Avis BD Glénat : Nadia Comaneci (histoire complète)
Après l’excellente bande-dessinée « White Only« , qui revenait sur Althea Gibson, jeune fille née à Harlem, à travers son enfance et sa carrière dans le monde du tennis, « Nadia Comaneci » s’intéresse également à une sportive en devenir. Et mêmes si les thèmes abordés sont quelque peu différents (malgré un aspect politique encore très présent), on reste dans le domaine du sport et de la gymnastique plus précisément. Nadia Comaneci est en effet entrée dans l’Histoire de ce sport et nous allons découvrir, à travers notre bande-dessinée du jour, son parcours et son ascension, avec les succès et les difficultés qui vont avec. C’est parti pour notre avis !
Synopsis : Jeux Olympiques de Montréal, 1976. Représentant la République socialiste de Roumanie, une adolescente de 14 ans s’avance vers les barres asymétriques. Vêtue d’un justaucorps blanc, elle porte haut les couleurs du pays communiste qu’elle ne réussira à quitter qu’en 1989. Mais pour le moment, Nadia Comaneci s’apprête à entrer dans l’Histoire de la gymnastique en obtenant la note parfaite de 10.00, jamais attribuée jusqu’ici à une athlète aux JO. Devant un public médusé, la fillette exulte malgré un silence opaque autour de ses conditions d’entraînement et des interviews édulcorées données aux journalistes occidentaux sur place.
« Nadia Comaneci », disponible le 2 avril 2025 aux éditions Glénat, est une bande-dessinée signée
Marjolaine Solaro (au scénario) et Clem (au dessin). On y découvre le parcours de Nadia Comaneci, de la façon dont elle a été repérée à ses conditions d’entraînement pour le moins difficiles. Le monde de la gym est impitoyable, entre les journées épuisantes, la pression, les obligations alimentaires pour ne pas prendre de poids… Un rythme difficile pour une jeune fille, qui trouve du réconfort grâce à l’amitié. Mais la compétition refait rapidement surface, avec les impératifs qui vont avec. De belles rencontres, il y en a, mais d’autres le sont beaucoup moins, surtout quand l’aspect politique commence à intervenir. On découvre donc les débuts de Nadia Comaneci, ses entraînements difficiles avec Béla Károlyi, aux méthodes discutables, mais qui a l’ambition de lui faire intégrer les championnats d’Europe. Une compétition marquée par la note de Nadia, un 10/10 encore jamais décerné. Adulée, mais surtout instrumentalisée et désormais surveillée par les autorités, Nadia rêve désormais de liberté. Mais comment quitter son pays ?
« Des années 1960 jusqu’à sa fuite médiatisée aux États-Unis, le parcours de Nadia Comaneci illustre la grande Histoire du XXe siècle et ravive la question des dérives dans le sport » nous précise l’éditeur Glénat dans le descriptif de l’ouvrage. C’est ce qu’on découvre durant la lecture, vraiment prenante, durant laquelle on ressent les émotions de Nadia, de la joie lors de ses victoires à sa souffrance lorsque son physique est impacté par la dureté de ses entraînements. Elle trouve du réconfort auprès de sa meilleure amie ou de Bart Conner, avec lequel elle est très proche. Mais elle se retrouve également coincée dans une relation toxique lors de sa fuite aux Etats-Unis… Les événements s’enchaînent, et même si cela va parfois un peu vite, la narration est accrocheuse et on ne perd pas une miette de ce parcours atypique. Visuellement, c’est très riche, avec à la fois de grandes illustrations détaillées et des cases plus intimistes, mettant en avant les personnages et les visages. Le choix des teintes est très intéressant également, et particulièrement immersif. Avec son approche biographique et son contexte historique, Nadia Comaneci est clairement un ouvrage à conseiller aux amateurs de récits sportifs et historiques.
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