Avis BD : Sauvage (histoire complète aux éditions Ankama)

Un conte de fées qui est loin d’en être un : telle est l’accroche de notre ouvrage du jour, « Sauvage », bande dessinée signée Rosalia Radosti disponible aux éditions Ankama le 6 février prochain. Un ouvrage que nous avons eu la chance de recevoir avec un peu d’avance afin de le découvrir, et l’éditeur ne nous avait pas menti : s’il reprend les codes du conte de fées, « Sauvage » n’en est pas un, et nous propose une relecture de La Belle au Bois Dormant particulièrement accrocheuse. C’est parti pour notre avis !


Synopsis : Dans le lointain royaume de Val des Roses naît Sauvage. Fille du roi et de la reine, la princesse grandit libérée de l’hypocrisie et des coutumes chères à la cour : elle monte à cheval, tire à l’arc et court dans les bois. Bientôt, la petite fille devient une jeune femme rebelle. Alors, quand elle accepte de se marier, les prétendants fuient, effrayés par son caractère bien trempé. Jusqu’à ce que le chemin de Sauvage croise celui de Rodrigue. Ce jeune garçon charmant partage les mêmes passions que la princesse. Leur avenir semble tout tracé, mais l’histoire de Sauvage n’est pas un conte de fées, bien au contraire… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.



Si « Sauvage » semble reprendre tous les codes du conte de fées, tels qu’on les connaît depuis des décennies déjà, il s’en détourne rapidement et nous propose une relecture particulièrement intéressante. Pourtant, la bande dessinée de Rosalia Radosti démarre sur un ton léger. On y découvre Sauvage, fille du roi et de la reine, qui grandit au sein du château et en fait voir à ses domestiques. La jeune fille, nommée Sauvage afin qu’elle devienne « une femme courageuse, forte et libre », grandit loin des carcans de la royauté. Ses premières années sont remplies d’insouciance, de bêtises, et on sourit souvent lors des premières pages au ton léger et à l’humour réussi. Puis arrivent ses 16 ans, et sa mère lui annonce la nouvelle : Sauvage va devoir se trouver un mari. Contre toute attente, la jeune fille est très excitée par cette nouvelle, et elle rencontre de nombreux prétendants, dans des séquences une nouvelle fois pleines d’humour. C’est bien écrit, franchement drôle, mais Sauvage commence à désespérer de trouver l’amour (ses prétendants sont soit trop vieux, soit prétentieux, soit totalement machistes), jusqu’à sa rencontre avec Rodrigue lors d’une escapade en forêt. Nous ne vous en dirons pas davantage pour ne rien vous gâcher.

« Sauvage » propose une narration divisée en plusieurs parties, avec des tons radicalement différents. La noirceur s’invite au récit, et les thèmes abordés montent en puissance. Sauvage incarne une jeune femme forte et indépendante, mais pas intouchable pour autant, et elle n’est clairement pas épargnée par des rebondissements intéressants. Une héroïne hors norme, aussi intrépide qu’attachante, qui va vivre des moments douloureux. C’est très accrocheur, et ce du début à la fin, avec un cadre visuel qui immerge encore plus dans le récit. C’est très beau, qu’on parle des couleurs, des animations, des décors ou encore des personnages, très expressifs. Les visages sont détaillés, et les regards en disent long, des bouilles pas possibles de Sauvage lorsqu’elle est enfant à son inquiétude quand les choses dérapent. Le style fait d’ailleurs penser aux Disney de la grande époque, et on pense parfois à La Belle et la Bête et bien évidemment à La Belle au Bois Dormant, dont « Sauvage » est une sorte de relecture. Il s’agit du premier roman graphique de l’autrice (entièrement autodidacte), qu’on ne peut que féliciter !


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