Avis BD Bayard Jeunesse : La Croisière sans faim, de Taylor Robin
Si vous cherchez une bande dessinée familiale pour Halloween, La Croisière sans faim, signée Taylor Robin et disponible depuis le 7 octobre aux éditions Bayard Jeunesse, devrait faire l’affaire ! Même si l’ouvrage est conseillé aux 9-12 ans sur certains sites, il ne faut pas s’attendre à une simple aventure jeunesse sans frissons : cette histoire horrifique réserve son lot de surprises et se montre franchement efficace. Taylor Robin, qui a passé une partie de son enfance sur des bateaux, s’est d’ailleurs inspiré de son vécu pour imaginer ce récit au titre dont on comprend rapidement la signification. C’est parti pour notre avis
Synopsis : Neeta et Emery, le fils du capitaine, ont toujours grandi sur le SS Lark, un somptueux navire de croisière. Autrefois, la vie était douce. Mais depuis que le magnat de la finance, M. Raspiat, a racheté le paquebot, quelque chose cloche. Pourquoi tout le monde disparaît ? Pourquoi le bateau tourne-t-il en rond ? Pourquoi la nourriture semble-t-elle étrange ? Alors qu’Emery succombe peu à peu à l’emprise de Raspiat, Neeta ne peut rien faire… mais c’est sans compter sur l’aide d’un passager mystère aux canines pointues.

Dans La Croisière sans faim, on découvre Neeta et Emery, le fils du capitaine, qui ont grandi sur le SS Lark, un immense et majestueux navire de croisière. Mais leur quotidien va être bouleversé par l’arrivée de Monsieur Raspiat, un magnat de la finance qui rachète le navire. À partir de là, les événements deviennent de plus en plus étranges : des passagers disparaissent, le bateau semble tourner en rond et la nourriture devient franchement suspecte. Pire encore, la relation entre Neeta et Emery, pourtant très proches, commence à se fissurer. Emery s’éloigne en effet progressivement de son amie, qui va se décider à prendre les choses en main et à découvrir ce qui se trame sur le bateau.
C’est dans ce climat inquiétant qu’entre en scène Warwick Farley, dont on comprend assez rapidement qu’il est un vampire, bien avant que nos jeunes héros ne découvrent sa véritable nature. Il appartient à une organisation internationale privée spécialisée dans les phénomènes inexpliqués, les activités surnaturelles et les événements qui dépassent l’entendement. Une enquête se met alors en place, avec son lot de mystères, de révélations et de phénomènes étranges, jusqu’à un véritable point de bascule où l’on découvre ce qui se passe réellement à bord.

Malgré son orientation jeunesse, La Croisière sans faim a de quoi séduire un public bien plus large. Les personnages sont travaillés, l’enquête est bien ficelée et l’histoire aborde des thèmes intéressants, notamment la lutte des classes, le monde du travail et l’exploitation, sans oublier l’amitié, la trahison et le passage à l’âge adulte. Clairement, le récit ne se contente pas de nous proposer une ambiance mystérieuse : il bascule progressivement dans une horreur bien réelle, aussi bien dans les événements que dans les illustrations, avec certaines scènes plutôt marquantes. En tant qu’adulte, on devine rapidement certaines ficelles, mais cela n’empêche pas l’ensemble de fonctionner, et les plus jeunes devraient pouvoir profiter pleinement de l’enquête et de ses révélations.
Visuellement, les dessins sont très chouettes, avec des visages parfois un peu enfantins, mais une vraie efficacité dès que l’horreur prend le dessus. Les couleurs sont également un gros point fort, avec de belles variations entre les teintes orange, violettes et vertes, qui permettent de changer d’ambiance d’une scène à l’autre. Avec plus de 250 pages pour moins de 20 euros, l’ouvrage s’avère généreux. Entre son huis clos maritime, ses mystères, sa critique sociale et ses véritables moments horrifiques, La Croisière sans faim est un très bon candidat pour une lecture d’Halloween en famille, idéale pour donner quelques frissons aux plus jeunes sans oublier les plus grands !
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