Test & avis : Go Home Annie: An SCP Game, derrière la porte, une horreur plus originale que prévu
Développé par Misfit Village et édité par Nordcurrent Labs, Go Home Annie ressemble à première vue à la plupart des titres d’horreur narratifs modernes. Le jeu débute dans une maison inquiétante, en pleine nuit, avec tous les codes du genre : ambiance pesante, caméra à la Outlast (ou Blair Witch, selon vos références) permettant de révéler l’invisible, phénomènes étranges et premières énigmes plutôt efficaces. Mais très vite, l’expérience prend une direction plus originale. C’est parti pour notre test, dans lequel nous éviterons tout spoiler majeur !
Dans Go Home Annie: An SCP Game, le joueur incarne Annie, employée de la fondation SCP (une organisation secrète chargée de contenir des anomalies paranormales) et envoyée tester des simulations d’événements inexpliqués, avec notamment une maison qu’elle revisite encore et encore, soulevant des questions liées à son passé et à la disparition de son père. Pourquoi Annie doit-elle recommencer cette simulation encore et encore, sachant que sa mémoire est effacée à chaque fois ? Difficile de vous en dire davantage sans spoiler, mais sachez que le jeu opte pour une narration différente de ce qu’on a l’habitude de voir.
Là où Go Home Annie parvient en effet à se démarquer, c’est dans sa capacité à sortir de ce cadre initial (la classique maison dans laquelle il se passe des trucs chelou) pour proposer une aventure plus étrange et surtout surprenante. Le jeu quitte rapidement cette « simple » maison hantée pour explorer des environnements variés et parfois déroutants, flirtant avec le surréalisme. Certaines idées s’avèrent assez marquantes, comme des objets ou créatures qui parlent (une baignoire ou encore un cerf, sans oublier un saut rempli de sang particulièrement important) apportant une touche inattendue à l’ensemble. Quelques énigmes parviennent à sortir du lot, tout comme certaines séquences, avec notamment un passage en véhicule et un policier qui vous colle aux basques.
Le gameplay reste fidèle aux standards du walking simulator horrifique, avec des énigmes, de l’exploration et l’utilisation du caméscope pour altérer la réalité, mais ajoute aussi quelques variations bienvenues, jusqu’à proposer des séquences plus atypiques comme dit précédemment. L’ensemble, sans révolutionner le genre, parvient à maintenir l’intérêt grâce à son rythme et ses quelques trouvailles, laissant une impression d’originalité qui fait du bien. On se coltine néanmoins la classique séquence d’infiltration avec un gros monstre bien dégueu qui a tendance à vous repérer facilement et dès qu’on fait un peu de bruit.
Visuellement, le jeu impressionne par moments avec des décors proches du photoréalisme, une fluidité jamais prise en défaut (en 60 images par seconde) et une direction artistique soignée qui renforce l’immersion. Si la « vraie » peur n’est pas vraiment au rendez-vous, l’ambiance, elle, fonctionne au poil, portée par un sound design efficace et des doublages anglais convaincants. Avec une durée de vie d’environ trois heures, Go Home Annie se parcourt presque comme un film d’horreur interactif et se révèle être une belle surprise. Un titre court mais maîtrisé, qui réussit à proposer suffisamment d’originalité pour se distinguer dans un genre pourtant ultra chargé et balisé.
Go Home Annie parvient à tirer son épingle du jeu grâce à quelques idées originales et une narration qui sort des sentiers battus. Derrière ses apparences classiques, le titre surprend régulièrement et propose une expérience courte mais marquante, portée par une ambiance réussie et des séquences parfois vraiment inattendues. Le jeu ne fait pas spécialement peur malgré son ambiance réussie, mais parvient à intriguer et à accrocher du début à la fin. Une belle petite surprise pour les amateurs d’horreur narrative.
Les +
- Ambiance immersive et direction artistique réussie
- Idées originales et narration qui sort des sentiers battus
- Utilisation intéressante du caméscope dans le gameplay
- Rythme maîtrisé
- Une expérience clairement efficace
Les –
- Durée de vie de 3h max
- Pas ou peu de frissons malgré une bonne ambiance
- Les nombreux textes à lire pour bien comprendre l’histoire, un peu relou

Test rédigé pour Lageekroom et Xbox-Gamer.net






