Test & avis : Fatal Frame II: Crimson Butterfly Remake, frissons garantis avec la Camera Obscura

Quand on parle survival horror ou de jeu horrifique dans un sens plus large (horreur psychologique, épouvante…), on pense forcément à Resident Evil et à Silent Hill. Deux licences majeures, l’une cartonnant plus que jamais et l’autre ayant effectué un come-back gagnant ! Et on a tendance à oublier Project Zero, dont le premier épisode sur PlayStation 2 nous avait terrifiés en 2002 (très grosse année pour le jeu vidéo). Trois épisodes ont vu le jour sur la console de Sony (le troisième étant très recherché aujourd’hui), et la licence a été portée sur Xbox avant de finir entre les mains de Nintendo. L’éditeur Koei Tecmo a en effet travaillé main dans la main avec Nintendo, qui a financé certains épisodes (avec par exemple une sortie uniquement au Japon pour l’épisode Wii, porté récemment sur nos consoles modernes), avant un retour au multiplateforme. Aujourd’hui, c’est d’un remake dont nous allons parler, celui du deuxième épisode. Oubliez l’appellation Project Zero, car ce nouvel épisode opte pour le nom occidental de la licence. Fatal Frame II est donc le remake du deuxième opus, et nous avons eu la chance de le découvrir sur notre PS5 Pro. C’est parti !


FATAL-FRAME-II-Crimson-Butterfly-REMAKE-PS5A l’image de Silent Hill 2, Fatal Frame revient donc sous forme de remake via son deuxième épisode. Développé par Team Ninja et édité par Koei Tecmo, Fatal Frame II: Crimson Butterfly a déjà changé depuis sa sortie. En effet, suite aux retours des joueurs après la mise à disposition d’une démo, les développeurs ont ajouté l’option, sur console, permettant de désactiver le grain d’image. Une bonne nouvelle, car même si ce grain donne un certain style, il était trop présent et le jeu est vraiment très beau avec cette netteté impeccable. Le jeu a également été mis à jour : il est plus facile de trouver des pellicules pour votre appareil photo, et certains « combats » face aux fantômes ont été simplifiés. En effet, ces derniers pouvaient passer en mode « renforcement », les rendant plus hardcore à battre. Une difficulté artificielle et frustrante, et cet équilibrage fait du bien. Car dans Fatal Frame II, vous allez devoir, vous l’avez compris, lutter contre des fantômes. Votre appareil photo, la Camera Obscura, servira à prendre des clichés pour leur enlever des points de vie.


FATAL FRAME II: Crimson Butterfly REMAKE


On retrouve donc la mécanique de gameplay de la série : prendre en photo, au dernier moment pour qu’ils soient le plus proches possible, les fantômes. Clairement, Fatal Frame est toujours aussi stressant. L’ambiance générale, tout d’abord, est très réussie, grâce notamment à un sound design ultra efficace. On sent la menace, on explore en avançant doucement, en tenant notre sœur jumelle par la main. Nos héroïnes sont vulnérables, attachantes également, et on se laisse facilement porter par l’histoire. Un village désormais habité par les fantômes de ses habitants, un rituel qui a mal tourné, une histoire qui tourne autour des jumeaux et des jumelles : on retrouve ce qui fait le sel de la série, et ça marche !

Tenir sa sœur par la main permet de regagner un peu de vie, mais elle semble happée par une force invisible, et on parcourt une partie de l’aventure sans elle. Vous disposez également d’une sorte de jauge d’endurance appelée « volonté », qui baisse quand on court, quand on tente une esquive ou qu’un esprit vengeur nous jette un regard funeste bien flippant. Certains jumpscares sont très efficaces, et mettent notre héroïne dans des situations délicates.



Ce qui fonctionne toujours autant, c’est l’utilisation de l’appareil photo. Ce dernier peut être amélioré, via des petites perles à dénicher. On peut augmenter la puissance de ses clichés ou le temps de recharge des pellicules (il en existe plusieurs, plus ou moins puissantes), et l’améliorer n’est clairement pas un luxe et s’avère nécessaire, surtout quand on tombe sur un fantôme plus coriace voire un boss. Prendre le temps de bien viser permet de capter des points spécifiques du fantôme et de lui enlever davantage de vie.

Mais ils bougent, traversent les murs, esquivent, et peuvent vous attaquer soudainement. À chaque photo prise, on sursauterait presque. La tension est permanente. Le rythme du jeu est très posé, voire lent par moment, et certains pourraient rapidement bailler d’ennui, surtout s’ils viennent de découvrir le dernier Resident Evil. Fatal Frame propose une approche différente, qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui reste fidèle à son ADN. Un ADN un peu rigide, un peu vieillot en termes de gameplay, mais qui ne surprendra pas les vétérans de la licence.


FATAL FRAME II: Crimson Butterfly REMAKE


Visuellement, c’est vraiment très beau, et même si l’ambiance est sombre, les décors sont détaillés et il y a de très beaux effets de lumière. Les textures sont précises, les fantômes bien flippants, et on traverse le village totalement en immersion. Le travail sur les éclairages mérite vraiment d’être souligné. La moindre source lumineuse apporte un plus, créant des zones d’ombre inquiétantes qui renforcent cette sensation d’être constamment observé. Les intérieurs traditionnels japonais sont particulièrement réussis, avec des jeux de lumière qui passent à travers les cloisons ou les fenêtres. Les modèles de personnages sont également convaincants, avec des visages expressifs et des animations globalement crédibles, même si certaines restent un peu rigides.

Les fantômes, eux, font leur petit effet : leurs apparitions sont soignées, leurs mouvements dérangeants (la fantôme qui rampe colle de bons gros frissons, surtout quand elle vous fonce soudainement dessus), et certains designs marquent vraiment les esprits. On sent que ce remake a voulu moderniser l’ensemble sans trahir l’œuvre originale, et le résultat est propre, efficace, et surtout parfaitement cohérent avec l’ambiance du jeu. En termes de durée de vie, nous avons mis 9h50 pour notre première run.



Avec ce remake de Fatal Frame II: Crimson Butterfly, Koei Tecmo remet au goût du jour l’un des épisodes les plus marquants de la licence, sans en dénaturer l’essence. L’ambiance est toujours aussi oppressante, le gameplay basé sur la Camera Obscura fonctionne toujours aussi bien, et le jeu parvient sans mal à nous replonger dans ce mélange d’horreur psychologique et de tension permanente. Tout n’est pas parfait pour autant : le rythme lent, certaines rigidités ou encore quelques mécaniques datées pourront freiner les joueurs les moins patients. Mais pour peu qu’on accepte son approche si particulière de l’horreur, l’expérience reste franchement marquante. La série a une vraie identité et fait toujours son petit effet, même aujourd’hui, et encore plus avec ce remake.


Les + 

  • Une ambiance toujours aussi oppressante
  • Le gameplay à la Camera Obscura, toujours efficace
  • Un remake respectueux de l’œuvre originale
  • De très beaux jeux de lumière
  • Des fantômes marquants et réussis
  • Une tension constante
  • Une mise à jour qui a fait du bien en termes d’équilibrage

Les –

  • Un rythme parfois très lent
  • Quelques rigidités dans les animations
  • Des mécaniques qui restent un peu datées
  • Quelques soucis de collision

Lageekroom

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