Avis manga Ki-oon : Suicide Red – Tomes 1 et 2
Présenté par son éditeur Ki-oon comme un shonen d’action entre RPG et jeu de baston, Suicide Red ne fait effectivement pas dans la demi-mesure. Le premier tome, sorti le 2 juillet dernier, est signé Harimaru, dont il s’agit de la première publication en France. L’auteur a notamment travaillé pendant dix ans comme assistant en chef de Yusuke Murata, le dessinateur de One-Punch Man, qui recommande d’ailleurs lui-même cette première série. Et dès les premières pages, on comprend que l’univers va être complètement démesuré. C’est parti pour notre avis !
– Mise à jour de l’article avec notre avis sur le tome 2, disponible le 1er octobre 2026 –
Synopsis : Il y a dix ans, des brèches vers une autre dimension se sont ouvertes au-dessus de Tokyo, déversant un flot de magie. La ville s’est retrouvée envahie par les gobelins, les zombies et autres créatures, et certains humains ont acquis des pouvoirs spéciaux… Madoka en fait partie : elle manie les flammes… et se blesse souvent au passage, au point d’être surnommée Suicide Red. La jeune fille gagne sa vie comme chasseuse de trésors mais rêve d’entrer dans les brigades chargées des pires monstres, ceux des souterrains fermés au commun des mortels. C’est là qu’elle a perdu la trace de son grand-père, sa seule famille restante. Coup de chance ou malédiction, une mission la mène en plein cœur de la zone interdite, face à une hydre gigantesque… Avant de chercher son aïeul, il faut d’abord sauver sa peau !

Après quelques très belles pages en couleur qui nous présentent un rêve de notre héroïne, on apprend qu’il y a dix ans, le monde tel qu’on le connaissait a disparu : le ciel s’est fissuré, d’immenses trous sont apparus et le fameux Jour de l’Apocalypse a provoqué l’arrivée de quantités de monstres à la surface. Des substances sont également tombées de ces fissures et ont complètement bouleversé la Terre. On commence avec des petits gremlins ou des zombies, mais on va rapidement monter en puissance avec des créatures beaucoup plus imposantes, voire un peu perchées. Et comme si ça ne suffisait pas, certains humains ont également développé des capacités surnaturelles, avec des transformations et différents pouvoirs.
C’est le cas de notre héroïne Madoka, surnommée Suicide Red, qui maîtrise les flammes et exerce le métier de récupératrice. Son objectif est d’entrer dans la Zone rouge, l’une des zones les plus dangereuses de Tokyo, afin de retrouver son grand-père, qu’elle a perdu de vue il y a dix ans. Ce premier tome va donc tranquillement nous expliquer comment fonctionne cette nouvelle société et notamment le rôle des récupérateurs, qui pénètrent dans les zones interdites pour récupérer les biens abandonnés. En d’autres termes, ce sont de véritables chasses au trésor dans un Tokyo post-apocalyptique. Mais Madoka souhaite surtout gagner suffisamment d’expérience pour devenir nettoyeuse, une unité de combat chargée d’éliminer les monstres beaucoup plus puissants et qui joue un rôle essentiel dans la reconquête de Tokyo. Le lore commence donc progressivement à se mettre en place, tout en laissant une grosse place à l’action, avec déjà plusieurs affrontements contre des créatures bien balèzes.

Et justement, Madoka va rapidement se retrouver embarquée dans une mission spéciale visant à capturer une créature particulière, qui va former avec elle un binôme pour le moins improbable. Les bases commencent donc à se mettre en place tranquillement, avec notamment un personnage dévoilé à la toute fin du tome qui devrait évidemment avoir son importance par la suite. Mais surtout, Suicide Red est un premier tome vachement punchy et très divertissant.
Ça bouge énormément, la mise en scène est vraiment réussie, avec de grandes illustrations qui mettent parfaitement en valeur les combats, des visages expressifs et beaucoup d’énergie dans les planches. On sent forcément l’influence de l’expérience de Harimaru auprès de Murata, notamment dans cette volonté de proposer un spectacle très dynamique. Pour l’instant, le lore ne fait que poser ses premières bases, mais c’est suffisamment intrigant pour donner envie de voir où tout ça va nous embarquer. C’est joli, ça bouge, c’est fun et surtout, c’est efficace : exactement ce qu’on demande à ce genre de premier tome.
Suicide Red – Tome 2 : Ça y est, Madoka et Kid ont fait leurs preuves ! Après avoir vaincu une hydre dans les souterrains, le duo de choc a passé avec succès l’examen des nettoyeurs. Les deux amis rejoignent donc officiellement les rangs de l’escouade Manabe. Toutefois, lorsqu’il apprend l’existence de la bête qui se terrait sous la ville, le directeur de l’Agence spéciale de reconstruction est inquiet… En effet, on n’avait pas vu de telle créature depuis le Jour de l’apocalypse ! Il décide donc d’envoyer le petit groupe en éclaireur, afin de préparer une expédition de grande ampleur dans la zone rouge… Madoka y retrouvera-t-elle la piste de son grand-père ?
« Tu ne serais pas en train de confondre la fin et les moyens ? »
Après un premier tome dynamique, doté d’une mise en scène particulièrement efficace et de très belles séquences d’action, nous avions hâte de découvrir la suite de Suicide Red, le manga de Harimaru, dont le deuxième tome est disponible depuis le 1er octobre aux éditions Ki-oon. On retrouve Madoka et Kid après leur affrontement mémorable contre une hydre dans les souterrains, ainsi que leur réussite à l’examen des nettoyeurs. Notre duo improbable rejoint désormais l’escouade Manabe et se voit confier de nouvelles missions, dont une particulièrement importante : une créature gigantesque se cacherait sous la ville, une menace comme on n’en avait plus vu depuis le fameux Jour de l’Apocalypse. Envoyés en éclaireurs, nos héros retournent dans la zone où ils avaient affronté l’hydre et croisent la route de l’antagoniste aperçu à la fin du premier tome. Les événements dégénèrent alors rapidement, tandis que de nouvelles révélations viennent éclairer le passé du grand-père de Madoka, qu’elle recherche depuis une dizaine d’années. Le manga conserve ses premières très belles pages en couleur et alterne entre affrontements spectaculaires, moments plus humains, examens et scènes d’intimité qui permettent de développer un poil ses personnages.
Malheureusement, nous avons trouvé ce deuxième tome un peu moins convaincant que le précédent. L’ensemble reste dynamique et divertissant, mais la narration nous a semblé beaucoup plus décousue : tout s’enchaîne à une vitesse folle, parfois au détriment de la compréhension et de l’immersion. Certaines scènes d’action sont également moins lisibles que dans le premier volume, avec des affrontements qui partent un peu dans tous les sens. Le manga introduit par ailleurs de nombreux personnages sans toujours prendre le temps de les développer ou de nous permettre de bien comprendre leur rôle. On passe ainsi très rapidement d’une situation à une autre, sans que les enjeux aient toujours le temps de s’installer. C’est dommage, car Suicide Red propose un univers toujours aussi intéressant, une héroïne attachante et une énergie communicative, mais cette précipitation finit par nuire à l’ensemble. Ce deuxième tome reste agréable à lire, mais se révèle un cran en dessous du premier. Pour la suite, nous espérons que Harimaru prendra davantage le temps de poser les bases, de développer ses personnages et de clarifier les enjeux avant de faire exploser toute cette action !
Lageekroom
