Avis manga Kana : Dong-Hua-Chun Barbershop – Tome 1

Manga taïwanais de Ruan Guang-Min, qui comportera 3 tomes, « Dong-Hua-Chun Barbershop » vient de débarquer aux éditions Kana via leur label Big Kana, le 28 août très exactement. L’histoire prend place dans un salon de coiffure, et aborde comme sujet principal celui des liens entre un frère et une sœur qui se rencontrent à l’âge adulte. Oui, il sera ici question de famille, mais pas que, et nous avons eu la chance de découvrir l’ouvrage afin de vous en parler. C’est parti pour notre avis !


Synopsis : Dans une petite ville, l’enseigne d’un vieux salon de coiffure est composée des prénoms des membres d’une famille : le père (Dong), le fils (Hua) et la mère (Chun). Pour fêter l’anniversaire de leur fils, le couple a pris le train. Durant le voyage, le père est parti sans mot ni explication. Chen Xiao-hua, le fils, a repris le salon de coiffure familial quelques années plus tard. Avant de mourir, son père lui a envoyé un « cadeau », une « petite sœur » inconnue, Chen Yu-lan. Le frère et la soeur se rencontrent pour la première fois en présence d’un employé du salon Dong Hua Chun, Li Qi-li, récemment libéré de prison sous conditions. Ils traînent tous les trois un passé de joie, de tristesse, de tendresse et de souffrance.


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Disons-le tout de suite, nous avons beaucoup aimé ce premier tome de Dong-Hua-Chun Barbershop ! Même si l’ouvrage se montre parfois assez bavard, c’est justement lorsqu’il prend le temps de développer ses personnages qu’il devient le plus intéressant. Car des personnages hauts en couleur, il y en a ! À commencer par Chen Xiao-hua, au caractère bien trempé, qui a repris le salon de coiffure de son père après que celui-ci l’a abandonné. Sa petite sœur Chen Yu-lan débarque ensuite dans sa vie, sans vraiment avoir l’intention d’y rester puisqu’elle souhaite avant tout récupérer ses papiers. Et puis il y a Li Qi-li, l’employé du salon, qui vient tout juste de sortir de prison et dont l’enfance difficile explique en partie l’homme qu’il est devenu.

Chaque personnage possède donc sa propre histoire, ses blessures et ses motivations, et c’est clairement ce qui rend leurs relations aussi intéressantes à suivre. Petit à petit, les liens se créent, parfois difficilement, et le salon devient le point de rencontre de ces destins qui n’avaient parfois pas grand-chose en commun. Évidemment, il est beaucoup question de famille, mais aussi de la manière dont on apprend à vivre avec quelqu’un qui débarque soudainement dans notre existence. La paternité et l’abandon occupent également une place importante, avec des personnages qui doivent composer avec les conséquences des choix faits par la génération précédente.


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Ce qui fonctionne bien, c’est justement cette dimension humaine. Le salon de coiffure n’est pas uniquement le décor dans lequel évoluent les trois personnages principaux : il devient un véritable lieu de vie, où les clients et les habitants de cette petite ville apportent eux aussi leur lot d’histoires et de solidarité. On ressent une certaine chaleur dans ces moments du quotidien, malgré les drames et les blessures qui accompagnent les personnages. Dong-Hua-Chun Barbershop parle donc de famille, mais aussi de ces liens que l’on peut créer avec des personnes qui ne sont pas forcément liées par le sang.

Visuellement, c’est également une réussite. Le trait de Ruan Guang-Min est réaliste et particulièrement expressif, avec un vrai soin apporté aux visages, avec des émotions qui passent par les regards et les expressions, renforçant davantage l’attachement que l’on peut avoir pour les personnages. L’éditeur Kana cite d’ailleurs parmi ses influences les maîtres Inoue et Takahashi, et certaines de ces inspirations peuvent effectivement se ressentir dans le dessin. Grâce aux thèmes qu’il aborde, à l’écriture de ses personnages et à son ambiance en général, Dong-Hua-Chun Barbershop est pour nous une belle découverte.


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