Avis BD Glénat : Le Problème à Trois Corps – Tome 1
Aujourd’hui, on s’attaque à un gros morceau, avec Le Problème à Trois Corps et son premier tome, disponible depuis le 2 septembre 2026 aux éditions Glénat. Si vous aimez la science-fiction, il y a de fortes chances que le nom de Liu Cixin vous soit déjà familier. Son roman Le Problème à trois corps est devenu une référence du genre et a déjà connu plusieurs adaptations, notamment en bande dessinée ou en série sur Netflix. Cette nouvelle version publiée chez Glénat nous propose cette fois de découvrir l’univers imaginé par Liu Cixin sous le trait de Wu Qingsong, que nous avions déjà beaucoup apprécié sur Les Brumes écarlates. Et autant le dire tout de suite : c’est une sacrée découverte. C’est parti pour notre avis !
Synopsis : Alors que plusieurs scientifiques chinois liés au groupe « Les Frontières de la science » se suicident les uns après les autres, le chercheur Wang Miao se retrouve au cœur d’une affaire qui le dépasse. Les autorités qui suspectent cette organisation le chargent de mener l’enquête et d’infiltrer ses membres… Acculé, Wang accepte sans savoir que sa vie va bientôt basculer. Très vite, un compte à rebours parasite son esprit et des phénomènes inexpliqués se produisent. Au même moment, Wang découvre un jeu virtuel énigmatique : Les Trois Corps. Cette simulation troublante ressemble à un test qui pousse Wang à dépasser ses propres limites et à remettre en question toutes ses certitudes scientifiques, en le mettant sur la piste d’un problème mathématique encore jamais résolu : Le Problème à trois corps. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.

Commençons, une fois n’est pas coutume, par la partie visuelle, qui est une vraie claque ! Les personnages sont réalistes, les décors sont extrêmement riches, le choix des couleurs est impeccable, le découpage gère parfaitement son rythme, et certaines planches donnent vraiment envie de s’attarder sur chaque détail. Le dessin et la mise en scène collent d’ailleurs parfaitement à une histoire qui ne fait pas vraiment dans la simplicité, car si le récit démarre autour d’une enquête et d’une série de suicides mystérieux touchant des scientifiques, il va rapidement nous emmener vers quelque chose de beaucoup plus vaste, en mélangeant thriller, science, concepts philosophiques et science-fiction.
Et c’est justement là que les choses deviennent assez complexes. Les personnages sont nombreux, les enjeux également, et certaines notions scientifiques sont loin d’être évidentes à comprendre, surtout lorsqu’elles viennent se mêler aux événements étranges vécus par Wang Miao. Entre l’organisation « Les Frontières de la science », le jeu virtuel des Trois Corps et les découvertes qui vont progressivement remettre en question tout ce que notre héros pensait savoir, il y a énormément d’informations à assimiler. On vous avait prévenu, on est face à un gros morceau.

Très honnêtement, nous avons parfois eu la sensation de devoir nous accrocher pour suivre correctement l’ensemble. Et c’est peut-être aussi ce qui fait la particularité de cette adaptation : elle ne cherche pas forcément à rendre son univers immédiatement accessible. Il faut être concentré, accepter de ne pas forcément tout comprendre du premier coup et se laisser porter par les nombreuses questions que le récit soulève. Notez que certains éléments comme des personnages secondaires ont été mis de côté pour rendre l’ensemble plus fluide à découvrir. Cette richesse et cette narration donnent en tout cas clairement envie de nous plonger davantage dans cet univers, notamment parce que l’histoire laisse entrevoir des enjeux qui dépassent largement la simple enquête scientifique.
Clairement, Le Problème à Trois Corps n’est pas une BD qui se lit d’une traite en mode chill, mais plutôt une œuvre qu’il faut prendre le temps de découvrir. Et même si nous n’avons probablement pas encore toutes les clés en main (c’est même une certitude), ce premier tome nous a clairement donné envie de voir où Liu Cixin et Wu Qingsong vont nous emmener. Et on le répète, mais mieux vaut deux fois qu’une : le travail de Wu Qingsong mérite vraiment d’être mis en avant. Son dessin réaliste et extrêmement détaillé donne une vraie classe à l’ensemble et permet de rendre plus spectaculaire un récit qui a parfois tendance à nous perdre. Donc même quand on se sent un peu paumé dans le récit, aucune frustration ne pointe le bout de son nez, car on en prend plein les yeux.
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