Avis Manga Glénat : Shadows House – Tomes 1 et 2

Débutée en 2018 en Japon, la série Shadows House vient tout juste d’arriver chez nous aux Editions Glénat. Nous découvrons ainsi pour la première fois so-ma-to (ou Somato), un duo de mangakas à l’origine de 4 séries au Japon, et par la même occasion cette oeuvre mystérieuse dont nous avons reçu les 2 premiers tomes. Nous nous sommes plongés dans ce seinen à la délicieuse ambiance gothique faite de personnages sans visage et de poupées, et il est temps de vous partager notre ressenti. C’est parti !


Avis Manga Glénat : Shadows House - Tomes 1 et 2Synopsis : Les Shadow forment une famille aux manières nobles dont les membres n’ont pas de visage. Afin de pallier ce manque, ils emploient des « poupées vivantes » chargées de les servir et d’interpréter leurs émotions. Dans l’étrange manoir des Shadow, où l’on ne reçoit jamais de visiteurs, une voix de cristal danse, aujourd’hui encore, entre les dépôts de suie…


Avis Manga Glénat : Shadows House - Tomes 1 et 2


S’il y a bien un point sur lequel Shadows House n’est pas critiquable, c’est concernant son ambiance. L’univers gothique du manoir dans lequel nous sommes plongés est sombre et mystérieux, et peu d’éléments nous sont pour le moment révélés. Ou sommes-nous ? A quel époque ? Qui est cette famille qui réside dans le manoir ? Ce que l’on apprend immédiatement, c’est que les Shadow n’ont pas de visage et sont complètement noirs, comme des ombres. De ce fait, il leur est impossible d’exprimer des émotions et utilisent donc des poupées afin de servir de visages de substitution. Emilico est l’une d’elle : elle vient de naître et se retrouve au service de mademoiselle Kate Shadow. Emilico découvre donc Kate et s’avère rapidement curieuse. Elle n’est qu’une poupée au service de sa maîtresse, notamment pour effectuer les tâches ménagères, mais commence déjà à se demander ce qu’elle fait là, et pourquoi elle ressemble à une humaine. Ce premier tome réussit le tour de force d’exprimer tout un tas d’émotions, alors que nous avons affaire à une poupée et à une jeune femme sans visage. Autre particularité des Shadow, ceux-ci émettent de la suie, principalement lorsqu’ils ressentent des émotions négatives. Suie qu’Emilico devra nettoyer, encore et encore. L’ambiance est donc assez dark, proche d’un conte, mais le côté mignon des poupées parvient à créer un équilibre intéressant. On découvre donc, dans ce premier tome, les premiers pas d’Emilico auprès de Kate, mais la petite poupée est bien souvent maladroite, ce qui agace sa maîtresse. Assez contemplatif, ce premier tome n’apporte pour le moment aucune réponse à nos questions. Qu’y a t’il à l’extérieur du manoir ? Pourquoi Emilico est-elle qualifiée de défectueuse par une autre poupée ? Pourquoi Emilico et Kate sont-elles si semblables (elles ont la même silhouette) ? Qu’est-ce exactement que la suie ? Des questions qui se rajoutent aux premières déjà posées en début de paragraphe… Nous ne savons pas si les auteurs y apporteront des réponses ou garderont le mystère, mais le tout est très bien amené.

Bien que ce premier tome soit assez court, on s’y plonge dès les premières pages et les dessins immergent immédiatement le lecteur dans l’ambiance. Certaines illustrations sont superbes et vraiment sombres (Kate énervée qui dégage énormément de suie), et certains lieux du manoir sont très détaillés (malgré quelques cases un poil chargées). Le côté sombre et gothique de l’ensemble tranche donc avec le visage réussi et vraiment mignon d’Emilico, ultra expressive avec ses grands yeux. Parfois joyeuse, parfois apeurée ou encore triste, la poupée découvre la vie et sa relation avec sa maîtresse ne demande qu’à être développée. Certaines autres poupées du manoir semblent moins accueillantes. Emilico fait en tout cas de son mieux pour servir sa maîtresse, mais ses maladresses pourraient lui attirer quelques soucis. La qualité globale de ce premier tome est excellente, et on y trouvera également quelques belles pages en couleur ainsi qu’une couverture réussie proposant le titre du manga en doré. Très chouette tout ça !


A lire également : 


Avis Manga Glénat : Shadows House - Tomes 1 et 2Shadows House – Tome 2 : Assurez-vous d’avoir lu le tome 1 avant de lire ce paragraphe. Après un premier tome bien mystérieux, les choses s’accélèrent dans le manoir des Shadow. Alors qu’Emilico apprend ses premières leçons auprès des autres poupées vivantes, celles-ci sont attaquées par un revenant, un assemblage de plusieurs agrégats, qui sont eux-même des tas de suie capables de bouger. Mais l’événement le plus important reste le jour de l’Exhibition, durant lequel Emilico deviendra réellement le visage de Kate. L’univers s’enrichit donc énormément, et on découvre de nombreux personnages (Lou, Ricky, Shawn ou encore Lum), des poupées aussi bien masculines que féminines ayant leur propre tempérament et des relations parfois « particulières » avec leurs maîtres et maîtresses. Et c’est bien là le défaut d’Emilico, qui passe son temps à aider les autres au lieu de se consacrer corps et âme à Kate, ce qui pourrait bien la faire échouer durant l’Exhibition… Puis finir à la poubelle. Ce tome 2 apporte quelques réponse aux questions que l’on se posait plus haut, et on comprend par exemple comment est « recyclée » la suie ou encore le fait que ce soit l’illustre aïeul qui donne vie au poupée. Emilico et d’autres poupées vont également faire la connaissance d’une ombre mystérieuse qui parle en utilisant « je » et non en citant son prénom. Cette dernière semble cacher quelque chose. L’intrigue s’épaissit donc, et certaines questions trouvent une réponse tandis que de nouveaux mystères émergent. Emilico est une nouvelle fois très bien traitée par les mangakas, et la poupée fait de son mieux mais reste toujours aussi maladroite. Symboliquement, elle tente de se libérer l’esprit de ses pensées inutiles pour mieux se concentrer en les notant dans un carnet afin de les oublier. Ce deuxième tome, sorti en même temps que le premier (un choix judicieux tant l’intrigue gagne en qualité), est donc toujours aussi prenant. Mention spéciale une nouvelle fois au coup de crayon, aussi sombre que mignon, qui met en valeur les expressions des poupées en n’oubliant pas de proposer quelques séquences presque flippantes. Un mélange parfaitement réussi !


Lageekroom

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *