Test & avis : Screamer, un reboot bien nerveux qui ne fait aucun cadeau (PS5)
Spécialisés dans les jeux de course depuis plus de 30 ans, les développeurs de chez Milestone sont clairement prolifiques. Il ne se passe en effet pas une année sans qu’on ait droit à un nouvel épisode de Ride, de MotoGP ou encore de Monster Energy Supercross, sans oublier les 2 épisodes de Hot Wheels ou Monster Jam. Mais c’est avec un jeu d’arcade pur et dur que les développeurs reviennent en ce premier trimestre 2026, avec Screamer, qui n’est autre qu’un remake/reboot du jeu de même nom sorti en 1995. Nous avons eu la chance de recevoir le jeu dans sa version PS5 (testé sur PS5 Pro), et il est temps de vous en parler.
Screamer version 2026 est donc un remake (voire même un reboot) du titre sorti il y a plus de 30 ans. De l’arcade pure et dure, avec de la vitesse, des drifts, mais pas que, et le titre emprunte pas mal de mécaniques à des jeux d’un genre très différent : les jeux de baston. Tout d’abord, commençons par ce qui nous a vraiment surpris dans le jeu : sa narration. Avec ses nombreux personnages à incarner (qui parlent tous dans leur langue natale à l’image d’un Tekken), tous différents, ses chapitres scénarisés et ses rebondissements, Screamer tente des choses ! Et même si les développeurs ont parfois manqué de budget et que l’ensemble souffre de quelques longueurs (c’est un peu long à démarrer) ou d’une mise en scène parfois minimaliste, ça fait vraiment le taf, avec des séquences qui claquent et un antagoniste interprété par un Troy Baker qu’on voit décidément partout. Le futur dystopique qui nous est présenté fonctionne vraiment bien, et on se laisse rapidement prendre au jeu. Les pilotes ne sont pas juste là pour se bourrer sur la piste, et ont chacun leur histoire, leurs motivations et leurs rivalités. Il y a une vraie volonté de raconter quelque chose, via des cinématiques plutôt stylisées (on a parfois l’impression de regarder un anime), et des enjeux bien réels.

Screamer est un jeu qui peut s’avérer frustrant, la faute à des pics de difficulté pénibles et une IA à la Split Second, qui triche sans vergogne. Les développeurs l’ont entendu et quelques patchs ont vu le jour, avec notamment des rééquilibrages et des options d’accessibilité pour convenir à tous les joueurs. Nous avons donc bénéficié d’une difficulté mieux ajustée et de moins de frustration, mais l’ensemble reste assez corsé. Le jeu est arcade, très nerveux et agressif, avec des courses disputées qui représentent de vrais duels. La victoire ne dépend pas que de la vitesse, mais bel et bien de notre capacité à gérer les affrontements qu’on nous propose en punissant littéralement nos adversaires. Les voitures sont parfaitement maniables, mais il faut toutefois un certain temps d’adaptation pour tout maîtriser et apprendre à frapper l’adversaire au bon moment. Chaque voiture a en effet deux jauges bien distinctes.
La première jauge se remplit comme dans un Burnout, c’est à dire en fonction de votre pilotage et de vos prises de risque, en passant par les drifts. Elle permet d’activer des capacités offensives ou défensives (attaques, contres, ou boosts) pour prendre l’avantage. La seconde est liée aux affrontements et se remplit quand on attaque, quand on se fait attaquer ou encore en cas de choc. Maîtriser cette jauge permet de mettre la pression sur les adversaires, à condition d’agir intelligemment pour ne pas se mettre en danger. Là est le sel du gameplay : prendre des risques, temporiser, ou lâcher les chevaux et dépenser son énergie.

Si la maniabilité est bonne, les premiers tours de piste sont assez compliqués, et on a tendance à se bouffer les murs… Les développeurs ont opté pour un gameplay via les deux sticks de la manette (notez qu’une option permet néanmoins de jouer à une main, avec accélération auto) : le stick gauche sert à tourner, tandis que le droit sert à drifter. C’est un peu technique, loin d’un Need for Speed, mais une fois qu’on maîtrise un tant soit peu cette prise en main qui en laissera certains sur le carreau, le plaisir pointe enfin le bout de son nez. On ajuste ses virages et on enchaîne les drifts, rendant le tout bien plus satisfaisant.
Côté contenu, en plus du mode histoire, les développeurs nous proposent pas mal de modes annexes pour varier les plaisirs : des courses en équipe où les KO comptent autant que la position, des défis plus arcade comme le score challenge ou le contre-la-montre, ainsi que des modes plus nerveux comme l’Overdrive Challenge où tout se joue à fond sans droit à l’erreur. Le multijoueur est aussi de la partie, en ligne ou en écran partagé jusqu’à quatre joueurs. Clairement, il y a de quoi faire.

Visuellement, Screamer opte pour une direction artistique bien ciblée, entre influences anime, ambiance néon futuriste et touches plus réalistes sur les véhicules et certains environnements. On traverse ainsi des villes aux couleurs pétantes, des zones industrielles ou encore des décors plus ouverts, mais toujours avec cette patte qui reste cohérente et qui a de la gueule. Sur la durée, on peut ressentir une certaine répétition dans les biomes, mais le jeu compense largement par son style, ses effets de vitesse et sa mise en scène très dynamique, qui donnent à chaque course une vraie identité. C’est parfaitement fluide, comme tous les jeux Milestone. Les développeurs maîtrisent la PS5, cela ne fait aucun doute. Notez que la bande son est efficace, avec quelques musiques qui donnent vraiment la pêche.
Là où le jeu pourra frustrer, comme dit un peu plus haut, c’est dans sa difficulté. Le ressenti global reste au final paradoxal : le jeu est exigeant et gratifiant pour ceux qui s’accrochent, mais on peut également le vivre comme une expérience punitive, malgré les équilibrages récents. Les pics de difficulté démotivent, l’IA est prévue pour nous challenger en permanence mais nous sort quelques dingueries et nous rattrape comme par magie alors qu’on pilote de manière ultra propre. Le syndrome Split Second comme dit précédemment, avec des adversaires qui peuvent rattraper un retard énorme en quelques virages, enchaîner des trajectoires parfaites sans perte de vitesse, ou encore coller des temps quasi impossibles à reproduire. Du coup, ça entrave notre propre montée en puissance, et la rage n’est pas loin…
Avec ce reboot de Screamer, Milestone propose une expérience arcade à part, qui mélange drift technique et affrontements musclés dans un univers plutôt stylé et étonnamment narratif. Le jeu a de vraies qualités, notamment dans son gameplay exigeant et ses sensations une fois la prise en main assimilée. Mais cette exigence peut aussi se transformer en frustration, à cause d’un équilibrage encore imparfait et d’une IA parfois abusée. Malgré les patchs récents, Screamer reste un titre qui demande de l’investissement et qui ne conviendra pas à tous les joueurs. Ceux qui s’accrochent y trouveront un jeu grisant et original, les autres risquent de décrocher face à sa rudesse.
Les +
- Gameplay nerveux et exigeant
- Sensations de drift très satisfaisantes une fois maîtrisées
- Système d’affrontement original
- Univers et direction artistique réussis
- Mode histoire surprenant
- Contenu solide (solo et multi)
Les –
- Pics de difficulté frustrants (avec une IA qui abuse)
- Prise en main technique qui peut rebuter
- Quelques longueurs dans la narration
- Répétition visuelle sur la durée
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