Avis manga Glénat : Oldman – Tomes 1 et 2 (éditions Glénat)

Fraîchement arrivé chez Glénat, Oldman s’offre une seconde jeunesse dans une édition grand format en deux tomes comme on les aime. Impossible de passer à côté de cette couverture superbe et clairement élégante, qui donne déjà le ton avant même d’ouvrir l’ouvrage. L’objet en lui-même est particulièrement soigné : papier de qualité, format généreux qui met bien en valeur les visuels, et ce côté « bel ouvrage » qui rend justice au travail de l’auteur. C’est parti pour notre avis !

– Mise à jour de l’article avec notre avis sur le tome 2, disponible le 1er juillet 2026 –


Oldman-Tome-01Synopsis : Dans un pays lointain règne une Reine sur laquelle le temps n’a pas de prise. Au fond de ses geôles croupit Billy Oldman, un vieux magicien accusé de trahison et qui, derrière ses tours de passe-passe, cache une vérité tragique. Un destin auquel semble lié le secret de l’éternelle jouvence de la Reine… Mais aujourd’hui, l’heure est venue de rendre des comptes. Grâce à ses talents d’illusionniste, Oldman s’évade et délivre au passage une autre âme abîmée : Rebecca, une ancienne générale amputée qui retrouvera sa force d’antan grâce à l’art de Wilson, anatomiste excentrique et concepteur d’automates. Bientôt, ils vont former un improbable trio d’anonymes, exerçant leurs talents dans les théâtres de la ville, attendant secrètement le moment tant attendu de leur revanche… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Oldman-Tome-01 extrait planche couleur


Visuellement, « Oldman » a vraiment de la gueule, pardonnez-nous l’expression. Le trait de Chang Sheng est d’un réalisme souvent bluffant, parfois presque photographique. Les personnages semblent tout droit sortis d’un casting de cinéma (difficile de ne pas penser à Sean Connery en découvrant le visage buriné et le charisme du héros), et l’ensemble donne vraiment l’impression d’assister à un « film dessiné » : cadrages travaillés, mise en scène nerveuse, découpage dynamique, tout rappelle le langage du cinéma. Les combats sont fluides et percutants, les regards en disent long, et les dialogues tombent juste, avec parfois une petite touche d’humour bien sentie.


Oldman-Tome-01 extrait planche


Côté ambiance, « Oldman » navigue entre thriller, magie et drame politique dans un univers sombre où la question du temps occupe une place centrale. Le récit parle de vieillissement, de pouvoir, de transmission et de ce qui reste quand tout s’effondre. Les personnages ont du relief, qu’il s’agisse du magicien emprisonné, de la reine ambiguë ou de la guerrière marquée par les épreuves. Les rebondissements s’enchaînent bien, même si l’histoire prend parfois des détours qui peuvent un peu désorienter. L’intrigue se complexifie par moments, mais on accepte volontiers de se laisser porter et de faire confiance à Chang Sheng pour nous mener là où il veut. Déjà remarqué avec « Baby« , l’auteur confirme à nouveau son goût pour les ambiances travaillées et les récits ambitieux. « Oldman » n’est pas toujours parfaitement clair dans sa narration, mais ce premier tome dégage quelque chose de fort. Un manga qui se lit un peu comme on regarde un bon film : surprenant, intense, et suffisamment charismatique pour donner envie de rester jusqu’au générique de fin, en attendant sagement la suite.


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Oldman-Tome-02Synopsis du tome 2 : Traqués par la couronne, Oldman et ses compagnons tentent d’échapper à l’armée de Hammer lancée à leurs trousses. Mais alors qu’ils ont presque réussi à semer leurs assaillants, Hammer provoque Rebecca ! La guerrière amputée va devoir affronter son pire ennemi dans un duel brutal qui décidera du sort des rebelles. Mais bien qu’elle ait récupéré sa force d’antan grâce à l’art de Wilson, son adversaire semble la dominer. Pendant ce temps, la Reine, toujours obsédée par la jeunesse éternelle, prépare un plan machiavélique pour s’emparer de la magie temporelle d’Oldman. Il est temps pour le vieux magicien d’affronter cette reine tyrannique et de récupérer les années de vie qui lui ont été volées. S’il veut jouer son plus beau coup, il devra revenir là où tout a commencé…


old man tome 2 extrait


Après un premier tome convaincant, Chang Sheng est de retour chez Glénat avec le deuxième volume de « Oldman », disponible depuis le 1er juillet dernier. Auteur et illustrateur taïwanais reconnu pour son sens du rythme, son découpage cinématographique et ses scènes d’action spectaculaires, Chang Sheng poursuit son récit qui mélange thriller, aventure et mystère avec une maîtrise encore plus poussée. Le premier tome nous avait séduits par son univers, ses personnages et sa mise en scène, et cette suite avait la lourde tâche de confirmer tout le bien que nous pensions de la série. Mission accomplie. En effet, dès les premières pages, « Oldman » attaque fort avec une séquence d’action spectaculaire. On a parfois davantage l’impression d’assister à un grand film d’action qu’à une bande dessinée tant le découpage, les angles de vue et le rythme évoquent le cinéma.

Le premier tome introduisait déjà une galerie de personnages particulièrement réussie, avec en tête ce mystérieux héros dont les traits rappellent volontairement Sean Connery, un hommage assumé par l’auteur à l’un de ses acteurs favoris. Ce deuxième volume pousse encore plus loin le développement de ses protagonistes. Oldman, la Reine et les nombreux personnages secondaires gagnent tous en profondeur, tandis que les relations qui les unissent deviennent plus complexes et plus intéressantes.

Passée l’introduction, le rythme ralentit légèrement, mais c’est pour la bonne cause. Chang Sheng prend en effet le temps d’apporter des réponses aux nombreuses interrogations laissées en suspens dans le premier tome. Sans pour autant lever tous les mystères, il trouve son équilibre entre révélations et nouvelles zones d’ombre. Une approche qui évite la frustration que peuvent parfois provoquer certaines séries à suspense dans lesquelles les réponses peinent à arriver. Le récit est parfois assez bavard, mais sans casser son rythme, et chaque échange apporte son lot d’informations, développe les personnages ou prépare les événements à venir. On sent véritablement que l’histoire prend de l’ampleur.


old man tome 2 extrait


Clairement, ce deuxième tome surpasse le premier. Là où de nombreuses suites peinent à retrouver la fraîcheur de leurs débuts, « Oldman » fait exactement l’inverse. L’univers s’étoffe, les enjeux gagnent en importance et la narration devient plus immersive. Une narration parfois volontairement déroutante, et certains enchaînements peuvent sembler imprévisibles. Il n’est pas toujours évident de savoir où l’auteur veut en venir. Pourtant, cette légère sensation de désorientation fait presque partie de l’identité de la série, et on finit par accepter de se laisser porter par le récit. Visuellement, l’ouvrage est une nouvelle fois irréprochable. Le grand format met parfaitement en valeur le travail de l’auteur, les quelques pages en couleurs sont magnifiques et la couverture attire immédiatement l’œil. Chaque plan semble soigneusement travaillé et chaque scène bénéficie d’une véritable mise en scène, renforçant cette impression de lire une œuvre profondément influencée par le cinéma.

L’éditeur soigne une nouvelle fois son édition avec plusieurs bonus particulièrement appréciables. L’auteur partage notamment l’un des storyboards originaux réalisés au tout début du projet, un document passionnant qui permet de mesurer le travail préparatoire effectué avant la version définitive et d’apprécier encore davantage son sens du découpage. L’ouvrage se conclut également par L’Avion en papier, une histoire courte créée à l’occasion du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, qui constitue un complément sympathique. Avec ce deuxième volume, Chang Sheng confirme tout le potentiel de « Oldman » et signe une suite qui dépasse les qualités du premier tome.


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