TEST : Gigantic Army, un run and gun un peu court mais bien pensé

Steam est une plateforme d’accueil souvent privilégiée par les développeurs indépendants. Elle permet à de petits projets d’émerger et de trouver, si la qualité est un minimum au rendez-vous, leur public. En 2014, Astro Port, studio japonais spécialisé dans le shoot them up, a sorti Gigantic Army, un run and gun dans la lignée d’un certain Assault Suits Valken. Cette année, le titre a été porté sur nos Nintendo Switch… Pour le meilleur ?


TEST : Gigantic Army run and gun blog jeux video lageekroom retrogamingTu avances à ton rythme mais ton temps est compté

La guerre contre les Ramulons fait rage, nous devons donc monter dans notre GMR-34 Saladin, un robot suréquipé, pour détruire ces extraterrestres qui cherchent à nous éliminer. Si le scénario se développe au travers de rapports en début de mission, il faut bien avouer que l’essence même de ce dernier se résume juste à un prétexte pour tirer sur tout ce qui bouge. En prime, les textes n’étant pas traduits dans la langue de Molière, beaucoup les passeront rapidement. Visuellement, le portage a profité d’un petit lifting pour se montrer sous son meilleur jour sur Nintendo Switch. Ne vous attendez pas à un miracle pour autant, on reste sur un jeu d’inspiration 16 bits. Néanmoins, le character design est agréable et les effets visuels, à commencer par les explosions, restent plutôt réussis. En revanche, l’ensemble s’avère assez terne et les décors sont plutôt pauvres. Oubliez également la diversité, le level design reste majoritairement basique avec une avancée horizontale ponctuée par quelques passages qui gagnent en verticalité à coups de plateformes copiées/collées. On passe bien par des environnements en intérieur, comme une caverne ou une sorte de gros bâtiment façon usine, et des passages en extérieur, dont un sur un avion, mais l’ensemble manque clairement d’originalité. Il ne faut pas oublier sur la fin du jeu les quelques pièges mis en place, à savoir des mines explosives au sol et au plafond, ou encore des passages avec des pièges électriques au sol. Pour en terminer avec l’enrobage, signalons que la bande-son ne brille pas forcément, à l’exception de quelques bruitages très corrects. Assez répétitive on vient rapidement à diminuer le son pour juste avoir un bruit de fond.


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Heureusement, le titre d’Astro Port a d’autres atouts, à commencer par le gameplay. Si certains pesteront en voyant que l’on dirige un robot assez lourd, d’autres seront séduits par le fait d’avoir un bon robot robuste qui a une certaine résistance et qui ne se fait pas exploser à la moindre attaque ennemie. En plus de sa jauge de santé qui permet d’absorber quelques attaques avant le game over, notre machine se pare d’un bouclier que l’on peut déployer en appuyant sur un bouton pour absorber les dégâts des attaques adverses. Attention toutefois, il faut l’utiliser avec parcimonie puisqu’il a sa propre barre de résistance… Or, une fois celle-ci à zéro, on ne peut plus utiliser notre protection jusqu’au niveau suivant. C’est pour cela qu’il vaut mieux privilégier l’esquive, soit en déplaçant normalement son robot, soit en usant d’un dash ou du Vernier, une sorte de jet pack que l’on peut utiliser en consommant une barre d’énergie. Cette dernière se recharge vite mais elle se consomme tout aussi vite. Si cela est largement suffisant pour se propulser en l’air pour esquiver une attaque ou prendre de la hauteur pour tirer sur un ennemi, c’est aussi insuffisant dès que l’on attaque les phases de plateforme qui reposent sur la verticalité. On doit donc progresser d’une plateforme à une autre, sentant tout le poids du robot et la peine du Vernier à lui faire gagner quelques centimètres. Lourd, dans tous les sens du terme, mais relativement réaliste.

Pour éliminer les adversaires, nous pouvons opter pour l’une des trois armes principales à munitions illimitées et une arme secondaire à munitions limitées, sans parler d’une épée qui permet de donner des attaques puissantes au corps à corps (surtout pour les ennemis de base). Côté armes principales, nous avons le choix entre un fusil avec des tirs rectilignes, un lance-missiles plus lent mais plus puissant ou encore une arme à feu qui envoie des projectiles dans trois directions simultanément. Pour notre part, c’est cette dernière qui est la plus efficace, surtout avec le système de visée qui n’est pas optimal. En effet, lorsqu’on enclenche le tir, tant qu’on garde le doigt sur la gâchette, on maintient la direction du tir. Pour changer cette dernière, il faut relâcher le tir, viser et réenclencher le tir. Dommage, nous aurions préféré pouvoir utiliser le stick droit pour modifier la trajectoire de nos tirs. Du côté des armes secondaires, nous pouvons opter pour un missile qui explose en l’air et lâche plein de bombes qui retombent, des missiles qui ciblent automatiquement les adversaires ou encore un canon ultra puissant que l’on ne peut utiliser qu’une fois mais qui fait des ravages. Dans tous les cas, les patterns des ennemis de base étant ultra simplistes, mieux vaut garder les munitions de ces armes secondaires pour les boss, plus agiles et/ou intéressants à affronter. Le canon devient alors un atout précieux…

Le bon côté, c’est que les joueurs peuvent avancer à leur rythme. On peut même revenir en arrière si on le souhaite pour affronter à nouveau les ennemis qui pop. L’intérêt est limité mais pourquoi pas. Par contre, il est bon de noter que si chacun peut avancer à son rythme, il y a la présence d’un chronomètre dont il faut tenir compte pour finir chaque mission. Il est donc important de partir à la chasse aux power-ups pour regagner plus ou moins de vie (selon la difficulté), de temps et pour augmenter notre puissance de feu. Attention toutefois, à force de se faire toucher par l’ennemi, notre puissance de feu peut-être revue à la baisse jusqu’à la puissance de base. Rassurez-vous, le titre est loin d’être difficile en facile ou en normal. Le plus dur c’est de vraiment résister sur la longueur puisqu’il faut boucler le jeu sur un run en profitant simplement de trois « continues ». Comme les boss sont assez coriaces, on peut se faire surprendre, du moins le temps de mémoriser leurs patterns. Du coup, ne comptez pas forcément finir le jeu sur votre premier run. Ce n’est pas grave, nous l’avons terminé sur le deuxième run en 29 minutes. C’est court pour un jeu proposé à 8,99€ (6€ sur Steam…) mais ça reste plutôt correct pour le genre (à l’époque on payait plein pot des run and gun et autres shmups qui se terminaient en une ou deux heures). Reste alors la rejouabilité qui ne tient qu’à deux choses : la volonté de refaire le titre dans une difficulté supérieure (Difficile ou Insane) et la volonté d’améliorer son score sur un nouveau run. Mais c’est purement personnel puisque rien n’encourage cela (pas de classement en ligne par exemple). Comme la vie restante est utilisée comme multiplicateur de score, on peut toujours chercher à faire la session parfaite en finissant le jeu sans se faire toucher…


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Gigantic Army est un petit run and gun plutôt sympathique. Il n’est pas dénué de défauts, loin de là, mais il arrivera sûrement à séduire les amateurs du genre nostalgiques de l’ère Mega Drive / SNES. On avance à son rythme, sans pouvoir traîner pour autant, ce qui assure une expérience agréable pour chacun. Le système de visée et la lourdeur du mécha ne plairont pas à tout le monde mais on s’y fait rapidement. Au moins, on a l’impression d’avoir un robot solide qui ne va pas voler en éclat au moindre tir reçu. Les boss sont plutôt bien travaillés, ce qui compense des ennemis de base trop basiques, et le jeu a son petit charme au niveau du character design et des effets plutôt réussis. Dommage que le reste soit terne et manque d’originalité. Car mine de rien, le titre est sorti en 2014 sur Steam où il est affiché à 6€ mais il faut débourser 9€ sur la Switch pour profiter de quelques améliorations visuelles seulement. Malgré tout, et cela nous intéresse tout particulièrement, le jeu est disponible en édition physique limitée sur le site Pixelheart, à découvrir à cette adresse. Certes, il faudra débourser 30 euros, mais les collectionneurs appréciant les jeux du genre devraient y trouver leur compte, d’autant plus que le prix est loin d’être excessif par rapport à d’autres revendeurs d’éditions limitées (que nous ne citerons pas…). 


Les +

  • Quatre niveaux de difficulté
  • Un rythme propre à chacun…
  • Avec un timing pour ne pas trop traîner
  • Défoulant
  • Le canon, jouissif
  • Boss bien pensés
  • Le Dash et le Vernier
  • Chara design et effets réussis
  • disponible en version physique pour les collectionneurs
  • Un robot robuste pour certains…

Les –

  • Lourd pour d’autres
  • Plutôt terne dans l’ensemble
  • Système de visée à revoir
  • Level design très basique
  • Bande-son oubliable
  • Très court
  • Pas localisé en français

Article rédigé par Vincent – Lageekroom

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