Avis BD : The Junction (histoire complète de Norm Konyu aux éditions Glénat)

Après l’excellent « Downlands » (notre avis est à découvrir ici), Norm Konyu est de retour aux éditions Glénat avec un tout nouvel ouvrage disponible le 21 janvier 2026. L’auteur canadien, qui a notamment travaillé sur de nombreuses productions de chez Dreamworks, Nickelodeon ou encore Cartoon Networks, nous embarque dans un nouveau récit absolument passionnant, et ce jusqu’à sa toute dernière page. C’est parti pour notre avis !


The-Junction BD GlénatSynopsis : Lucas Jones réapparaît sur le pas de la porte de son oncle, dans sa ville natale de Medford, après 12 ans d’absence. La joie des retrouvailles laisse rapidement place aux doutes et au mystère. Où était-il passé ? Où est son père, qui a disparu au même moment ? Et surtout, comment est-il possible que Lucas soit toujours le même jeune garçon de 11 ans ? Comme l’enfant reste muet, c’est à l’inspecteur David King et à la psychologue Jean Symonds de tenter de trouver des réponses à partir des rares affaires que Lucas a rapportées – quelques Polaroid, et surtout son journal intime, récit délirant dans lequel il évoque une ville appelée Kirby Junction où des maisons surgissent brusquement de nulle part et où des gens attendent un train qui n’arrive jamais… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


The-Junction.extrait


Avec « The Junction », Norm Konyu confirme tout le bien que l’on pensait déjà de lui après « Downlands ». Le récit est très cinématographique, autant dans son découpage que dans sa mise en scène, et il est difficile de ne pas penser à Twin Peaks tant l’ambiance joue avec l’étrange, le non-dit et le mystère. Certaines séquences rappellent également le cinéma de M. Night Shyamalan, notamment dans cette manière de faire monter une tension constante, jusqu’à un final qu’on attend avec impatience. Visuellement, on retrouve la patte si reconnaissable de l’auteur : un trait expressif, des visuels soignées, et une utilisation des lumières et des couleurs qui renforcent l’atmosphère du récit. C’est superbe de bout en bout, et l’histoire, quant à elle, accroche immédiatement. Le retour de Lucas, enfant qui n’a pas vieilli en douze ans, la disparition du père, les Polaroid énigmatiques et cette ville étrange nommée Kirby Junction composent un puzzle narratif qui tient vraiment en haleine. Les mystères s’accumulent, certains se devinent, d’autres surprennent réellement, et l’auteur s’amuse clairement à prendre le lecteur à contre-pied lorsqu’on pense avoir compris la direction du récit.


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Mais au-delà de l’intrigue, ce sont les thèmes abordés qui donnent du poids à l’ensemble : la famille, le deuil, la culpabilité, l’absence et la difficulté d’accepter la perte. Les personnages sont justes, humains, et participent pleinement à cette tension permanente qui plane sur l’ouvrage. Certains décors mettent mal à l’aise, certains regards donnent le frisson. Et il y a les cauchemars de Lucas, aussi riches en informations qu’énigmatiques. On tourne les pages sans s’arrêter, avec cette furieuse envie d’obtenir les réponses à nos questions. On referme la bande dessinée avec le sentiment d’avoir vécu une expérience forte, aussi prenante qu’un bon thriller fantastique au cinéma. Et il faut bien l’avouer : « The Junction » ferait une adaptation parfaite sur grand écran. Mentions spéciale également à la qualité de l’ouvrage et à sa couverture : on tient entre nos mains un bien bel objet.


Lageekroom

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