TEST : Ebola Village, plus proche de l’hommage ou du plagiat ?
Développé par les Russes d’Indie Games Studio, Ebola Village est le dernier épisode d’une licence débutée en 2019 avec le premier Ebola. Trois jeux plus tard, la série revient avec cet opus, sorti en mai 2025 sur PC et désormais disponible sur consoles. Un survival horror à l’ancienne, qui affiche clairement ses inspirations… et parfois un peu trop.
Dès les premières minutes, Ebola Village revendique son amour pour les classiques du genre. Portes qui s’ouvrent dans une transition façon Resident Evil, exploration, objets à collecter… L’hommage est évident. Mais très vite, une question se pose : s’agit-il d’un clin d’œil respectueux ou d’un plagiat assumé ? Certains éléments sont si proches de la saga de Capcom qu’ils en deviennent troublants, qu’on parle du visuel du tuto (et de la fin du jeu) repris de Jill Valentine, des différentes mécaniques de jeu, ou encore de ce fameux ennemi à la tronçonneuse affublé d’un sac, rappelant directement Resident Evil 4 et 5. Sans parler des loups-garous, des différents styles de clés (cœur, pique…) ou encore des différents lieux. Bref, la liste est longue.

Manette en main, l’expérience se révèle assez laborieuse. Impossible de se déplacer en diagonale : on avance, on recule et on se décale latéralement, point final. Un choix qui rend les déplacements rigides et la visée particulièrement imprécise, surtout lors du zoom, une fonction que l’on finit d’ailleurs par abandonner tant elle manque d’efficacité. L’inventaire, peu intuitif, ajoute lui aussi une couche de frustration, tandis que certains objets ne peuvent être ramassés qu’à des moments précis décidés par le jeu. Résultat : on passe à côté d’interactions possibles, et parfois même sans le savoir (on pense notamment à la pelle, qu’on a pourtant bien vu plus tôt dans le jeu, ou encore au bidon d’essence ou aux pièces du tracteur) .

Techniquement, Ebola Village oscille entre le correct et le franchement daté. Certains intérieurs sont plutôt réussis et l’éclairage fonctionne par moments, mais les textures mettent une plombe à s’afficher, les visages sont peu expressifs et l’aliasing omniprésent. On note également des freezes réguliers et une mise en scène très basique, avec des dialogues en russe et une traduction française souvent incompréhensible. L’ensemble dégage une sensation de production « cheap », malgré quelques trouvailles gores amusantes, comme ces têtes qui explosent en laissant apparaître crâne et globes oculaires, rappelant le premier House of the Dead. L’IA, quant à elle, est inexistante…

Côté ambiance, tout n’est pas à jeter. La musique de l’église, notamment, se montre étonnamment réussie et contribue à instaurer une atmosphère pesante. L’exploration, bien que rigide, conserve ce petit parfum de survival horror qui fonctionne encore aujourd’hui, du moins pour les amateurs du genre. Comptez environ 4 heures pour venir à bout de l’aventure. Une durée de vie courte, mais finalement adaptée à une expérience qui aurait du mal à tenir plus longtemps sans lasser. Et pourtant, malgré tous ses défauts, Ebola Village possède un étrange pouvoir d’attraction. On peste contre ses lourdeurs, ses bugs, ses « emprunts » évidents, mais on a envie d’aller jusqu’au bout. Ce n’est clairement pas un jeu que l’on recommande chaudement, mais force est de constater qu’on a vu bien pire dans le survival horror indépendant. Presque un plaisir coupable au final, mais surtout une sacrée curiosité.
Ebola Village est un jeu étrange. Mal fini, maladroit dans ses mécaniques et techniquement dépassé, il accumule les défauts sans jamais vraiment chercher à les cacher. Son hommage appuyé à Resident Evil frôle (et le mot est faible) parfois la copie pure et simple, et son gameplay rigide met régulièrement la patience du joueur à l’épreuve. Pourtant, contre toute attente, l’expérience reste curieusement accrocheuse. On a envie d’aller au bout, de voir ce que le jeu nous réserve encore, malgré les frustrations. Ne vous y trompez pas : il s’agit d’un titre très dispensable, que l’on ne peut recommander qu’aux amateurs de survival horror prêts à tout accepter par curiosité. Mais dans ce registre très encombré des productions indépendantes inspirées des classiques, et même si ce n’est pas forcément pour les bonnes raisons, Ebola Village parvient au moins à rester en mémoire. Et parfois, c’est déjà une petite victoire.
Les +
- L’ambiance survival horror old-school assumée
- Quelques intérieurs et éclairages réussis
- La musique de l’église, étonnamment excellente
- Certaines séquences gores efficaces
- Étrangement accrocheur malgré ses défauts
Les –
- Gameplay rigide (déplacements limités, visée imprécise)
- Inventaire mal pensé et interactions parfois verrouillées arbitrairement
- Très nombreux problèmes techniques
- Traduction française catastrophique
- Mise en scène ultra basique
- Inspiration à Resident Evil qui tend clairement vers le plagiat
- Sensation générale de production « cheap »
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