Avis BD Glénat : Valhalla Bunker Tomes 1 à 3
Après « Valhalla Hotel », Fabien Bedouel est de retour en solo au dessin et au scénario de « Valhalla Bunker », dont le récit se déroule une dizaine d’années plus tard. Disponible depuis le 21 août dans la collection Comix Buro de l’éditeur Glénat, ce premier tome intitulé « Sweet Revenge » nous embarque aux côtés d’El Loco, de Betty, de Lemmy ou encore de Malone dans un nouveau récit « tarantinesque » à l’ambiance toujours aussi délicieuse. C’est parti pour notre avis !
– Mise à jour de l’article avec notre avis sur le tome 2, disponible le 20 août 2025 –
– Mise à jour de l’article avec notre avis sur le tome 3, disponible le 19 août 2026 –
Synopsis : Une petite dizaine d’années après la destruction du Valhalla Hotel et la mort de Frau Vinkler, les nazis sont de retour. Le coach Malone, fraîchement libéré de prison, retrouve El Loco et sa bande. Tous ont beaucoup changé depuis le dernier épisode, certains de manière spectaculaire ! Dans cette nouvelle trilogie, nous quittons le soleil du Nouveau-Mexique pour nous retrouver quelque part en Alaska, dans un bled paumé : Cold Peak Harbor. Les nazis semblent y avoir installé leur base secrète dans une mine désaffectée. Leur nouveau Führer n’est autre que Tausend, la fille de Frau Vinkler qui, elle aussi, a bien changé ! La base nazie, aussi surnommée le Valhalla Bunker, deviendra le théâtre de ce nouvel affrontement. Tausend voit grand et s’en donne les moyens mais ses projets seront parasités par la soif de vengeance de Lemmy, que l’on découvrira beaucoup moins naïf ! Comme il se doit, tout ceci nous mènera au chaos et à la destruction ! Un second cycle haut en couleur au graphisme explosif pour partir à la rencontre de nouveaux personnages tous plus tarés les uns que les autres !
Si vous n’avez jamais lu « Valhalla Hotel », vous passerez forcément à côté de nombreuses références dans cette suite ! De nombreux personnages font leur retour et certains ont vu leur vie prendre un sacré virage. Malone sort de prison, El Loco est une rockstar, le Shérif est devenu Président, Betty bosse à la CIA, Lemmy est devenu réalisateur de films de « genre », et retrouver tout ce petit monde fait franchement plaisir. Si vous débarquez avec cet ouvrage dans l’univers de Fabien Bedouel sans avoir connaissance des événements précédents, vous prendrez tout de même pas mal de plaisir tant « Sweet Revenge » est un délice en termes de rythme mais surtout de dialogues, avec pas mal d’humour ! L’ensemble fonctionne vraiment bien et est parfaitement bien écrit, et les nazis font leur retour. Des méchants emblématiques, comme bien souvent dans le cinéma ou les jeux vidéo, et c’est Tausend, la fille de Frau Vinkler, qui tente désormais de tirer les ficelles. Action et humour font donc bon ménage dans ce « premier » tome, qui s’avère très agréable à lire.
Néanmoins, on sent que l’auteur pose les bases de son histoire et on aurait parfois aimé que ça bouge un peu plus. Nous n’irons pas jusqu’à dire que « Sweet Revenge » est timide, mais on aurait aimé en découvrir encore davantage ! Visuellement, c’est vraiment excellent, avec quelques illustrations qui tabassent, des couleurs éclatantes, des personnages détaillés et un découpage qui met en valeur les explosions et les véhicules lancés à pleine vitesse. Clairement, et maintenant que l’histoire est mise en place, le prochain tome devrait envoyer la sauce et monter encore d’un cran en termes d’action et surtout d’enjeux. Avec ses multiples références au cinéma d’action, piochant ça et là dans le comics ou les mangas, ses bonnes idées visuelles et ses personnages savoureux, ce premier tome de « Valhalla Bunker » lance son nouveau récit avec un certain panache, même si on aurait aimé en avoir encore plus ! Nous sommes gourmands, certes, et nous avons hâte de découvrir la suite, intitulée « Thunder and Lightning », l’histoire étant prévue pour un développement en 3 tomes !

Valhalla Bunker – Tome 2 : Une petite dizaine d’années après la destruction du Valhalla Hotel et la mort de Frau Winkler, les nazis sont de retour. Ils ont installé leur base secrète dans une mine désaffectée quelque part en Alaska. De sa base nazie surnommée le Valhalla Bunker, Tausend, la fille de Frau Winkler, se prépare à envahir le monde ! Mais avant, elle tente une expérience pour le moins audacieuse : cloner le Führer ! Pendant ce temps, Helmut, qui prétend vouloir se venger d’El Loco, se présente aux portes du bunker. Accompagné de sa clique de super-héros, Malone ne tarde pas à faire irruption dans le bunker aux commandes de son hélico, voyant d’un mauvais œil l’arrivée d’un nouveau Führer. Comme il se doit, tout ceci risque de mener au chaos et à la destruction…
« Nous voici donc tous réunis en ce lieu pour assister à la naissance des Etats Nazis d’Amérique »
On s’attendait à un bon gros délire avec ce tome 2 de « Valhalla Bunker », et nous n’avons pas été déçus ! Ne se prenant jamais au sérieux, ce nouveau volume, intitulé « Thunder and lightning », nous offre une folie visuelle toujours aussi maîtrisée et un humour totalement absurde et décalé qui fonctionne toujours aussi bien. C’est bourré de références, souvent drôle, et l’ensemble n’hésite pas à monter d’un cran dans le délire, entre le clonage d’un Hitler qui fait pipi dans son pantalon et un casting de personnages totalement loufoques. Les clins d’œil satiriques (notamment à une personnalité politique américaine) et l’humour outrancier et irrévérencieux sont omniprésents, et on s’éclate, page après page, surtout quand l’action démarre. Là, on se régale avec de grandes illustrations aux couleurs éclatantes qui font la part belle aux scènes de destruction. Un coup de crayon maîtrisé et qui tape fort, avec de belles idées de mise en scène. Forcément, quand on remet les nazis sur le devant de la scène, tout ou presque est permis !
On le répète, ce tome 2 ne se prend pas au sérieux, mais n’en oublie pas de développer son univers. Les lecteurs de la première série (« Valhalla Hotel ») retrouveront un univers familier auquel ce second cycle ajoute une nouvelle dimension. Les personnages ont évolué, mais l’esprit est conservé, offrant à la fois nostalgie et renouveau. Fabien Bedouel maîtrise parfaitement son univers, sa mise en scène, son rythme et ses personnages (même si certains sont davantage en retrait dans cette suite). Urbain, fun et visuellement percutant, ce volume est clairement divertissant, n’hésite pas à provoquer, et nous propose un cocktail action/humour bien dosé. Certes, il faut aimer le style, mais si c’est le cas, ce n’est que du bonheur. Dommage que ça se dévore bien trop vite !

Valhalla Bunker – Tome 3 : Nous sommes toujours dans un petit bled américain ordinaire et sans histoire… jusqu’au jour où le chaos frappe : la ville est réduite en ruines sous les assauts de nazis revanchards. Surgis de la montagne, ces envahisseurs mystérieux déferlent sans prévenir. Face à eux, une poignée de survivants excentriques lance une contre-attaque aussi explosive qu’absurde, armée d’un matériel de guerre de fortune. Entre trahisons et armes expérimentales instables, c’est le dernier espoir d’un petit coin d’Amérique…
« Feu à volonté ! Rasez-moi définitivement ce bled de merdre »
Avec ce troisième tome de Valhalla Bunker, disponible quasi un an pile poil après le précédent, Fabien Bedouel ne change clairement pas une recette qui fonctionne. Après un deuxième tome que nous avions particulièrement apprécié, ce nouvel épisode reste en effet fidèle à l’esprit de la série : de l’action, de l’humour, des punchlines et une bonne dose de grand n’importe quoi, le tout servi par une mise en scène particulièrement efficace. Et clairement, on n’en attendait pas moins.
On retrouve donc ce cocktail qui fait tout le charme de la saga, avec des personnages qui passent leur temps à se détester avant de devoir finalement s’entraider, des héroïnes qui ont du caractère, des méchants très méchants et, évidemment, des nazis qui permettent à l’auteur de pousser encore un peu plus loin le curseur du délire. Les références au cinéma sont également nombreuses, des films d’action des années 80 aux productions plus récentes, avec notamment quelques clins d’œil à cet humour complètement décomplexé que l’on retrouve dans Dikkenek. Et visuellement, ça envoie du lourd : certaines séquences d’action semblent directement sorties d’un film de Michael Bay, avec une mise en scène explosive qui fonctionne à merveille.
Mais le gros point fort de la saga Valhalla Bunker, ce sont ses personnages. Ils sont complètement barrés, parfois volontairement caricaturaux, et leurs répliques font régulièrement mouche. On pense notamment à ce personnage qui n’a littéralement pas les yeux en face des trous, mais aussi à ce président de la République qui débarque avec une perruque afro après s’être découvert une passion pour le rap, persuadé qu’il va ainsi réussir à séduire toutes les communautés. Son conseiller, chargé de lui écrire des discours d’une simplicité affligeante que le président lui-même peine pourtant à comprendre, est également particulièrement savoureux, et surtout dépité par la situation.
Derrière tout ça, il y a d’ailleurs un véritable doigt d’honneur adressé à la politique actuelle, avec une caricature volontairement outrancière de certains travers de notre époque. Alors oui, parfois, ça ne vole pas très haut, mais c’est précisément ce que l’on vient chercher ici. Valhalla Bunker assume complètement son côté irrévérencieux et son humour parfois très potache, et c’est ce qui lui permet de fonctionner. L’ensemble nous rappelle parfois le cinéma de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, notamment cette volonté de remettre au goût du jour un cinéma d’exploitation décomplexé, façon Machete ou Boulevard de la mort. On retrouve cette même envie d’en faire toujours un peu trop, de multiplier les références et de privilégier le plaisir immédiat.
Ce troisième tome vient conclure cet arc narratif, même si quelques portes restent volontairement entrouvertes. Et tant mieux, car l’univers développé possède suffisamment de potentiel pour que l’on ait envie de retrouver ces personnages par la suite. Le lore s’est étoffé au fil des albums et certains protagonistes mériteraient clairement de revenir. Si vous aimez les BD d’action un peu perchées, les grosses explosions, les répliques qui fusent et l’humour sans filtre, ce troisième tome devrait vous régaler. C’est fun, c’est dynamique, c’est souvent drôle et, en plus, c’est particulièrement réussi visuellement. Valhalla Bunker continue donc de faire exactement ce qu’on lui demande : nous divertir, et le faire sans jamais se prendre au sérieux.
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