Avis manga Glénat : Oldman – Tome 1 (éditions Glénat)

Fraîchement arrivé chez Glénat, Oldman s’offre une seconde jeunesse dans une édition grand format en deux tomes comme on les aime. Impossible de passer à côté de cette couverture superbe et clairement élégante, qui donne déjà le ton avant même d’ouvrir l’ouvrage. L’objet en lui-même est particulièrement soigné : papier de qualité, format généreux qui met bien en valeur les visuels, et ce côté « bel ouvrage » qui rend justice au travail de l’auteur. C’est parti pour notre avis !


Oldman-Tome-01Synopsis : Dans un pays lointain règne une Reine sur laquelle le temps n’a pas de prise. Au fond de ses geôles croupit Billy Oldman, un vieux magicien accusé de trahison et qui, derrière ses tours de passe-passe, cache une vérité tragique. Un destin auquel semble lié le secret de l’éternelle jouvence de la Reine… Mais aujourd’hui, l’heure est venue de rendre des comptes. Grâce à ses talents d’illusionniste, Oldman s’évade et délivre au passage une autre âme abîmée : Rebecca, une ancienne générale amputée qui retrouvera sa force d’antan grâce à l’art de Wilson, anatomiste excentrique et concepteur d’automates. Bientôt, ils vont former un improbable trio d’anonymes, exerçant leurs talents dans les théâtres de la ville, attendant secrètement le moment tant attendu de leur revanche… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Oldman-Tome-01 extrait planche couleur


Visuellement, « Oldman » fait forte impression. Le trait de Chang Sheng est d’un réalisme souvent bluffant, parfois presque photographique. Les personnages semblent tout droit sortis d’un casting de cinéma (difficile de ne pas penser à Sean Connery en découvrant le visage buriné et le charisme du héros), et l’ensemble donne vraiment l’impression d’assister à un film dessiné : cadrages travaillés, mise en scène nerveuse, découpage dynamique… tout rappelle le langage du cinéma. Les combats sont fluides et percutants, les regards en disent long, et les dialogues tombent juste, avec parfois une petite touche d’humour bien sentie.


Oldman-Tome-01 extrait planche


Côté ambiance, « Oldman » navigue entre thriller, magie et drame politique dans un univers sombre où la question du temps occupe une place centrale. Le récit parle de vieillissement, de pouvoir, de transmission et de ce qui reste quand tout s’effondre. Les personnages ont du relief, qu’il s’agisse du magicien emprisonné, de la reine ambiguë ou de la guerrière marquée par les épreuves. Les rebondissements s’enchaînent bien, même si l’histoire prend parfois des détours qui peuvent un peu désorienter. L’intrigue se complexifie par moments, mais on accepte volontiers de se laisser porter et de faire confiance à Chang Sheng pour nous mener là où il veut. Déjà remarqué avec « Baby« , l’auteur confirme à nouveau son goût pour les ambiances travaillées et les récits ambitieux. « Oldman » n’est pas toujours parfaitement clair dans sa narration, mais ce premier tome dégage quelque chose de fort. Un manga qui se lit un peu comme on regarde un bon film : parfois surprenant, souvent intense, et suffisamment charismatique pour donner envie de rester jusqu’au générique de fin, en attendant sagement la suite.


Lageekroom

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *