TEST : Tony Hawk’s Pro Skater 1 et 2, le faucon se fait remaker !

Fin des années 90, tout amateur de skateboard et de jeux vidéo pouvait se tourner vers trois productions majeures, à savoir l’oublié Street Skater, l’excellent mais peu célèbre Trasher Skate and Destroy ou encore l’incontournable Tony Hawk’s Pro Skater, ce dernier ayant complètement popularisé le genre. Mieux, en 2000, avec Tony Hawk’s Pro Skater 2, Activision et Neversoft avaient réussi à imposer la licence, enfonçant encore le clou l’année suivante avec le troisième volet de la série. Si au fil des années plusieurs opus ont vu le jour, il faut bien avouer que la qualité a été vacillante, le coup de grâce étant donné en 2015 avec l’horrible Tony Hawk’s Pro Skater 5… La chute ayant quant à elle été amorcée avec les opus Ride et Shred utilisant une planche en plastique comme contrôleur (l’idée n’était pas mauvaise cela étant dit). Mais entre temps, Activision avait commandé à Robomodo un Tony Hawk’s Pro Skater HD mixant les deux premiers opus de la licence, tout en faisant beaucoup de sacrifices et en implantant une physique trop lunaire pour convaincre. Cette année, Acti revient avec un Tony Hawk’s Pro Skater 1 et 2 commandé à Vicarious Visions, studio bien connu des fans ayant œuvré majoritairement sur les portages GBA/DS de certains jeux de la licence. Mais cette compilation des deux remakes était-elle vraiment une bonne idée, surtout après la déception de THPS HD ?


TEST : Tony Hawk's Pro Skater 1 et 2 blog gaming jeux video lageekroomLa vidéo d’introduction, avec ses effets rappelant nos bonnes vieilles VHS, se lance. La nostalgie avec. Le format de la vidéo s’étire, il prend l’intégralité de celui du téléviseur, la vidéo gagne en résolution et on se délecte simplement. Il n’en faut pas plus, si ce n’est l’essai de la récente démo, pour se dire qu’il y a du potentiel. Le menu apparaît et le premier choix sur lequel nous sautons c’est le Skate Tours, le tuto étant une formalité pour les habitués mais un élément bienvenu pour les petits nouveaux. On a alors la possibilité de se lancer dans THPS premier du nom ou dans le deuxième. Dans les deux cas, il s’agit toujours de relever les défis de chaque niveau (gros score, score pro, score dément, cassette secrète à trouver, lettres S.K.A.T.E. à collecter et autres défis de circonstances, dont ceux demandant de faire une figure particulière à un endroit précis). Quand on en réussit assez, on débloque le niveau suivant, jusqu’à tomber sur un niveau qui ne propose qu’une compétition. Dans ce dernier cas, il faut réussir le meilleur score possible, en variant au maximum les tricks et en faisant le moins de chute possible pour essayer d’avoir le meilleur score de la part des juges virtuels. Les deux meilleurs résultats sont maintenus et une place sur le podium permet d’accéder au niveau suivant.


TEST : Tony Hawk's Pro Skater 1 et 2 blog gaming jeux video lageekroom


Que ce soit le premier THPS ou le deuxième, la formule est identique et toujours aussi efficace. Mieux, quand on connaît les opus originaux, les souvenirs reviennent, notamment sur les passages à emprunter ou les actions à faire pour récupérer les cassettes secrètes. En plus de cela, il faut récupérer les points de stats dans les niveaux pour ensuite les attribuer à notre skater pour l’améliorer (air, hangtime, ollie, équilibre pour les grinds, les lips, les manuals, etc.). Ce point est primordial pour réussir certains défis. En tout cas, on retrouve le même système qu’à l’époque et c’est toujours aussi fun. Cela est sûrement dû au fait que le level design imaginé par Neversoft est toujours aussi génial malgré les années, Vicarious Visions l’ayant en plus bien respecté. Les développeurs qui ont travaillé sur ces remakes ont fait de l’excellent travail mais ils ont fait plus que porter les volets originaux.

Ils laissent le choix au joueur entre trois configurations. La première, c’est celle de THPS premier du nom. On retrouve ainsi l’expérience originale mais ce n’est clairement pas la meilleure pour faire grimper son score, faute entre autres de la possibilité de faire un manual. La deuxième, c’est la configuration de THPS2. On regagne le manual ou encore le wallride pour gagner en souplesse. La troisième, qui est d’ailleurs la configuration par défaut, est en fait un mixe de plusieurs possibilités introduites dans les opus suivants, comme le Revert introduit dans THPS3. Il en va de même pour certains tricks qui ne sont apparus que dans le 4ème volet par exemple. Bref, cette dernière configuration, plus moderne, est également la plus agréable. On perd un peu en authenticité ce que l’on gagne en expérience acquise au fil des épisodes. C’est plus souple, ça offre plus de possibilités pour augmenter les combos et quand on se rappelle bien des gaps (indiqués sinon) pour accroître le score, on se fait réellement plaisir. Quel bonheur de se lancer sur un rail, de grinder, de sortir avec un grab enchaîné par un manual avant d’aller placer un transfer par exemple ou de finir à grinder le long d’une piscine en faisant grimper le multiplicateur de combo. Petit plus, un tour dans le menu option permet même d’activer les cheatcodes de l’époque pour profiter du grip, lip et/ou manual parfait, du spécial permanent ou de retirer les chutes.


TEST : Tony Hawk's Pro Skater 1 et 2 blog gaming jeux video lageekroom


Bien entendu, comme à l’époque, on ne peut pas descendre de sa planche pour marcher et la caméra par défaut fait des siennes dans certains endroits exigus, mais on peut régler la distance ou la placer au ras du sol. A force d’enchaîner les parties, on gagne même de l’XP qui permet de grimper en niveau, tout en relevant un paquet de défis (débutant, vétéran ou légende) pour débloquer de nouveaux éléments et des blocs pour avoir plus de tricks spéciaux à disposition (de cinq de base, jusqu’à dix) à déclencher une fois la jauge de spéciale pleine. Pour les amateurs, les développeurs ont même rajouté un troisième mode, le Ranked and Free Skate qui permet de ce lancer dans une session libre (on skate sans restriction de temps), une session solo (faut faire le meilleur score en deux minutes) ou un speedrun (il faut remplir tous les objectifs le plus vite possible). Dans tous les cas, modes Carrières compris, le joueur gagne des dollars à dépenser dans la Boutique du jeu. Ainsi, en plus des éléments à débloquer au fil de la progression, on peut s’offrir de nouvelles parties de planches (decks, grip et roues), des tenues, des tatouages, des logos et même des éléments pour créer son skatepark.

Introduit dans THPS2, l’éditeur de park est bien au programme. On peut bien entendu créer le sien à partir de zéro en choisissant ses quarter pipes, rampes, accessoires (statiques et dynamiques), funboxs, sols, rails, piscines, bosses, etc. On peut facilement placer les éléments, les copier, les coller, changer les textures quand c’est possible, les surélever ou les abaisser, etc. Bref, l’éditeur fait bien son job et permet de profiter de quelques créations bien sympathiques pour peu qu’on y consacre un minimum de temps avant de les partager avec le reste de la communauté. Sinon, il suffit de récupérer celles de ladite communauté, les menus mettant en avant les parks à l’affiche, les mieux notés (le système de notation est classique mais efficace) ou encore les plus récents. Mieux, il y en a même dix signés Vicarious Visions. Et si vous pensez pouvoir améliorer un park existant ou que vous voulez simplement le remixer, vous pouvez facilement le faire. Le seul point noir dans tout ça, c’est qu’étrangement parfois ça rame quand on joue sur un park de la communauté. En parlant de personnalisation, on peut également créer son propre skater, en plus de profiter des 21 disponibles, dont huit nouveaux (Nyjah Huston, Leo Baker, Leticia Bufoni, Aori Nishimura, Lizzie Armanto, Shane O’Neill, Riley Hawk et Tyshawn Jones). D’ailleurs, il y a une vidéo pour chacun à débloquer, en plus de la vidéo compilant les chutes et du message de remerciement des développeurs.

Le multijoueur en local ayant était introduit dès THPS1, les développeurs n’ont pas négligé cet aspect. On peut ainsi inviter un ami sur son canapé et le défier en skate libre, trick attack, défi score, combo Mambo, défi combo et les incontournables modes graffiti, Horse et Tag. Même si la fluidité n’est pas toujours optimale, on apprécie de pouvoir partager les sensations de l’époque avec un ami. 2020 oblige (ou presque), les développeurs ont également intégré un mode multijoueur. On a le droit à un simple matchmaking en Jams ou en compétitif mais ça fait l’affaire, surtout que le code réseau tient la route. Ils auraient pu en profiter pour aller plus loin niveau originalité des modes de jeu, plutôt que de se contenter majoritairement des défis liés au score, mais il est difficile de cracher dans la soupe…


TEST : Tony Hawk's Pro Skater 1 et 2 blog gaming jeux video lageekroom


Ceci dit, si la licence Tony Hawk’s Pro Skater a eu un tel succès, c’est aussi parce qu’elle disposait d’une bande-son qui déchirait. Plus de 20 ans plus tard, avec les histoires de gros sous liés à l’exploitation des licences, on ne retrouve que 18 des 29 morceaux composant les opus originaux. Fort heureusement, on garde des gros morceaux, comme You de Bad Religion, Cyclone de Dub Pistols, Guerrilla Radio de Rage Against the Machine ou encore les incontournables New Girl de The Suicide Machines et Superman de Goldfinger pour ne citer qu’eux. Si la tracklist semblait légère, Activision a eu la bonne idée d’aligner les biftons pour ajouter près d’une quarantaine de nouveaux morceaux qui sont majoritairement de qualité. Un vrai gros plus car rien ne dépareille et chaque morceau nous garde dans l’ambiance que nous aimions déjà à l’époque. En plus, on peut facilement zapper un morceau en appuyant sur le stick droit ou carrément trier la playlist via les options.

Enfin, les deux opus originaux ayant une vingtaine d’années, il faut bien avouer qu’ils avaient besoin de plus qu’un simple lifting. Si les mauvaises langues pourront noter quelques bugs de collisions, notamment lors des chutes, qui n’ont aucun impact sur l’expérience ou des chargements un poil longuets quand on charge un niveau, il faut bien avouer que c’est bien pour chercher la petite bête. Certes, le jeu aurait pu être encore plus beau mais le résultat actuel est excellent. C’est vraiment joli, les développeurs ont respecté l’ambiance originale en ajustant comme il faut la colorimétrie, en ajoutant tout un tas de détails, en travaillant les jeux de lumière, les reflets et les effets de pluie stagnante notamment. De même, les animations lors des chutes sont variées et agréables (elles engendrent un petit effet de rembobinage du skateur pour le remettre sur sa planche). Les textures sont jolies, les modélisations sont précises et le tout est très propre, non franchement, il faudrait vraiment être très difficile pour critiquer ce super remake qui donne un véritable coup de jeune à ces deux opus mythiques… Ainsi, ils conservent leur âme d’antan et réussissent à briller encore une vingtaine d’années après.


TEST : Tony Hawk's Pro Skater 1 et 2 blog gaming jeux video lageekroom


Il y aura toujours des mauvaises langues ou des perfectionnistes pour dire que Tony Hawk’s Pro Skater 1 et 2 reste une compilation de deux remakes, qu’Activision aurait pu commander un nouvel opus, que les remakes auraient pu être encore plus beaux ou que le prix officiel (44,99€) est un poil élevé quand on voit que pour Spyro ou Crash on a eu le droit à la trilogie pour un peu moins cher… Et dans un sens ils ont raison… Mais THPS 1 et 2 est une compilation de deux jeux qui ont marqué l’histoire du genre. Avec cette compilation de ces deux remakes, Vicarious Visions a montré l’amour qu’il avait pour la licence, il a respecté tout le travail de Neversoft, tout en le modernisant, en y ajoutant le meilleur des éléments du gameplay provenant des divers opus de la licence et en lui offrant un sacré coup de lifting. Non seulement le jeu redore le blason de la licence mais en plus il permet aux plus âgés comme nous de prendre une excellente dose de nostalgie, sans tous les déboires liés à THPS HD, et aux plus jeunes de découvrir une version très actuelle de deux monuments. Et même si la bande-son originale a été amputée, l’avalanche de titres ajoutés fait plaisir. Les morceaux ont été sélectionnés avec soin, le gameplay arcade est parfaitement calibré, le multi en ligne est fonctionnel, le multi en local fait plaisir, l’éditeur de skatepark est super, bref, THPS 1 et 2 est excellent. Si en plus vous le trouvez à 35€, prix pratiqué dans la plupart des enseignes, alors foncez parce qu’il vaut vraiment le coup !


Les +

  • THPS 1 et 2 tout simplement
  • Respect du matériau d’origine
  • Visuellement propre et très joli
  • Gameplay aux petits oignons
  • Editeur de skatepark appréciable
  • Jouer en multi local
  • Mode en ligne fonctionnel
  • Les skaters de l’époque et les nouveaux
  • Editer son propre skater
  • Plein d’éléments de personnalisation
  • La bande-son, une tuerie
  • Le tuto pour les nouveaux
  • De l’arcade fun et assumé

Les – 

  • Chargements un poil longuets
  • Ca rame parfois sur les parks de la communauté
  • Fluidité du multi local à affiner
  • Un poil cher pour chipoter ?

Test rédigé par Vincent (lien vers l’article original) – Lageekroom

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This function has been disabled for Lageekroom.

error: Content is protected !!