Avis BD Glénat : Lune artificielle (histoire complète de Coke Navarro)
Après le classique ralentissement estival, les lectures et avis BD vont pouvoir reprendre de plus belle en cette rentrée 2026. Et quoi de mieux que le dernier ouvrage de Coke Navarro pour se remettre dans le bain, en s’immergeant dans une mégalopole dystopique où l’obscurité a pris le pas sur le soleil ! Lune artificielle est disponible depuis le 26 août 2026, et il est temps de vous en parler !
Synopsis : Dans une mégalopole dystopique où les nuits sont trop sombres et les journées trop longues, Bucket Boy et Bobby Shinobi, deux ados, tuent le temps comme ils peuvent. La nuit ils se lancent des défis urbains, entre pratique du ninjutsu et Parkour sauvage au-dessus des toits. Mais quand une start-up de la tech annonce la mise en orbite d’une mystérieuse « Lune Artificielle » destinée à éclairer la Terre en continu, tout bascule. Toutes sortes de rumeurs se mettent à circuler, des théories farfelues se propagent, la désinformation envahit les réseaux et la population reste rivée sur les écrans. Cette Lune pourra-t-elle éclipser le soleil ? Comment cette prouesse scientifique va-t-elle changer nos vies ? L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.

Avec Lune artificielle, Coke Navarro nous plonge dans une mégalopole dystopique où l’obscurité fait partie du quotidien. Une société ultra-connectée, où les informations circulent à toute vitesse, mais où il devient finalement bien difficile de démêler le vrai du faux. Une thématique forcément très actuelle, avec cette désinformation omniprésente et cette capacité qu’ont les nouvelles technologies à modifier notre perception du monde. Au cœur de cette société, une prouesse technologique pourrait en effet bien changer la donne : une fameuse lune artificielle capable d’éclairer à nouveau le monde. Sur le papier, l’idée semble presque miraculeuse.
Mais notre héros, lui, regarde cette avancée avec un œil beaucoup plus inquiet. Et pour cause : c’est un véritable yamakasi, voire un ninja des temps modernes, qui pratique le parkour comme personne. Il connaît la ville, ses hauteurs, ses recoins et surtout ses ombres. Alors forcément, une question finit par lui trotter dans la tête : « si cette lune arrive, que devient la voie du ninja si l’ombre disparaît totalement ? » Derrière cette idée originale se cachent également des thèmes plus intimes. Lune artificielle parle de l’amitié qui évolue, des relations qui peuvent s’éloigner avec le temps et de cette période particulière où l’on quitte peu à peu l’adolescence pour entrer dans une nouvelle étape de sa vie. Les personnages grandissent, changent, prennent des chemins différents et doivent faire avec.

Visuellement, c’est clairement une réussite. Lune artificielle mélange une énergie très proche du manga avec un côté sombre qui rappelle davantage le comics. Les déplacements du héros, les scènes de parkour et les différents décors de cette mégalopole donnent beaucoup de dynamisme à l’ensemble, mais l’ouvrage sait aussi prendre son temps. Certaines planches sont au contraire très contemplatives et nous laissent simplement profiter de l’ambiance, des jeux de lumière et de cette ville plongée dans une obscurité permanente. Ça claque, tout simplement !
C’est finalement du côté de la narration que Lune artificielle pourra davantage diviser. L’univers est intrigant, les thèmes sont intéressants et les visuels donnent clairement envie de poursuivre la lecture, mais certaines situations restent difficiles à saisir. On se laisse parfois porter par les événements sans forcément comprendre immédiatement ce qui est en train de se passer et où l’auteur souhaite nous emmener. Ce n’est pas forcément un défaut rédhibitoire, surtout si vous aimez les œuvres qui laissent une part importante à l’interprétation, mais cela peut donner l’impression de rester un peu sur sa faim une fois la dernière page tournée. On aurait parfois aimé avoir quelques clés supplémentaires pour mieux comprendre certains éléments de l’histoire et les intentions derrière tout ça.
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