Avis BD Glénat : Obscurantis – Tome 1
Disponible depuis le 7 octobre 2026, le premier tome d’Obscurantis, signé Didier Convard (au scénario) et Denis Falque (au dessin), est présenté par les éditions Glénat comme le début d’une trilogie de fantasy post-technologique aux accents révolutionnaires. Rien que ça ! Et clairement, après avoir découvert ce premier tome, on peut dire que l’ouvrage fait partie de nos coups de cœur de cette fin d’année. C’est parti pour notre avis !
Synopsis : Dans la mégapole oppressante de la Mère Croyante, Galad, marin désabusé, assiste impuissant à l’exécution d’Aân Ji, la femme qu’il aime. Lorsque son âme réapparaît pour le guider, il découvre l’étendue du mensonge religieux qui régit son monde : un clergé totalitaire, une Résistance clandestine, des cargaisons secrètes et un complot millénaire. Entraîné malgré lui dans une fuite à travers fleuve et jungle, Galad rejoint un peuple oublié et rebelle, les Recueilleurs, qui détiennent d’anciens secrets capables d’abattre l’ordre théocratique. Mais le Blanc Clergé lance ses inquisiteurs à leurs trousses : la guerre pour la vérité vient de commencer. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.

Obscurantis nous parle de l’asservissement des peuples et d’une entité religieuse qui ment pour maintenir son pouvoir, et nous embarque dans un univers ultra riche, aussi bavard qu’intéressant. Concrètement, nous découvrons la mégapole de la Mère Croyante et faisons la connaissance de Galad, un marin qui assiste à l’exécution d’une soi-disant hérétique. Sauf que cette femme, Aân Ji, est celle qu’il aime. Un véritable traumatisme pour lui, d’autant que l’âme de la défunte va lui réapparaître afin de le guider. Mais quel est son véritable but ? Notre héros est chargé de transporter des cargaisons pour le Blanc Clergé, une sorte de clergé totalitaire qui règne sur ce monde et en dicte les règles. Galad aimerait bien savoir ce que contiennent ces caisses, mais il ne peut évidemment pas se permettre de les ouvrir, sous peine de subir le même sort que sa bien-aimée.
Il est accompagné de deux membres du Blanc Clergé, chargés de le surveiller et de s’assurer que sa mission se déroule comme prévu. Évidemment, les choses vont déraper : le convoi est attaqué par ceux que le clergé qualifie de sauvages rebelles, un peuple vivant dans la nature que l’on appelle les Recueilleurs. Les enjeux commencent alors à se dessiner, et l’on comprend rapidement qu’un énorme mystère se cache derrière le Blanc Clergé et ces mystérieuses cargaisons. On commence à découvrir ce qu’elles renferment, tandis que d’autres révélations nous attendent au cœur de la forêt. C’est également là qu’on commence à comprendre toute la dimension science-fiction de cet univers, derrière l’apparence médiévale annoncée par l’éditeur.

Ce premier tome aborde des thèmes particulièrement forts et repose sur deux axes principaux : la science-fiction d’une part, et la lutte des classes ainsi que l’oppression sociale d’autre part. Cette dernière occupe une place centrale dans le récit, avec une mégapole qui devient une véritable métaphore des inégalités. D’un côté, une élite qui s’est autoproclamée supérieure, incarnée par le Blanc Clergé, qui fait régner la terreur, et de l’autre le peuple et les travailleurs, comme Galad, sans oublier celles et ceux qui se sont réfugiés dans la forêt et subissent cette domination. Tout repose sur la soumission par la peur, mais aussi sur le mensonge, utilisé comme un outil pour maintenir les populations sous contrôle. C’est hyper intéressant, d’autant que les auteurs ne se contentent pas de poser quelques idées en arrière-plan : ils construisent un univers dense, avec beaucoup d’informations, de personnages et d’entités différentes.
Oui, l’album est clairement bavard et il faut parfois prendre le temps d’assimiler tout ce qui nous est présenté, mais l’immersion est incroyable ! Les décors sont très beaux et l’univers se développe de manière particulièrement convaincante, avec des indices distillés çà et là qui soulèvent énormément de questions. Que s’est-il passé dans ce monde ? Une civilisation antérieure a-t-elle existé ? Certains éléments viennent-ils peut-être d’ailleurs ? Une structure qui évoque un vaisseau spatial intrigue notamment et ouvre de nouvelles perspectives. On comprend également que le Blanc Clergé dispose d’une technologie à laquelle les autres humains n’ont pas accès, ce qui renforce encore le mystère autour de son pouvoir et de ses véritables intentions. Clairement, malgré la quantité d’informations qu’il nous demande d’assimiler, ce premier tome réussit à nous happer grâce à son univers et nous donne déjà très envie de connaître la suite de cette trilogie !
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