Avis Manga Kurokawa : Shônan Seven – Tome 13

Quand on aime les shōnen avec une tendance comique, il est difficile de passer à côté de GTO (pour Great Teacher Onizuka), le manga de Tōru Fujisawa parlant d’un jeune délinquant, Eikichi Onizuka, qui devient un professeur peu banal, pointant du doigt au passage quelques anomalies des systèmes scolaires. Avant de fournir cette série en 25 volumes qui a été adaptée en un anime de 43 épisodes (sans parler des drama), l’auteur avait planché sur Young GTO, une histoire suivant notre cher Onizuka et son ami Ryuji Danma lors de leurs années lycée, avec un prologue publié entre les deux répondant au nom de Bad Company. Pourtant, l’univers de la licence ne s’arrête pas là puisque Tōru Fujisawa a continué à développer le personnage d’Onizuka avec GTO Shonan 14 Days et GTO Paradise Lost. Pour garnir encore l’univers, l’auteur a sorti GT-R (un tome dédié à Ryuji Danma), Ino-Head Gargoyle (série en 5 tomes dédiée à Saejima) et Shônan Seven. C’est cette dernière qui nous intéresse aujourd’hui puisque le tome 13 vient de sortir.



Petit retour sur la série

Shônan Seven se déroulant des années après les fresques de l’Onibaku, le duo formé par Onizuka et Danma, le réel lien que cette série entretient avec les autres ouvrages autour d’Onizuka ou des protagonistes des séries GTO, c’est le lycée Tsujidô. Ce dernier est réputé pour abriter les racailles de la pire espèce et, pour éviter de reproduire les erreurs du passé au niveau des bastons entre gangs rivaux, des élèves ont lancé le Shônan Seven, un tournoi clandestin permettant d’élire le lycée composé des meilleurs bastonneurs. Ainsi, le lycée de Shônan qui remporte le tournoi a la responsabilité de veiller sur Shônan durant un an. Le personnage principal est Ikki Kurokami, un seconde qui entend bien se qualifier pour représenter le lycée Tsujidô au Shônan Seven. Quand la plantureuse Madoka lui promet des faveurs sexuelles s’il y parvient, on comprend que sa motivation est décuplée…

Sans rentrer dans les détails, les premiers tomes se concentrent sur la bataille entre les élèves de Tsujidô pour savoir lesquels vont représenter le lycée au Shônan Seven. Les personnages sont plutôt caricaturaux, ils ont l’air d’avoir quelques années de plus et l’humour est parfois bas du front, surtout quand on voit certaines scènes avec Madoka ou Reiko (la sœur d’Ikki). Le scénario n’est pas la plus grande force du début de la série et malgré les tentatives de Tōru Fujisawa pour essayer de reprendre les ficelles de la licence GTO, les dialogues ont bien du mal à accrocher autant que ceux des GTO. Fort heureusement, il y a quelques lignes qui viennent ajouter un poil d’épaisseur à un récit qui manque de consistance sinon, notamment avec l’ajout des Blue Rose et des Blood Seven. L’autre point qui ajoute un peu de sérieux à l’ensemble, pour rappeler que la série à tendance comique tire aussi du côté du dramatique, c’est l’histoire familiale d’Ikki, dont la partie sur son frère Ren…

S’il ne brille pas vraiment du côté de l’écriture Shônan Seven se rattrape largement grâce à l’ambiance. Tōru Fujisawa n’a pas perdu la main de ce côté-là. Il a réussi à retranscrire l’ambiance loubard avec des confrontations de qualité. Fort heureusement pour lui, sur cette série, il a pu compter sur le talentueux Shinsuke Takahashi qui livre des dessins inspirés. Certes, les personnages ont un côté très caricatural au niveau de leur profil et de leur look, mais le dessinateur a un coup de crayon merveilleux. Les traits sont vifs, les expressions sont travaillées, il y a du dynamisme dans les dessins et les affrontements sont parfaitement retranscrits. Shinsuke Takahashi livre également une ribambelle de gueules cassées qui impressionnent, avec un trait de crayon toujours juste. Les planches ne manquent pas de détails, bref, on se laisse clairement happer par l’univers. Le bon côté, c’est que la baston a la part belle, ce qui fait que les tomes se lisent très rapidement.


Et le tome 13 alors ?

Niveau dessin, il n’y a rien à redire, c’est vraiment beau et fluide. Les détails, la qualité du dessin des motos et des personnages, le sang qui coule, la violence des coups portés, tout est agréable à l’œil, fluidifiant la lecture. Que ce soient les scènes de bagarres du début du tome ou une course-poursuite haletante en moto, on ne peut qu’affirmer une fois de plus que Shinsuke Takahashi maîtrise son sujet. Quant au scénario, étrangement, il gagne en épaisseur et devient plus intéressant. On en apprend plus sur le frère d’Ikki et sur ce qui lui est arrivé, on apprécie le sérieux de toutes les situations, l’aspect comique étant clairement relégué au second plan. A vrai dire, le tome 8 de la série a amorcé un certain tournant pour laisser un peu plus de côté les gamineries basses du front au profit de la violence des combats et des enjeux du Shônan Seven. Ce n’est pas encore incontournable et il n’y a pas de réelle originalité dans l’ensemble mais ça donne un aspect dramatique correctement amené et agréable à suivre… A tel point que la révélation de la fin du tome, certes un poil téléphonée, donne clairement envie de voir la suite.



Avis de Vincent – Un plaisir coupable

Etant un grand fan de la licence GTO, je me devais de me lancer dans la lecture des Shônan Seven. Si j’ai été un peu déçu sur les premiers tomes, entre les personnages caricaturaux et l’écriture moins fine que ce à quoi Tōru Fujisawa nous a habitués, je dois avouer que le tome 13 est plutôt un bon cru. Les enjeux du tournoi sont clairement exprimés, on en apprend plus sur Ren, le frère d’Ikki, et on a un tome plus mature avec un aspect dramatique prononcé. Il y a de la violence, des combats, de la course-poursuite en moto, des affaires de gangs, bref, je me suis laisser prendre à cet univers des voyous japonais et ça m’a plu. J’espère que la suite sera du même calibre que les derniers opus, plutôt que de l’acabit des premiers tomes plutôt décevants. Cela étant dit, Shônan Seven n’égale pas les Young GTO ou les GTO mais l’auteur a redressé la barre et les dessins aident à faire passer la pilule.


Article rédigé par Vincent – Lageekroom

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