Avis BD Glénat : Là où danse le vent, une ode à la transmission et aux liens familiaux
Disponible depuis le 13 mai 2026 aux éditions Glénat, « Là où danse le vent » est une bande dessinée signée Enora Boutle qui s’ouvre sur une promesse simple mais pleine d’espoir : « La vie est belle malgré tout ». Une phrase qui résume parfaitement l’esprit de ce récit ancré au cœur de la Bretagne. L’autrice nous invite à suivre Yaëlle, une jeune fille confrontée très tôt aux difficultés de la vie familiale. Tandis que ses parents voient leur relation s’effriter peu à peu, l’enfant trouve refuge auprès de son grand-père, un homme discret et marqué lui aussi par les épreuves. Entre eux va naître une relation profonde faite de silences, de promenades et de moments partagés qui valent parfois bien davantage que de longs discours. C’est parti pour notre avis !
Synopsis : Tandis que les parents de Yaëlle se déchirent, l’adolescente est envoyée chez son grand père. Le temps de cette séparation, elle va devoir vivre au rythme des marées, loin des siens… Incomprise et en colère, la jeune fille qui a depuis sa plus tendre enfance tissé un lien fort avec cet homme silencieux et attentif, trouvera à ses côtés un refuge et une écoute. Au fil de leurs échanges, il va lui transmettre un héritage invisible : celui des silences qui apaisent, des vagues qui racontent et du vent qui emporte les douleurs. Dans la maison des Landes bretonnes, bercée par les embruns et les souvenirs, ils vont partager un temps suspendu qui va donner de l’élan à la jeune fille et la transformer durablement. L’ouvrage est à découvrir sur le site de Glénat, à cette adresse.

La force de « Là où danse le vent » réside dans sa relation intergénérationnelle particulièrement touchante. Au fil des pages, le grand-père transmet à Yaëlle sa façon d’appréhender le monde, son amour de la nature et sa capacité à trouver du réconfort dans les choses simples. Il lui apprend à écouter le bruit des vagues et celui du vent, mais surtout à laisser s’envoler ses peines plutôt que de les subir. La narration suit ensuite l’évolution de notre jeune héroïne, de l’enfance à l’adolescence, tandis que les rôles commencent progressivement à s’inverser. Là où le grand-père représentait autrefois un pilier rassurant, Yaëlle se retrouve à son tour confrontée à la nécessité de prendre soin de lui. Cette évolution apporte une belle réflexion sur le temps qui passe, la transmission et la manière dont les liens familiaux se construisent et se transforment au fil des années.

Visuellement, « Là où danse le vent » fait du bien, grâce à sa patte et à son atmosphère apaisante. Les paysages bretons sont détaillés (falaises, maisons isolées, horizons marins) et occupent une place importante dans le récit, participant pleinement aux émotions qui s’en dégagent. Le trait d’Enora Boutle, tout en rondeur (notamment au niveau des visages, très expressifs), renforce cette impression de chaleur humaine. Certains passages pourront néanmoins sembler un peu clichés pour les lecteurs adultes, notamment lorsqu’on aborde la séparation des parents (et leurs disputes de plus en plus fréquentes) ou certaines situations familiales assez classiques. Heureusement, ces quelques clichés n’enlèvent rien à la sincérité de l’ensemble. Portée par de beaux messages sur le deuil, l’acceptation, la famille, le regret (quand Yaëlle « quitte » son grand-père pour retourner chez sa mère) et le passage à l’âge adulte, la bande dessinée se révèle touchante, voire même réconfortante, et laisse derrière elle sa petite dose d’émotion.
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