Avis BD Glénat : Calvitie (histoire complète de Florence Dupré La Tour)

Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet qui peut faire sourire, mais qui peut aussi être une véritable source de complexes : la calvitie. Et avec notre bande dessinée du jour, publiée chez Glénat, on va suivre Emmanuel, un homme qui va progressivement découvrir que ses cheveux sont en train de se faire la malle. Une découverte qui va complètement bouleverser sa vie ! Entre humour, complexes, regard des autres et normes de beauté, « Calvitie » aborde des sujets forts, certes, mais avec beaucoup d’humour ! C’est signé Florence Dupré La Tour et disponible depuis quelques jours, et il est temps de vous en parler !


CalvitieSynopsis : Depuis qu’il est petit, Emmanuel fait craquer tout le monde avec sa jolie bouille et sa crinière de lion ! Aujourd’hui il a tout pour plaire : un job stylé dans la mode, un physique attrayant, des collègues sous le charme et un succès insolent sur les applis de rencontre ! Mais le jour où un stagiaire sans gêne lui assomme la terrible vérité, tout bascule : Emmanuel perd ses cheveux. Un trou au sommet du crâne va le plonger dans la paranoïa. Car Emmanuel le sait, perdre ses cheveux, c’est perdre bien plus… c’est voir sa virilité vaciller, prendre un coup de vieux dans un monde où règnent les apparences. Effrayé, déprimé, Emmanuel refuse de devenir comme tous ces bonhommes chauves, au crâne luisant. Et s’il n’avait plus de copine, ou pire, plus aucune promotion ? L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


calvitie bd glénat extrait


« Ce que ne percevait pas Emmanuel, c’est qu’en gros, sa calvitie, personne n’en avait rien à foutre. Mais lui, obsédé, ne voyait qu’elle. »

Emmanuel est un beau petit garçon. Il vit avec sa mère et son chat, son père étant malheureusement décédé. C’est un petit garçon apprécié de tous, que ce soit par ses voisins, les gens qu’il croise dans la rue ou ses camarades de classe. Il vit une belle enfance avec sa maman, s’entend très bien avec les filles à l’école, mais il a une sorte d’aversion pour les vieux, et notamment les vieux qui ont perdu leurs cheveux. C’est quelque chose qui lui fait presque peur. Il en fait des cauchemars, et même la simple vue d’un œuf à la coque arrive à lui coller des frissons ! On découvre différents moments de son enfance, notamment lorsqu’il va voir sa grand-mère, qui a des poils au menton, mais qui lui donne une sucette, donc on va dire que ça compense. On suit également ses moments avec Norbert, son cousin, qu’il considère également comme son meilleur ami. Un garçon qui prend beaucoup de calottes parce qu’il est assez casse-cou et qu’il a un phrasé un petit peu vulgaire.

Sa mère, croyante, l’emmène un jour dans un monastère. Emmanuel se retrouve alors entouré de moines chauves, ce qui a évidemment le don de lui provoquer un nouveau petit traumatisme. Puis Emmanuel grandit. Il travaille dans le graphisme et dans la mode, notamment dans le milieu du luxe, il côtoie des mannequins qui sortent avec des stars et, clairement, il se sent lui-même comme une star. Il vit sa meilleure vie, plaît toujours autant aux filles et tout semble aller pour le mieux. Et puis un jour, il accueille un stagiaire qui est de la famille de l’actionnaire majoritaire du magazine dans lequel il travaille. Et ce stagiaire va lui envoyer en plein visage la terrible vérité.


calvitie bd glénat extrait


Emmanuel prend alors son smartphone, prend une photo, vérifie, et c’est la douche froide : il perd effectivement ses cheveux. Personne n’osait lui en parler et il va complètement en faire une obsession, faire cauchemar sur cauchemar, imaginer qu’il n’aura plus jamais de promotion ou de copine. Il va commencer à utiliser toutes les solutions possibles pour que personne ne puisse voir son crâne. Il faut que personne ne le surplombe, il doit se coller contre les murs, être toujours de face sur les photos… Bref, c’est clairement un traumatisme pour lui, et finalement un traumatisme qui touche énormément d’hommes aujourd’hui. Forcément, l’ouvrage nous parle du regard de la société sur nous, des critères physiques qui régissent cette société et de ces normes de beauté auxquelles on est constamment confrontés. C’est très intéressant, c’est vraiment bien écrit et très bien amené. Il y a même quelques petites touches de féminisme qui sont particulièrement bien intégrées et qui apportent encore un peu plus de profondeur au récit.

Mais surtout, ce qui nous a vraiment plu dans cet ouvrage, c’est son humour. On a éclaté de rire à plusieurs reprises, ce qui est finalement assez rare lorsqu’on lit une bande dessinée. Que ce soit avec son cousin, ses collègues, sa mère, les différents cauchemars d’Emmanuel ou encore les réflexions qu’il se fait à lui-même, il y a des lignes de dialogue ultra percutantes, mais surtout archi drôles. C’est vraiment très agréable à lire et très, très marrant. Visuellement, il y a parfois un petit côté enfantin, mais ça fonctionne vraiment bien, notamment grâce aux couleurs et à ces teintes de rouge, de vert et de rose qui donnent beaucoup de personnalité à l’ensemble. Mais derrière tout cet humour et ces visuels agréables, il y a les messages assez forts cités plus haut, et cette finalité que nous sommes toutes et tous différents. Une très chouette lecture !


Lageekroom

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