Avis BD Glénat : Eiffel Eden, de Gwenn et Dario Tallarico

Avec sa magnifique couverture qui nous présente une tour Eiffel en mode post-apocalyptique et un Paris complètement englouti, Eiffel Eden, de Gwenn (au scénario) et Dario Tallarico (au dessin), donne immédiatement le ton et attire forcément l’œil. Sorti le 30 septembre 2026 chez Glénat, l’ouvrage de 88 pages nous plonge dans une dystopie qui, malgré son univers futuriste, fait clairement écho à notre société actuelle. C’est parti pour notre avis !


Eiffel-Eden-Tome-01Synopsis : Sur les ruines d’un Paris submergé par les eaux, une partie de l’Humanité vit désormais retranchée sur les hauteurs de la tour Eiffel. La communauté d’« Eiffel Eden » y est organisée en castes, chacun occupant une fonction précise selon la couleur qui lui est attribuée. Dans ce nouvel ordre vertical, tous obéissent aux Dix Commandements de « l’Ingénieur » et à sa biopolitique impitoyable : à 60 ans, il faut se sacrifier pour le bien commun. Un drame auquel ne peut se résoudre Astate, qui refuse de voir ses parents condamnés. Alors que sa révolte l’amène à défier le régime, Astate fait la connaissance de Fève, une jeune Verte venue des étages inférieurs qui n’a qu’un rêve : renverser l’ordre et mettre fin à l’oppression. Animées par le même sentiment d’injustice, les deux adolescentes vont bientôt rejoindre un mouvement bien plus grand : la Résistance. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


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Posons d’emblée le contexte : Paris est désormais submergé par les eaux et une partie de l’humanité vit retranchée dans la tour Eiffel, organisée selon différentes castes représentées par des couleurs et surtout par les étages : plus on monte, plus on appartient à l’élite. Tout le monde obéit à l’Ingénieur dont le visage apparaît uniquement sous la forme d’un hologramme, et à ses dix commandements. Le plus terrible d’entre eux impose qu’à 60 ans, chacun doit sacrifier sa vie pour le bien commun. C’est ce qui pousse Astate à se révolter lorsque ses deux parents atteignent cet âge.

Elle va alors rencontrer Fève, une jeune fille vivant dans un étage inférieur, et toutes les deux vont chercher à renverser cet ordre établi. Le récit est assez classique dans ses grandes lignes, mais l’univers développé est vraiment excellent, notamment à travers les thèmes de la hiérarchie sociale, du racisme, de la lutte des classes et des inégalités. Et visuellement, c’est juste sublime : les choix de couleurs sont très réussis, les différentes parties de la tour Eiffel sont extrêmement détaillées et les séquences sous-marines, lorsque les personnages partent explorer les vestiges de notre ancien monde, offrent de magnifiques illustrations.


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Nous avons également beaucoup aimé les petits clins d’œil à notre époque : cette nouvelle génération étudie ce qu’était notre société dans les années 2000, retrouve des pièces de monnaie, des objets et même des smartphones dont elle ne comprend plus vraiment l’utilité, avec notamment quelques petites blagues autour de l’iPhone et de son logo. Il y a donc pas mal de bonnes idées mais malheureusement, malgré ses 88 pages, l’histoire peine selon nous à pleinement s’exprimer : l’univers s’annonce riche et dense, et mérite d’être davantage développé. On comprend qu’on reviendra dans cet univers par la suite, mais on reste malgré tout un peu sur notre faim, notamment concernant les personnages auxquels on a eu beaucoup de mal à s’attacher. Certains sont assez clichés, certaines cases sont un peu trop facilement cochées et ça nous a parfois sortis de l’histoire.

L’autre gros problème vient de l’exposition, particulièrement au début : beaucoup de dialogues manquent de naturel, avec des personnages qui s’expliquent des choses qu’ils sont pourtant censés déjà connaître, notamment en récitant les fameux commandements, uniquement pour permettre au lecteur de comprendre le fonctionnement de cette société. Il est toujours délicat de développer ce genre d’univers assez rapidement pour immerger le plus vite possible le lecteur, mais on aurait presque préféré avoir deux bonnes grosses pages de texte explicatives plutôt que ces dialogues qui font artificiels. C’est dommage, parce qu’il y a de bonnes idées, quelques révélations intéressantes et surtout un univers visuellement très réussi. Au final, Eiffel Eden parvient davantage à convaincre par son univers, ses thèmes et ses dessins que par sa narration, qui manque encore un peu de naturel pour nous permettre de vraiment rentrer dans l’histoire. Au moins, dans un future ouvrage, les principales bases seront déjà posées.


Lageekroom

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