24 ans plus tard, nous avons enfin découvert le jeu vidéo The Thing grâce à son remaster
24 ans. Il nous aura fallu 24 longues années avant de lancer enfin The Thing. Un retard colossal, surtout quand on adore le film de John Carpenter, véritable monument du cinéma horrifique et paranoïaque. Et forcément, découvrir le jeu seulement en 2026 donne un regard un peu particulier sur cette adaptation/suite, sortie à l’origine en 2002 sur PS2, Xbox et PC. Car oui, le titre reprend directement après les événements du film, en nous envoyant explorer à nouveau la base antarctique ravagée par la créature.
Et clairement, les premières heures fonctionnent vraiment bien. Retrouver cette ambiance glaciale, ces couloirs abandonnés, ces corps mutilés et cette sensation constante d’insécurité fait immédiatement plaisir. Le jeu multiplie les références au film, parfois avec subtilité, parfois beaucoup moins, mais les fans reconnaîtront immédiatement certains lieux ou événements (l’ensemble a néanmoins forcément vieilli et paraît souvent bien vide). Et même si le scénario ne vole jamais très haut et peine à réellement surprendre, l’ensemble réussit malgré tout à retranscrire une partie de la tension du long-métrage. Une tension portée avant tout par cette peur permanente de l’infection.

Car évidemment, la mécanique principale de The Thing repose sur la paranoïa. Vos équipiers peuvent être contaminés à tout moment sans que vous le sachiez réellement, et il faudra régulièrement réaliser des tests sanguins pour vérifier leur état, et observer leur comportement via un menu dédié (qui met en avant leurs visages). Sur le papier, c’est une idée brillante, parfaitement dans l’esprit du film. Voir un personnage paniquer, devenir agressif ou perdre confiance en vous fonctionne très bien au début (on peut leur donner des ordres et ils attaquent les ennemis pour vous défendre). On surveille ses alliés, on doute, on hésite à leur donner des armes ou des munitions… et certaines séquences parviennent vraiment à instaurer un climat oppressant.
Malheureusement, une fois les mécaniques comprises, cette paranoïa perd un peu de sa force. Le système finit par dévoiler assez vite ses limites, et le jeu devient progressivement beaucoup plus prévisible. D’autant qu’après une introduction particulièrement réussie dans la base, l’aventure bascule assez rapidement dans un TPS très orienté action. Les affrontements s’enchaînent, les monstres deviennent plus nombreux, et l’on passe davantage son temps à tirer sur tout ce qui bouge qu’à réellement survivre dans un climat de suspicion permanente.
Cela reste malgré tout assez plaisant à parcourir aujourd’hui, surtout pour les amateurs du film original. Le gameplay accuse forcément le poids des années, mais certaines idées restent franchement intéressantes pour l’époque, et ce remaster, que nous avons testé sur PS5, apporte quelques améliorations bienvenues et un challenge moins corsé. Et puis difficile de ne pas apprécier cette ambiance si particulière héritée du chef-d’œuvre de Carpenter : la neige, les couloirs sombres, les créatures difformes, la bande-son inquiétante (même si elle se fait trop discrète)… tout cela fonctionne encore plutôt bien. Dommage que le récit manque un peu d’ampleur et que le jeu abandonne progressivement ce qui faisait toute sa personnalité pour devenir un shooter assez classique sur la fin.
Avec ses 6 heures de durée de vie environ, The Thing reste malgré tout une curiosité franchement sympathique à découvrir aujourd’hui, surtout pour les fans du film. Un jeu imparfait, assez rapidement répétitif, mais qui parvient malgré tout à capturer par moments une partie de l’essence paranoïaque et horrifique du matériau d’origine. Notez que jeu se trouve aujourd’hui aux alentours d’une vingtaine d’euros, ce qui reste une bonne affaire.
Lageekroom
