue pour la première fois en 1962 dans les comics Archie (elle y fait des interventions récurrentes), ceux qui ont servi de base à Riverdale, l’adaptation signée Netflix. Sabrina a été adaptée en séries d’animation, en téléfilms et en séries télévisées (sans même parler des jeux vidéo). Personnellement, je me souviens surtout de la série télé avec Melissa Joan Hart qui a ponctué mon enfance quand je n’étais pas devant le Club Do’, Manimal, l’Agence Tous Risques et autres programmes de mes jeunes années. Dernièrement, je me suis régalé sur Les Nouvelles Aventures de Sabrina, l’adaptation Netflix de Chilling Adventures of Sabrina, le spin-off horrifique publié chez Archie Horror. Je suis donc ravi de pouvoir vous parler ce jour de la réédition des cinq premiers comics compilés par Glénat sous le nom de Les Nouvelles Aventures de Sabrina. Sortez vos sorts, ça va saigner !


Avis Comics Glénat : Les nouvelles aventures de Sabrina blog gaming jeux video lageekroomEn 2014, Roberto Aguirre-Sacasa (qui a signé l’adaptation de Sabrina pour Netflix) sort Chilling Adventures of Sabrina, un spin-off horrifique qui permet de retrouver notre apprentie sorcière à Greendale dans les années 60. Salem, cousin Ambrose, les tantines (Hilda et Zelda), Harvey Kinkle, les personnages principaux que nous connaissons sont de retour. Le premier numéro revient sur l’année qui a suivi la naissance de Sabrina, fruit de l’union entre un sorcier et une mortelle. Une pratique défendue par le coven de l’Eglise de la Nuit qui est considérée comme une abomination. Il continue pour montrer son évolution sur les années qui ont suivi, dont son emménagement avec ses tantes, l’arrivée de son cousin ou encore sa rencontre avec Harvey, sans parler de la découverte de ses pouvoirs, ou plutôt de l’étendue de ses pouvoirs. C’est également l’occasion d’introduire Madame Satan (Lilith), un personnage issu des Archie Comics Young Adult qui intègre l’univers de Sabrina comme étant l’ex-amour du père de Sabrina qui revient après un suicide… Sans trop en dire, ce personnage est très important (et tout aussi intéressant), à tel point que le deuxième numéro lui est consacré. Madame Satan est à la fois attachante, diablement séduisante, manipulatrice et incroyablement abominable… Oui, tout ça à la fois. C’est ce qui fait aussi la beauté de l’horreur.


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Le troisième numéro s’attarde sur l’un des moments clés de la série, à savoir le baptême impie, celui du seizième anniversaire de Sabrina, le moment où la jeune sorcière doit choisir entre le chemin de la lumière (l’humanité) et celui de la nuit (la sorcellerie). Le quatrième chapitre permet de donner de la substance au personnage d’Harvey, tandis que le cinquième est extrêmement croustillant. Je n’en dirai pas plus sur le scénario pour éviter de vous spoiler. Ce que je peux dire en revanche, c’est que j’ai beaucoup apprécié l’histoire, qui ne manque pas de références à l’univers satanique, au sexe et de rebondissements. Même en ayant vu l’adaptation Live de Netflix, j’ai été surpris par plusieurs éléments de l’histoire, Roberto Aguirre-Sacasa ayant été très malin dans l’adaptation de sa propre œuvre pour permettre à ceux qui s’intéressent à la série télé et aux comics de garder une part de découverte. Les dialogues sont assez matures, on retrouve pas mal de sujets abordés, comme les mariages non approuvés, les principes des églises qui sont souvent misogynes et/ou sectaires, le deuil, etc. C’est intéressant et quelques doses d’humour, parfois noir, allègent un peu l’ambiance grâce à un savant dosage. C’est assez psychologique et même parfois subtil. Bref, c’est un vrai régal dont on ressort, à la fin du cinquième chapitre (cinquième comics donc), avec une envie : celle d’avoir la suite… Petit plus qui m’a plu, cette réédition profite d’une couverture rigide au dessin épuré qui donne le ton. Je préfère largement cela aux couvertures souples. Ceci étant dit, l’autre véritable force de ces comics, c’est assurément l’esthétique. L’auteur a eu le nez fin en demandant à Robert Hack d’assurer cette partie, lui qui travaillait sur des variantes de couvertures mais qui n’avait jamais attaqué un projet d’une telle ampleur. Pour la petite histoire, à la base, Robert Hack ne devait assurer que le dessin et l’encrage. Faute de trouver un coloriste qui donne le bon ton à cette série de comics, Aguirre-Sacasa était prêt à sortir les comics en noir et blanc… Mais Robert Hack a finalement accepté d’assurer la colorisation. Et c’est tant mieux !


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Dans toutes les vignettes du comics, je constate un véritable travail sur le dessin. L’encrage a été ainsi fait que Robert Hack semble avoir laissé tous les petits traits de ses esquisses. Cela donne un côté très fourni aux dessins, avec beaucoup d’éléments représentés mais des détails très sommaires. On est clairement dans un rendu d’ambiance, avec un travail sur les ombres et les contours. Pourtant, certaines planches sortent du lot avec un travail bien plus détaillé sur quelques éléments, comme les expressions faciales, avec des yeux écarquillés par exemple. On retrouve l’esprit des dessins horrifiques des années 60 à 70, ce qui colle parfaitement à la période représentée par ce spin-off. Le travail des traits donne également du mouvement aux dessins, influant sur la perception du lecteur, comme laissant imaginer une brise qui passe ou encore l’agressivité d’un personnage. La noirceur, accentuée de certains pourtours des vignettes, recentre l’attention sur l’action principale, donnant un effet plus intimiste à une scène. Le travail sur le dessin est particulier mais il se démarque clairement du lot, et ce pour mon plus grand plaisir. Quant à la colorisation, on reste beaucoup dans les tons sombres, du rouge, de l’orange, du marron, un peu de jaune, de rose et de vert qui détonnent, l’ambiance se veut pesante, glauque et c’est ce que les couleurs induisent. J’apprécie d’ailleurs la manière dont les dessins ont été colorisés, donnant souvent un rendu aquarelle, avec un effet visuel qui laisse suggérer le passage du pinceau.


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Une réédition ensorcelante


Ayant découvert les comics Les Nouvelles Aventures de Sabrina après l’adaptation Live faite pour Netflix, je dois avouer que j’ai autant aimé l’un que l’autre. Le point commun des deux ? On retrouve Roberto Aguirre-Sacasa à l’écriture. Cette réédition qui regroupe les cinq premiers comics de la série Sabrina publiés sous le label Archie Horror m’a séduit. J’apprécie déjà la couverture rigide, j’ai beaucoup aimé les variantes de couvertures qui introduisent chaque chapitre et j’ai surtout énormément accroché aux comics. C’est gore, c’est parfois glauque, c’est superbement dessiné et colorisé (merci Robert Hack !). Même si le style est particulier, avec des dessins qui sont simples et ne s’embarrassent pas des détails, à quelques exceptions près, j’ai trouvé qu’ils transcrivaient parfaitement le style horrifique des années 60. Ils donnent vie aux personnages, tandis que ces derniers sont servis par des répliques bien écrites. Le scénario est de qualité, il est assez mature et aborde des sujets qui sont encore d’actualité. Le tout est traité avec le filtre de la sorcellerie et les références sataniques, mais les transpositions sont faciles à faire. C’est malin, c’est bien écrit, il y a plusieurs rebondissements, bref, c’est très bon. Petit plus qui m’a fait plaisir, c’est de retrouver Veronica et Betty (personnages phares des Archie Comics) dans des versions alternatives habilement intégrées. En deux mots comme en cent, un régal !


Article rédigé par Vincent – Lageekroom

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