Test & avis : Mortanis Prisoners, efficace dans l’ambiance, mais trop classique dans le reste
Développé par Alexey Bulgakov et Vladimir Zlobin, et édité par Honor Games, Mortanis Prisoners est un FPS horrifique comme on en voit beaucoup : des énigmes, des affrontements contre des créatures, un peu d’exploration… Sur le papier, rien de bien nouveau, sauf qu’ici, le cadre change tout. On se retrouve dans un camp de concentration nazi, dans la peau d’une survivante, Justina, qui se réveille dans une morgue et va se prendre la cruauté humaine en pleine face, sans parler des cauchemars qui l’attendent. Un purgatoire, ni plus ni moins ! Disponible depuis le 20 février dernier, le jeu est entre nos mains dans sa version PS5, et il est temps de vous en parler.
Soyons honnêtes, le scénario de Mortanis Prisoners passe vite au second plan, et on sent rapidement que le jeu cherche davantage à nous faire ressentir une sensation de malaise. Et sur ce point, il fait clairement le taf. Les couloirs sombres et glauques, les visions d’horreur, les monstres qui nous collent aux basques et ne demandent qu’à goûter à nos balles : tout est pensé pour faire frissonner et mettre mal à l’aise. Une ambiance réussie donc, portée par le sound design et une direction artistique poisseuse. C’est glauque, oppressant, parfois presque étouffant, mais une fois passée cette réussite atmosphérique, on retombe sur quelque chose de beaucoup plus classique.

Les énigmes sont plus ou moins difficiles, avec la possibilité d’en zapper certaines, ce qui casse un peu la tension, et à part une ou deux idées, rien n’est vraiment marquant. Le level design fait le minimum syndical, la gestion des ressources aussi (on surveille ses balles et ses soins, et c’est à peu près tout) et si les gunfights sont agréablement précis en termes de visée, ce qui est loin d’être toujours le cas dans le genre, ils restent basiques, surtout à cause d’une IA assez limitée. On alterne entre un pistolet et un fusil à pompe, ce dernier étant surtout utile contre les créatures les plus imposantes, mais jamais on n’a eu le sentiment que le gameplay évoluait vraiment.

Comme dans Ebola Village, on se retrouve face à ces objets que l’on sait essentiels, posés là sous nos yeux, mais impossibles à ramasser tant que le jeu ne l’a pas décidé, ce qui entraîne des allers-retours inutiles et casse un peu l’immersion. La fin nous a laissés avec un goût d’inachevé, expédiée presque brutalement, avec un boss assez anecdotique quelques minutes avant. On a aussi relevé quelques ralentissements, les 60 FPS ne tenant pas toujours, mais il faut avouer que l’ensemble reste très convenable visuellement. Le tout se boucle en environ trois heures, ce qui nous semble un peu court pour les 20 euros demandés, d’autant plus qu’il n’y a même pas de sous-titres français. Au final, on en ressort partagés : on a vraiment aimé l’ambiance, cette noirceur assumée et ce malaise constant, mais on aurait aimé que le reste soit un peu plus dense et moins classique.

Clairement, Mortanis Prisoners mise presque tout sur son ambiance et son contexte. Et sur ce terrain-là, il réussit à nous happer, à nous mettre mal à l’aise, à nous faire avancer dans ces couloirs avec une vraie tension. Mais dès qu’on creuse un peu, on se retrouve face à une expérience balisée et assez classique, qui ne prend jamais vraiment de risques dans son gameplay. Une proposition efficace sur certains points, mais beaucoup plus convenue dans le reste, qui aurait mérité d’aller plus loin pour vraiment nous marquer.
Les +
- Une ambiance oppressante et vraiment travaillée
- Un sound design solide
- Une visée précise, agréable pour le genre
- Un cadre fort, qui marque immédiatement
Les –
- Un ensemble (gameplay, énigmes) très classique
- Une IA basique
- Une durée de vie courte pour le prix
- Des ralentissements
- Une fin expédiée et un boss oubliable
Lageekroom
