Avis : La saga Yakuza. Jeu vidéo japonais au présent

Au même titre que la saga Shenmue, les jeux Yakuza font partie de mes meilleures expériences vidéoludiques. Les épisodes s’enchaînent depuis quelques années, et la qualité est toujours au rendez-vous, avec des personnages attachants et charismatiques et une histoire qui gagne en maturité et en densité d’épisode en épisode. J’ai eu la chance de recevoir l’ouvrage « La saga Yakuza. Jeu vidéo japonais au présent » de Victor Moisan et de me plonger à nouveau dans cet univers que j’aime tant, en attendant la sortie du prochain opus en novembre. Prêts à plonger avec moi dans les ruelles de Kamurocho pour tout savoir sur la saga Yakuza ? C’est parti !


Avis : La saga Yakuza. Jeu vidéo japonais au présent lageekroomDescriptif de l’éditeur : La série de jeux vidéo Yakuza ne représente pas seulement la licence la plus vigoureuse de SEGA aujourdʼhui. Cette saga, qui court depuis 2005 en suivant un rythme de sortie quasi annuel, donne à voir lʼexemple rare dʼun jeu vidéo parfaitement intégré aux rouages dʼune industrie de masse et dans le même temps soucieux de développer un commentaire singulier et insatiable sur la société dont il sʼinspire. Les jeux Yakuza sont indissociables de leur époque, dépeinte à la manière dʼune fresque, et cʼest à travers lʼanalyse de ces aventures que Victor Moisan vous proposera une immersion dans le Japon dʼhier et dʼaujourdʼhui. Lʼauteur vous présentera ainsi les origines des jeux Yakuza au fil dʼenquêtes, de témoignages et de recherches poussées. Seront aussi évoqués lʼhistoire de SEGA et le parcours de Toshihiro Nagoshi, créateur de la saga. Le concept original de la série sera à son tour détaillé : de sa volonté dʼêtre une réaction à GTA autant quʼun désir ambitieux dʼoffrir une plongée réaliste dans le quartier de Kabukicho et le monde de la pègre japonaise. Chaque épisode sera ensuite analysé : une étude au cas par cas des sept volets « canoniques », agrémentée d’anecdotes et de portraits de personnalités importantes de lʼhistoire des jeux  (scénaristes, acteurs, etc.). L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur à cette adresse.


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Et dire que j’ai presque découvert la saga Yakuza par hasard… Alors que ma Xbox 360 se tapait son deuxième ROD (une panne bien connue à l’époque), je devais me rabattre sur ma PlayStation 3 fraîchement sortie mais dont la pauvreté du catalogue ne me donnait guère envie. J’avais passé de bons moments sur Motorstorm  et Resistance: Fall of Man, mais c’est clairement sur la console de Microsoft que je m’éclatais le plus. Et puis je me suis souvenu que la console de Sony était rétrocompatible (ce qui ne fut plus le cas avec les modèles suivants). J’ai donc décidé de lancer le premier Yakuza, sorti en 2005 sur PS2, avec un peu de retard donc… Et je me suis pris une énorme claque. J’étais (et je suis toujours) un immense fan de Shenmue, qui restera la série de jeux que je prendrais avec moi sur une île déserte, et j’avais bien évidemment entendu parler de ce Yakuza… Certains le comparaient à GTA, tandis que d’autres affirmaient retrouver les sensations des jeux de Yu Suzuki. Yakuza n’est clairement pas un GTA-like, et c’est à cause de ce raccourci que de nombreux joueurs ont été déçus, pensant retrouver la densité d’un monde ouvert « à la Rockstar ». Il y a certes des zones ouvertes dans Yakuza, mais elle sont plus « confidentielles », et le jeu est davantage un quartier ouvert qu’un monde ouvert. La conduite de véhicules n’est d’ailleurs pas au programme. Mais qu’importe, et j’ai de mon côté retrouvé des sensations oubliées, entrevues sur Dreamcast avec les Shenmue justement : découvrir un univers, s’y plonger, et l’aimer !


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Il faut noter que le premier Yakuza a bénéficié d’une traduction en français, ce qui n’est pas le cas des opus suivants. C’est pour cette raison que l’on a pu lire toutes ces années sur différents forums des messages tels que « c’est en anglais, je passe mon tour ». C’est tout à fait compréhensible, tant le scénario est dense, parfois compliqué, et tant les personnages et clans sont nombreux. Mais c’est également dommage de passer à côté de cet univers si riche et complet ! L’histoire de Yakuza est bourrée de personnages charismatiques (Kazuma Kiryu en tête), de rebondissements, et la narration de chacun des opus est incroyable. La saga a d’ailleurs marqué les esprits avec la qualité des visages de ses personnages ! Après la découverte de ce premier opus, mélangeant exploration, enquête et bien entendu baston, j’ai enchaîné avec Yakuza 2, sorti en 2006 sur PS2 également, un épisode encore plus riche, plus développé narrativement et proposant plus d’activités. Car malgré la linéarité des jeux Yakuza, les activités annexes s’enrichissent d’épisode en épisode, et on peut désormais passer des heures dans Kamurocho à se faire un petit karaoké, à jouer au fléchettes, au baseball, ou encore à se rendre dans les salles d’arcade pour jouer à des jeux complets de chez Sega (Yakuza 6 propose par exemple de jouer à Virtua Fighter 5 : Final Showdown). J’ai ensuite découvert l’excellent Yakuza 3 sur PS3, avec sa narration qui montait en puissance d’heure en heure. Bref, j’ai terminé tous les opus de la saga, et il m’est aujourd’hui quasi impossible de dire lesquels sont mes préférés, chacun ayant ses qualités, mais également ses défauts. Tout ça pour dire que la licence a aujourd’hui une place importante dans mon cœur de gamer, au même titre que Shenmue !


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Mais revenons-en à notre ouvrage du jour, écrit par Victor Moisan et publié chez Third Editions ! « La saga Yakuza. Jeu vidéo japonais au présent » est un beau bébé de 328 pages qui revient sur la saga, sa création et ses créateurs, son évolution, ses influences et bien sur ses personnages, qui se développent sur plusieurs décennies. Toshihiro Nagoshi est un des créateurs du projet Yakuza, et certaines anecdotes sur lui et son travail sont vraiment passionnantes. L’auteur revient également sur cette « comparaison » entre la saga culte de Sega et celle de Rockstar : GTA. Le titre original Ryu Ga Gotoku avait été rebaptisé Yakuza en occident pour appuyer l’idée d’avoir entre les mains un jeu de gangsters à la Grand Thef Auto. Mais Yakuza est un jeu très différent, dans son approche de la violence notamment, et la liberté n’y est pas du tout la même. Ces jeux sont très différents à mes yeux, et même si la liberté d’un GTA est appréciable, la narration des jeux Yakuza fait clairement la différence, avec des centaines de personnages qui évoluent et grandissent au fil des épisodes. La saga Yakuza a tout de même eu du mal à percer chez nous, la faute à ces comparaisons un peu foireuses et à ces fameux sous-titres anglais. Mais la licence est montée en puissance ces dernières années (le succès a toujours été au rendez-vous au Japon malgré un certain déclin), avec un rythme de sorties assez intense il faut l’avouer, mais surtout grâce aux évolutions techniques, au système de combat toujours plus jouissif, et à des remakes vraiment bien foutus ! Cerise sur le gâteau, le futur Yakuza: Like a Dragon à venir en novembre sera traduit en français, tout comme l’excellent spin-off Judgment  sorti l’année dernière. Si vous êtes passés à côté de certains épisodes à cause de la barrière de la langue, l’ouvrage de Victor Moisan tombe à pic, et revient sur tous les épisodes de la saga. Il faut dire que faire l’impasse sur un des jeux fait un sacré trou dans le scénario global ! Heureusement, le bouquin est généreux en explications, et pourra éclairer certaines zones d’ombre !


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L’auteur revient donc sur tous les opus de la saga, avec des résumés et un approfondissement des nombreux thèmes forts abordés. Mais il parle également des opus Kenzan! et Ishin!, sortis uniquement en import, sans oublier les autres jeux du studio de développement. Je pense par exemple au génial Binary Domain, que j’avais terminé sur Xbox 360 et qui n’a pas été un franc succès, c’est le moins que l’on puisse dire… Et n’oublions le très moyen mais rigolo Dead Souls, qui a marqué un petit tournant dans la saga. Il est difficile de résumer ce genre d’ouvrage tant la richesse est au rendez-vous, et l’auteur revient sur tout ce qui a fait la force de ses jeux : narration impeccable, cinématiques nombreuses, personnages charismatiques, sans oublier tout ce qui touche à la culture et l’histoire japonaise. On retrouve en fin de tome une chronologie des sorties histoire de ne pas se mélanger les pinceaux, et même une carte du Japon situant les différents opus. Avec sa couverture rigide sublime et son contenu ultra riche, l’ouvrage de Victor Moisan est un indispensable pour les fans, et reste une belle porte d’entrée pour les joueurs encore réticents. Il est peut être difficile voire décourageant pour certains de se lancer dans la série, car elle réserve des centaines d’heures de jeux avec tous les épisodes disponibles, mais l’ouvrage permettra sans doute de faire une sélection des opus clés, en retrouvant toutes les informations sur les autres. Histoire de pinailler, on aurait aimé avoir un poil plus de folie dans les polices d’écriture et quelques mini illustrations, comme on en trouve par exemple dans « La Saga Red Dead. Vengeance, Honneur et Rédemption » du même éditeur. On se retrouve en effet dans le cas présent face à des paragraphes parfois un peu lourds, qui auraient gagné à être un poil plus lisibles.


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Lorsque « La saga Yakuza. Jeu vidéo japonais au présent » a été annoncé chez Third Editions, j’étais le plus heureux du monde, appréciant la saga depuis son tout premier épisode ! Et je n’ai pas été déçu de l’ouvrage, tant le boulot réalisé par Victor Moisan est conséquent. Le tout est ultra complet et riche, et revient sur tous les jeux de la licence, mais pas que, sans oublier de parler de leur création, des hommes importants derrière ces projets, de Sega, des thèmes abordés, du Japon en général… Bref, la liste est longue, et je préfère vous laisser découvrir tout ceci ! Il manque quelques petites illustrations histoire d’alléger la lecture, parfois très dense, mais mis à part ce léger détail, c’est du tout bon, pour les fans comme pour les joueurs lorgnant du côté de cette incroyable licence. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour le test du prochain opus de la saga !


Lageekroom

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