Avis BD Glénat : Atatürk

La collection « Ils ont fait l’Histoire » de l’éditeur Glénat s’est enrichie en ce mois d’octobre avec « Atatürk », ouvrage signé Marie Bardiaux-Vaïente et Andrea Meloni et supervisé par l’historien François Georgeon, qui revient sur Mustafa Kemal, ex-militaire opposé au dépeçage de l’Empire ottoman tel qu’il était prévu par les Alliés dans le traité de Sèvres au sortir de la Première Guerre mondiale. Un homme opposé au gouvernement, dont l’histoire marquante nous est présentée dans notre ouvrage du jour. C’est parti pour notre avis !


Atatürk GlénatSynopsis : Le 15 octobre 1927, Mustafa Kemal, président de la République turque, entame un très long discours : le Nutuk. Il expose dans cette allocution qui dure près de six journées pleines son récit de la fondation de la Turquie moderne. Après la Première Guerre mondiale, Mustafa Kemal, alors militaire de carrière, refuse le dépeçage de l’Empire ottoman prévu par les Alliés au traité de Sèvres et mène une révolte contre le gouvernement d’Istanbul. Après sa victoire contre les Grecs à l’ouest de l’Anatolie puis l’abolition du sultanat ottoman par la Grande Assemblée nationale de Turquie, il proclame la République le 29 octobre 1923. Depuis Ankara, nouvelle capitale de la Turquie, Kemal impose alors des réformes fondamentales, basées sur l’indépendance et la laïcité, afin de bâtir une nation turque foncièrement homogène sur les ruines de l’Empire ottoman multiculturel.



« Nous sommes ici pour créer une assemblée nationale. Elle s’appuiera sur la volonté du peuple et sur la constitution d’un gouvernement »

La collection « Ils ont fait l’Histoire » de l’éditeur Glénat compte déjà de nombreux ouvrages passionnants, de « Lincoln » à « De Gaulle » en passant par « Mussolini ». Des personnages qui ont marqué l’histoire de leur empreinte, et dont les portraits biographiques sont toujours riches en informations. Avec « Atatürk », Marie Bardiaux-Vaïente, Andrea Meloni et François Georgeon nous embarquent en Turquie à la découverte de Mustafa Kemal, à l’origine de la fondation d’un état national en opposition avec le gouvernement. Un homme charismatique, qui a dû faire face à la fois aux puissances coloniales (et en particulier la Grèce, avec une guerre gréco-turque particulièrement sanglante) et aux conservateurs islamiques locaux, qui refusaient en bloc tout changement au sein du pays. L’ouvrage nous explique comment Mustafa Kemal a su s’entourer de personnes importantes pour mettre à mal le gouvernement et faire grandir son pays. C’est clairement passionnant, mais pas forcément accessible si on découvre pour la première fois un ouvrage de cette collection.

« Je fus le général d’un pays vaincu, pour devenir le vainqueur et le créateur d’un état-nation »

« Atatürk » est en effet très riche en informations (en témoigne la présence d’un carnet historique à la fin de l’ouvrage), et la narration pourra perdre le lecteur avec un enchaînement continu de dates et d’événements clés. Néanmoins, il est bien difficile de s’arrêter de tourner les pages une fois lancé, et bien que certains enjeux politiques ou religieux nous échappent en cours de route, on saisit bien l’objectif de Mustafa Kemal. Les visuels participent également grandement à l’immersion, et le coup de crayon réaliste d’Andrea Meloni est remarquable. Les visages sont détaillés, tout comme les décors ou les scènes de guerre, et le travail sur la colorisation rend l’ensemble très agréable à découvrir, mis en valeur par la qualité du papier. L’ouvrage est très qualitatif dans son ensemble, sans oublier sa couverture et le regard perçant de son personnage principal. Une bien belle bande-dessinée, à réserver aux amateurs d’histoire.


Lageekroom

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