TEST : The 9th Charnel, un jeu d’horreur aussi prometteur que frustrant

Disponible depuis fin janvier sur PlayStation 5, Xbox Series et PC, The 9th Charnel est un jeu d’horreur psychologique dont les trailers ont su attiser notre curiosité. Édité par SOEDESCO, le jeu a été développé en Inde par le studio Saikat Deb Creations, composé d’une seule personne. Un jeu indé horrifique façonné par un seul développeur peut soit réserver une belle surprise (et il y en a eu quelques-unes dans le genre), soit louper complètement le coche (et là aussi, on en a découvert un certain nombre). C’est parti pour notre avis, après environ 5h pour en voir le bout !


The 9th Charnel jaquette cover PS5The 9th Charnel est un jeu qui se prend très au sérieux. On n’est pas là pour déconner, et l’ambiance est réussie et immersive malgré le manque évident de budget, les visages très inégaux (la fillette fait assez flipper mais pas pour les bonnes raisons) et une mise en scène qui fait de son mieux pour proposer l’aspect le plus cinématographique possible. D’un côté, ça fonctionne plutôt bien, avec quelques frissons et un scénario qu’on suit avec intérêt, mais de l’autre, certaines lacunes gâchent l’expérience, à commencer par la dernière heure de jeu. Dans cette partie finale, votre personnage met la main sur des armes à feu et le jeu se transforme en shooter linéaire et assez imprécis, ce qui fait souffler fort du nez. C’est dommage, car plusieurs séquences sont réussies, et on parvient même à pardonner certaines errances, un seul développeur étant aux commandes.



The 9th Charnel tente des choses, à commencer par des parties de cache-cache avec des monstres. Cela aurait pu être efficace et stressant, mais l’IA des ennemis est inexistante. Concrètement, dès qu’on se planque dans un placard ou sous un lit, on est tranquille, même si le monstre est à un mètre de nous et qu’il nous voit parfaitement… L’immersion en pâtit, malheureusement. L’inventaire est lui aussi assez frustrant et même pénible à utiliser, ce qui n’arrange rien lors de certaines énigmes. Ces dernières sont assez inégales également, allant du franchement sympa au totalement basique (les codes à trouver, les fusibles…). Encore une fois, c’est dommage car certains lieux et certaines séquences sont efficaces et proposent une chouette ambiance… Le potentiel était là, mais on en revient toujours à la même chose : le jeu a été développé par une seule personne et manque forcément de budget, avec des soucis de finition qui font presque sourire (un texte en français est écrit sur un mur, lors d’une énigme, dans une police ultra basique).



Le ressenti est le même pour la partie visuelle. Certains lieux en intérieur sont très beaux, avec de chouettes effets de lumière, mais dégagent une forte impression de déjà-vu. On est en effet sur des assets utilisés dans de nombreux jeux du genre. À contrario, les niveaux en extérieur semblent inédits, mais souffrent de visuels un net cran en dessous. Le ressenti final est donc étrange, et on passe d’un intérieur plutôt joli à un extérieur flou et bourré d’aliasing. Il y a également pas mal de soucis techniques, au niveau des textures ou en termes de framerate. Souvent, ça rame pas mal… Le sound design et la bande-son sont de leur côté de bonne facture, et participent à ces trop courts moments immersifs où quelques jumpscares sont parvenus à nous surprendre.


The 9th Charnel


The 9th Charnel n’est pas un mauvais bougre et parvient même à proposer son petit lot de séquences intéressantes, mais il peine à maintenir un niveau de qualité constant sur courte durée. Si l’ambiance fonctionne par moments et que certaines idées sont bien senties, le jeu souffre de ses limites techniques et de choix de gameplay discutables, notamment dans sa dernière ligne droite qui tranche avec le reste de l’expérience. On sent clairement la passion derrière le projet et l’envie de bien faire, mais aussi (et surtout) les contraintes liées à un développement en solitaire et à un budget restreint. Au final, The 9th Charnel séduira surtout les amateurs de jeux d’horreur indépendants curieux (comme pas mal de titres récents du genre), capables de fermer les yeux sur ses défauts pour apprécier ses quelques moments réussis. 



Les +

  • Ambiance globalement réussie
  • Quelques séquences vraiment efficaces et immersives
  • Sound design et bande-son de bonne qualité
  • Des idées intéressantes (cache-cache, exploration, narration)
  • Un projet solo qui force malgré tout le respect

Les –

  • IA des ennemis inexistante
  • Gameplay bancal sur la fin (phase de shoot trop longue et pénible)
  • Inégalités visuelles entre intérieur et extérieur
  • Des couacs techniques (framerate, textures)
  • Énigmes parfois trop basiques ou mal intégrées

Test rédigé pour Xbox-Gamer.net et Lageekroom

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *