Avis BD Glénat : The Painted Crime – Un polar noir qui sent bon le cinéma des années 40

Signé Stefano Martino et disponible depuis le 11 février 2026 aux éditions Glénat, « The Painted Crime » nous plonge dans une ambiance noir et blanc ultra soignée, directement inspirée des polars des années 40. Et très honnêtement, l’immersion a été au rendez-vous, et nous avons été pris par l’histoire, par la narration, mais également par les visuels. C’est parti pour notre avis !


the painted crime cover jaquette Glénat BD polar années 40Synopsis : Los Angeles, hiver 1947. Peter Graham, vétéran désabusé devenu détective privé et peintre à ses heures perdues, pensait n’enquêter que sur des adultères et des fraudes à l’assurance. Mais en décidant de retrouver le frère d’un ancien camarade tombé au combat, les choses se compliquent. Peter veut honorer une promesse faite sur le front et remettre une trompette à Clark Brown, musicien de jazz noir. Avec l’aide de Jonathan, un ami journaliste, Peter va plonger dans une sombre affaire liée aux coulisses d’Hollywood les plus sordides… S’il veut résoudre cette affaire, Peter devra affronter ses démons, ses souvenirs de guerre mais aussi une vérité qu’il préférerait ignorer.


the painted crime extrait planche Glénat BD polar années 40


On s’en doutait rien qu’en admirant sa superbe couverture : le travail graphique réalisé sur notre ouvrage du jour est assez impressionnant. On est sur un noir et blanc profond, contrasté, qui joue avec les ombres comme dans les grands classiques du film noir. Les éclairages sont maitrisés, les silhouettes se détachent dans la pénombre et la ville, ses ruelles humides ou ses différents intérieurs, sont bourrés de détails. Certaines illustrations en pleine page sont de véritables tableaux, et on prend clairement le temps de les contempler. L’ouvrage est d’ailleurs globalement très qualitatif : beau papier, impression soignée, et une couverture particulièrement réussie qui donne immédiatement le ton. Le genre de BD qu’on est content d’avoir dans sa bibliothèque, même avant de l’avoir ouverte.

Côté histoire, on est sur un polar solide et clairement efficace. L’intrigue tourne autour d’un crime mystérieux, d’une enquête qui se met progressivement en place, et d’un protagoniste qui nous embarque dans ses réflexions. Les noms sont nombreux (il faut rester un peu attentif au début) mais le récit reste très fluide et on ne se perd pas. Au contraire, on prend plaisir à assembler les pièces du puzzle du scénario, à la fois complexe et accessible. On lit la BD comme on découvre un bon polar au cinéma.


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La narration façon voix off a un petit parfum de Max Payne (on croit vraiment entendre ce bon vieux Max en lisant certaines bulles). Un des gros points forts de l’album, c’est sa narration. Les textes accompagnent les images comme une voix off intérieure, avec un personnage principal qui commente les événements, analyse les situations et se livre même à nous. Ce procédé fonctionne très bien, et renforce l’aspect cinématographique tout en installant une vraie proximité avec le personnage. On est dans sa tête, dans ses doutes, dans ses soupçons. Oui, les textes sont parfois assez nombreux, et c’est probablement le seul petit point qui pourra en freiner certains, mais ils servent le rythme et l’atmosphère, et l’album sait aussi se montrer contemplatif quand il le faut.

« The Painted Crime » explore des thèmes familiers du genre : la culpabilité, la vérité qui se dérobe, les zones grises de la morale, la solitude… Avec un héros qui revient de la guerre et a fait une promesse qu’il veut à tout prix honorer. On est dans un univers où personne n’est totalement blanc ou noir (sans mauvais jeu de mot). Les personnages sont bien écrits et ont chacun leur propre motivation. Il y a aussi cette dimension presque introspective : le crime n’est pas seulement un fait à résoudre, c’est quelque chose qui marque, qui transforme et qui laisse des traces. Le récit joue beaucoup sur la perception, sur ce qu’on croit comprendre avant que les pièces ne se réorganisent. L’immersion n’en est que plus forte, et nous avons été totalement embarqués dans le récit !


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