Avis manga Glénat : Smother Me – Tomes 1 et 2 (série complète)

En plus de la sortie du premier tome du Dernier écrivain (avis à découvrir juste ici), le 22 avril 2026 est marqué par la sortie des deux volumes de la série Smother Me, signée Hiroshi Shimomoto. Ce dernier fait en effet son entrée au catalogue de l’éditeur Glénat avec sa première œuvre, que nous avons eu la chance de recevoir. Avec son format plus grand que la moyenne, ses pages en couleur et son papier épais, l’ouvrage est clairement qualitatif. Mais qu’en est-il de son récit ? C’est parti pour notre avis !


Smother-Me-Tome-01Synopsis : 13 ans et le cœur sur la main !

Le jour où Akio a été vendu par sa mère, il a dû abandonner son nom. Aujourd’hui, il s’appelle Serpent, il a treize ans, et il est tueur à gages. Alors que le souvenir de ses victimes hante régulièrement ses rêves, il fait la rencontre de Lynne, une jeune aveugle. Désireux de gagner l’argent nécessaire à l’opération des yeux de celle-ci, il accepte une mission particulièrement dangereuse… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Smother-Me-Tome-01.extrait planche


« Toi aussi, tu vivras sûrement tout un tas d’injustices. Mais tant que tu as un objectif, tu trouveras un moyen de continuer de vivre »

Une fois n’est pas coutume, parlons d’emblée des dessins. Visuellement, Smother Me propose quelque chose de différents, presque d’unique, avec un style qui mélange comics et coups de crayon beaucoup plus nerveux. Certaines planches donnent même l’impression de découvrir un storyboard, avec des traits parfois brouillons, minimalistes, qui contrastent fortement avec des visages bien plus détaillés et expressifs. Ce décalage peut surprendre au départ (il faut un temps d’adaptation et le style divisera), mais il participe aussi à l’ambiance générale du récit, lui donnant un côté très vivant, presque viscéral par moments. Ce n’est pas toujours « beau » au sens classique du terme, mais ça a néanmoins une certaine gueule, et ça sert parfaitement le propos et les thèmes abordés.

Smother Me n’est pas là pour faire dans la légèreté. Le manga aborde des thématiques particulièrement sombres, parfois dérangeantes : l’enfance maltraitée, l’attachement, la manipulation des plus jeunes par des adultes peu scrupuleux (et c’est peu de le dire dans le cas présent), ou encore la violence envers les femmes et l’instinct de survie. L’ensemble dégage une atmosphère lourde qui ne lâche quasi jamais durant la lecture, même si le tome 2 est davantage orienté action. On est souvent mal à l’aise, mais c’est aussi ce qui rend la lecture aussi immersive.


Smother-Me-Tome-01.extrait planche


Au cœur de tout ça, la relation entre Akio, notre jeune tueur à gages et cette femme aveugle à la vie difficile apporte une dimension plus humaine. Lui, enfermé dans une vie de violence, va peu à peu se rapprocher d’elle, avec pour motivation de lui permettre de retrouver la vue. Cette relation fonctionne bien, car elle apporte un certain équilibre au récit et quelques touches de douceur dans un univers qui en manque cruellement. Leur relation évolue de manière plutôt juste, même si elle reste toujours teintée d’une certaine ambiguïté.

Néanmoins, tout n’est pas parfait. Le scénario s’appuie parfois sur des facilités un peu trop visibles, avec des « hasards » qui font bien les choses (notamment autour du personnage d’Elephant, dont le lien avec la jeune femme peut sembler un peu tiré par les cheveux). Certains antagonistes sentent également bon le cliché, ce qui atténue quelque peu l’impact de certaines scènes. Mais malgré ces quelques réserves, Smother Me reste une lecture intéressante. Porté par une direction artistique atypique et des thématiques fortes, le manga propose une expérience différente, parfois dérangeante, mais suffisamment accrocheuse pour donner envie d’aller jusqu’au bout. Ce n’est clairement pas une lecture tout public, vous voilà prévenus.


Lageekroom

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