Test & avis : Project Motor Racing, une simulation exigeante qui devrait se bonifier avec le temps

Notre test de Project Motor Racing aura mis un peu de temps à arriver. En effet, bien que nous ayons reçu notre exemplaire du jeu dans les temps (un grand merci à l’éditeur !), plusieurs patchs ont été déployés dans les semaines suivant la sortie du jeu. Des mises à jour qui ont fait du bien au titre, corrigeant pas mal de soucis techniques, de gameplay, d’intelligence artificielle ou encore de stabilité pour le jeu en ligne. Oui, le jeu est sans doute sorti un poil trop tôt et a souffert d’un lancement délicat, mais ses correctifs lui ont fait grand bien : il est désormais temps de vous parler de Project Motor Racing, développé par Straight4 Studios.


Développé par Straight4 Studios, un jeune studio fondé par Ian Bell, figure emblématique du sim racing (notamment à l’origine de la série Project CARS), et édité par GIANTS Software, Project Motor Racing est arrivé sur PS5, Xbox Series et PC en cette fin d’année avec l’ambition de redéfinir ce que peut être une expérience de simulation automobile moderne, rien que ça. Le jeu nous invite à prendre place derrière le volant de plus de 70 voitures réparties en une dizaine de classes, sur 27 circuits mondialement connus. L’exigence est le maître mot de ce qui vous attend en lançant le titre : ne vous attendez pas à une conduite « à la cool », car même si de nombreuses options permettent de personnaliser son expérience, il va falloir vous entraîner avant de réaliser les meilleurs temps. La courbe de progression est importante, et même si le contenu reste très classique (mode carrière, mode week-end de course avec essais, qualifications et Grand Prix, défis, multijoueur), il y a clairement de quoi faire.


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D’emblée, Project Motor Racing annonce la couleur : on est face à une simulation. La physique des véhicules est particulièrement soignée, avec une gestion du poids, des transferts de masse et des pertes d’adhérence qui demandent une vraie implication et beaucoup de concentration. Chaque voiture possède son propre comportement, et passer d’une GT moderne à un prototype ou à une voiture historique demande un réel temps d’adaptation. Le moindre excès d’optimisme sur un freinage ou une remise de gaz se paie cash (ne soyez pas trop gourmand !), et il faudra apprendre à respecter les trajectoires, les points de corde et la gestion de l’accélération pour espérer signer de bons chronos.

La courbe d’accessibilité est donc naturellement élevée, mais jamais injuste. Le jeu ne cherche pas à décourager, et propose de nombreuses aides paramétrables (freinage, traction, stabilité, boîte automatique, etc.) permettant aux joueurs moins aguerris de prendre leurs marques progressivement. En revanche, ceux qui souhaitent vivre l’expérience la plus proche possible de la réalité pourront activer le mode Authentique, qui désactive la majorité des assistances. Dans ce mode, chaque erreur se ressent immédiatement, et les courses deviennent de véritables épreuves d’endurance mentale.


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Contrairement à de nombreux jeux du genre, Project Motor Racing fait le choix d’une grande liberté dès le départ. Toutes les voitures et toutes les épreuves sont accessibles immédiatement, sans progression artificielle ni déblocages imposés. Le mode carrière propose toutefois un cadre intéressant, en vous demandant de définir un budget de départ, qui influencera vos choix initiaux : type de voiture, catégorie, niveau d’engagement dans les différentes compétitions. Cette approche permet de construire sa carrière à son rythme, en enchaînant les championnats, les courses isolées ou les événements plus longs, sans jamais se sentir enfermé dans un schéma trop rigide. Les épreuves s’articulent autour de formats classiques (essais, qualifications, course), avec la possibilité d’ajuster leur durée, rendant l’expérience aussi bien adaptée aux sessions rapides qu’aux longues soirées de simulation.

Les amateurs de réglages seront aux anges. Project Motor Racing propose une multitude d’options pour ajuster chaque véhicule : suspension, différentiel, aérodynamique, pression et température des pneus… tout y est. Les réglages ont un impact réel sur le comportement en piste, et prendre le temps de peaufiner sa configuration peut clairement faire la différence. La gestion de l’usure des pneus est également réussie. Selon le type de gomme, la durée de la course et votre style de conduite, l’adhérence évolue progressivement, obligeant à adapter son pilotage. Les pneus surchauffent, perdent en efficacité, et une mauvaise gestion peut ruiner une course pourtant bien engagée. Les dégâts sur les voitures sont eux aussi bien présents : contacts, sorties de piste ou erreurs répétées ont des conséquences visibles et mécaniques, renforçant encore l’immersion et la tension en course.


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Sur la piste, l’immersion est au rendez-vous. La sensation de vitesse est convaincante, les comportements des voitures sont crédibles, et l’ensemble donne vraiment l’impression de piloter des machines exigeantes. L’IA, quant à elle, est solide : rapide, compétente et capable de mettre une vraie pression, surtout dans les niveaux de difficulté élevés. En revanche, elle se montre parfois trop agressive, voire étrange dans certaines situations, avec une conduite « sur rail » ou des contacts évitables qui peuvent frustrer lors des courses serrées. Visuellement, le jeu affiche un rendu globalement propre et agréable. Les circuits sont bien modélisés, lisibles, tandis que les voitures bénéficient d’un excellent niveau de détail extérieur. En revanche, les intérieurs sont en retrait, avec une modélisation plus sommaire et une vue cockpit qui pourra décevoir les puristes jouant exclusivement dans cette perspective.

Côté sonore, Project Motor Racing s’en sort très bien, avec des bruits de moteur réussis. Les bruitages de pneus, de freinage et d’impacts renforcent les sensations, et l’ensemble est cohérent, même si quelques variations supplémentaires auraient été appréciées sur certaines classes de véhicules. On regrettera une absence totale de multijoueur en local, que ce soit en écran partagé ou via des modes hors ligne à plusieurs. Dommage, surtout pour les amateurs de soirées entre amis, d’autant plus que le jeu se prête parfaitement à des confrontations directes sur le même écran.


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Malgré un lancement délicat, Project Motor Racing a su redresser la barre grâce à des correctifs réguliers et bienvenus (et d’autres sont à venir). Désormais, le titre de Straight4 Studios s’impose comme une simulation exigeante, pensée avant tout pour les amateurs de pilotage pur. Sa physique, sa gestion crédible de l’usure et des dégâts, ainsi que sa grande liberté offerte dès le départ en font une proposition solide. Tout n’est pas parfait pour autant : une IA parfois trop agressive, une vue cockpit en retrait et l’absence de multijoueur local viennent gâcher la fête. Mais pour peu que l’on accepte son exigence et que l’on prenne le temps de l’apprivoiser, Project Motor Racing offre une expérience immersive et technique, qui trouvera clairement son public parmi les passionnés de sim racing.


Les +

  • Physique de conduite exigeante et très satisfaisante
  • Large choix de voitures et de circuits
  • Gestion réussie de l’usure des pneus et des dégâts
  • Nombreuses options de réglages et d’accessibilité
  • Mode Authentique pour une expérience ultra-réaliste
  • Bonne sensation de vitesse et ambiance sonore convaincante
  • Correctifs post-lancement qui ont fait du bien…

Les –

  • … Mais le lancement a été compliqué
  • IA parfois trop agressive et imprévisible
  • Intérieurs en deçà, vue cockpit décevante
  • Quelques couacs techniques (aliasing, collisions)
  • Pas de multijoueur en local
  • Courbe d’apprentissage qui pourra rebuter les novices

Lageekroom

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