Les pépites horrifiques de la PS5 que vous avez peut-être ratées (partie 2)
Silent Hill, Resident Evil, Fatal Frame : les amateurs d’horreur ont de quoi faire sur PS5. Mais comme nous l’avons vu dans notre première sélection, il n’est pas nécessaire de se tourner vers les grosses productions pour se faire quelques belles frayeurs. Derrière des jeux parfois plus discrets, voire totalement obscurs, se cachent des expériences surprenantes, capables de nous mettre mal à l’aise avec des idées originales, des ambiances travaillées ou des situations franchement dérangeantes.
Pour cette deuxième partie, nous avons décidé de nous intéresser à dix nouveaux titres qui méritent que l’on s’y attarde. Des légendes urbaines venues d’Asie aux couloirs inquiétants d’un hôpital, en passant par des expériences psychologiques et des concepts pour le moins atypiques, il y a de quoi satisfaire les amateurs de sensations fortes. Certains jeux misent sur l’atmosphère, d’autres sur la fuite ou l’exploration, d’autres sont clairement imparfaits, mais tous ont leur petite particularité. C’est parti pour cette nouvelle sélection !
The Bridge Curse: Road to Salvation
Avec The Bridge Curse: Road to Salvation, direction Taïwan et le campus de l’université de Tunghu, où une légende urbaine va rapidement transformer une soirée étudiante en véritable cauchemar. Six étudiants décident de mettre à l’épreuve une histoire de fantôme, mais réveillent une malédiction qui va leur faire regretter leur petite escapade nocturne. On retrouve une aventure horrifique à la première personne qui mélange exploration, énigmes et séquences de fuite, avec plusieurs personnages à incarner au fil du récit.
Le jeu est un peu longuet au début, mais il finit par nous embarquer grâce à son ambiance et à ses légendes particulièrement glauques. Les poursuites sont parfois un peu trop scriptées et la technique reste modeste, mais certaines séquences fonctionnent vraiment bien, avec de vrais coups de flippe. L’horreur asiatique a décidément quelque chose de spécial, et ce premier épisode mérite le détour si vous aimez les histoires de fantômes, les campus hantés et les récits qui montent progressivement en puissance.
The Bridge Curse 2: The Extrication
On reste à Taïwan avec The Bridge Curse 2: The Extrication, qui nous emmène cette fois au sein de l’université de Wen Hua. Les lieux sont connus pour leurs histoires surnaturelles, et un événement organisé sur le campus va rapidement prendre une tournure inquiétante. On y suit plusieurs personnages aux profils bien différents, chacun apportant son point de vue sur les événements. Au programme : des couloirs à explorer, des indices à dénicher, des énigmes à résoudre et des créatures dont on préférera généralement rester à bonne distance. Classique, mais super efficace.
Cette suite conserve ce qui faisait le charme du premier épisode, tout en proposant une aventure plus variée dans ses situations et ses personnages. L’exploration occupe une place importante, mais la tension reste bien présente lorsqu’il faut échapper aux menaces qui rôdent. Entre folklore local, apparitions inquiétantes (certaines font vraiment froid dans le dos) et mystères à éclaircir, The Bridge Curse 2 s’adresse tout particulièrement aux amateurs d’horreur asiatique.
Incantation
Adapté d’un film taïwanais du même nom, Incantation nous place dans la peau d’une mère à la recherche de sa fille disparue. Après un accident de voiture, son enquête la conduit dans un village isolé, marqué par des croyances inquiétantes, des rituels mystérieux et la présence de forces surnaturelles. Il faudra fouiller les lieux, récupérer des documents, résoudre des énigmes et trouver des moyens de progresser sans attirer l’attention de ce qui se cache dans les environs.
L’intérêt du jeu repose avant tout sur son ambiance et sur son inspiration culturelle, qui lui permettent de se démarquer de nombreuses productions horrifiques plus classiques. Ici, pas question de foncer tête baissée : mieux vaut observer, comprendre ce qui nous entoure et réfléchir à la manière de traverser les zones dangereuses, quitte à basculer vers l’infiltration. Les amateurs d’horreur asiatique devraient une nouvelle fois apprécier cette plongée dans un univers où les rites et les croyances occupent une place centrale. Une aventure clairement méconnue qu’on vous conseille de découvrir.
A.I.L.A
Et si une intelligence artificielle était capable de concevoir des jeux d’horreur adaptés à vos peurs les plus profondes ? C’est le point de départ d’A.I.L.A, dans lequel nous incarnons un testeur chargé d’essayer une nouvelle IA révolutionnaire. Au fil de ses expériences, le programme nous plonge dans différentes situations horrifiques : cultes inquiétants, énigmes macabres et affrontements contre des morts-vivants médiévaux viennent rythmer l’aventure. Mais à mesure que les sessions s’enchaînent, la frontière entre le jeu et la réalité devient de plus en plus troublante.
Une idée clairement intéressante, qui permet de varier les ambiances et les situations plutôt que de nous enfermer dans un seul décor pendant toute l’aventure. A.I.L.A joue également avec une peur très actuelle : celle de perdre le contrôle face à une technologie que l’on ne comprend pas vraiment. Le concept a de quoi intriguer les amateurs d’horreur psychologique, surtout ceux qui apprécient les récits dans lesquels la réalité finit par devenir aussi inquiétante que les cauchemars. Le jeu est très beau, certaines séquences sont ultra efficaces, mais attention : les combats sont brouillons, voire pénibles (les boss sont bien relou) et gâchent un poil l’aventure. Vous voilà prévenus.
Out of Sight
Dans Out of Sight, on incarne Sophie, une jeune fille aveugle qui tente de s’échapper d’un manoir inquiétant. Heureusement, elle peut voir à travers les yeux de son fidèle ours en peluche Teddy. Cette particularité donne au jeu une belle originalité : il faut observer les lieux à travers le regard de l’ourson, anticiper les dangers et se déplacer sans attirer l’attention de ceux qui la retiennent prisonnière. Un plancher qui craque ou un obstacle mal anticipé peuvent rapidement compromettre notre progression.
Le concept fonctionne grâce à cette façon originale d’aborder l’exploration et la fuite. Il faut en effet prendre le temps d’observer, de comprendre l’environnement et surtout faire preuve de prudence. On peut même poser l’ourson dans un coin de la pièce pour avoir une sorte de vue fixe et diriger notre jeune héroïne. Le manoir renferme également de nombreux secrets, et l’histoire se dévoile progressivement au fil de notre avancée. Avec sa présentation particulière et son ambiance inquiétante, Out of Sight propose une approche différente de l’horreur, davantage tournée vers la tension et l’observation que vers les affrontements.
Dementium: The Ward
Les amateurs de survival horror à l’ancienne connaissent peut-être déjà Dementium: The Ward, qui a d’abord marqué les esprits sur Nintendo DS avant de revenir dans une version adaptée aux consoles modernes. Le principe reste terriblement efficace : nous nous réveillons dans un hôpital abandonné, sans aucun souvenir de ce qui nous est arrivé. Les couloirs sont sombres, les portes verrouillées et des créatures peu accueillantes semblent avoir élu domicile dans les lieux. Il va falloir explorer, résoudre des énigmes, trouver des armes et surtout essayer de comprendre ce qui se passe.
Avec son cadre hospitalier et son atmosphère poisseuse, Dementium rappelle une époque où les survival horror savaient nous coller la pression juste avec une ambiance travaillée. Le jeu mise sur l’exploration, la gestion de nos ressources et les rencontres avec des créatures qui peuvent faire très mal. Son origine rétro se ressent forcément (il existe néanmoins une option pour lisser les visuels), avec notamment des cinématiques en ultra basse résolution, mais elle participe aussi à son identité. Le jeu a un certain « charme », clairement. Si vous aimez les jeux d’horreur oppressants et glauques, vous êtes au bon endroit.
Lempo
Avec Lempo, on quitte les hôpitaux et les campus pour une bonne vieille forêt. Inspiré de la mythologie finlandaise, le jeu nous place dans la peau de Paul, un homme qui se retrouve piégé dans un environnement étrange après une journée de travail. Pour espérer retrouver son chemin, il devra explorer les environs, récolter des indices et tenter de comprendre les règles de cet endroit aussi mystérieux qu’hostile.
Lempo mise avant tout sur l’atmosphère et le sentiment de désorientation. La forêt devient un véritable labyrinthe, et la carte aide à peine à se repérer. On est ici davantage dans l’exploration et l’horreur psychologique que dans le survival horror traditionnel, avec une progression qui demande de rester attentif à son environnement. Tout le monde n’accrochera pas forcément à son rythme ni à ses mécaniques, mais son univers inspiré du folklore nordique lui donne une personnalité intéressante, avec notamment des graphismes très réussis. Une expérience à tenter si vous avez envie de galérer sans être pris par la main par les développeurs.
Iron Lung
Difficile de faire plus claustrophobique qu’Iron Lung. Dans ce jeu d’horreur indépendant, nous prenons place à bord d’un minuscule sous-marin envoyé explorer un océan de sang sur une lune désolée. À l’intérieur de ce caisson métallique, impossible de regarder directement ce qui nous entoure : il faut se fier à des instruments, à des coordonnées et à des photographies prises par un appareil externe. Autrement dit, nous avançons presque à l’aveugle dans un environnement dont nous ne savons pratiquement rien.
C’est précisément ce qui rend l’expérience aussi particulière. Iron Lung ne cherche pas à nous en mettre plein la vue, mais joue plutôt sur notre imagination, le bruit des machines, l’espace minuscule dont nous disposons et la peur de découvrir ce qui se trouve juste à l’extérieur de notre capsule. Le concept est aussi simple qu’efficace, et vous vous doutez que les choses vont rapidement partir en sucette. Entre ce qui rôde à l’extérieur, les problèmes techniques à l’intérieur de votre sous-marin et la difficulté à manœuvrer dans des espaces parfois très étroits, il y a de quoi transpirer… Notez que le jeu, qui se termine en 1h30 environ, a été adapté en un film de plus de 2 heures, que nous avons hâte de découvrir.
TAPE: Unveil the Memories
Avec TAPE: Unveil the Memories, l’horreur prend la forme d’un voyage dans les souvenirs. Nous y incarnons Iria, une jeune fille qui reçoit une cassette vidéo de son père, un célèbre réalisateur de films d’horreur. Ce message va la conduire à explorer son passé et à découvrir les secrets de sa famille. Pour progresser, elle dispose d’une caméra bien particulière, capable de manipuler certains objets dans les souvenirs en les faisant avancer, reculer ou en mettant le temps sur pause.
Cette mécanique permet de proposer des énigmes originales, qui ne se limitent pas à chercher une clé au fond d’un tiroir. La caméra devient un outil indispensable pour modifier l’environnement et ouvrir de nouvelles possibilités. Le jeu s’appuie également sur une ambiance mystérieuse, un récit familial sombre et une esthétique qui évoque le cinéma d’horreur. TAPE ne cherche pas forcément à nous terroriser à chaque instant, mais plutôt à nous entraîner dans une histoire intrigante où les souvenirs cachent parfois bien plus que ce que l’on imagine. Une proposition intéressante pour ceux qui apprécient les jeux narratifs et les énigmes intégrées à l’exploration.
Autopsy Simulator
Celui-là, on l’a clairement adoré. Le jeu a le mérite d’annoncer la couleur : dans Autopsy Simulator, nous incarnons Jack, un médecin légiste chargé d’examiner des corps et de comprendre les circonstances de leur mort. Les procédures d’autopsie occupent une place centrale, avec des rapports à consulter, des blessures à analyser et des indices à relever. Mais lorsqu’un corps particulièrement mystérieux arrive à la morgue, une découverte inattendue vient bouleverser le quotidien du protagoniste. Ce qui ressemblait à une simulation médicale va alors prendre une tournure beaucoup plus inquiétante.
Le mélange des genres est plutôt atypique : d’un côté, nous devons procéder avec méthode et observer les détails (et certains cadavres arrivent dans un état pas possible…), de l’autre, le récit s’enfonce progressivement dans une histoire sombre où le surnaturel et les tourments personnels prennent de plus en plus de place. Les amateurs de jeux morbides devraient apprécier cette plongée dans les coulisses de la médecine légale, même si le concept ne conviendra évidemment pas à tout le monde. Autopsy Simulator tente de faire cohabiter un poil de simulation et les codes du jeu d’horreur, et ça fonctionne vraiment très bien !
Horreur asiatique et légendes urbaines, exploration de lieux inquiétants, souvenirs glauques, huis clos claustrophobiques ou encore expériences plus proches de la simulation : cette nouvelle sélection montre une fois de plus à quel point le jeu d’horreur peut prendre des formes différentes. Tous les titres présentés ici ne jouent pas dans la même catégorie, et certains pourront laisser les joueurs sur leur faim, mais chacun possède une idée ou une ambiance qui mérite que l’on s’y intéresse.
C’est aussi ce qui nous plaît dans les productions plus discrètes : elles n’ont pas toujours les moyens des grosses productions, mais peuvent tenter des choses différentes et surprendre, avec la bonne idée qui va bien. Si vous avez déjà fait le tour des grands noms de l’horreur sur PS5, ces jeux pourraient bien vous réserver quelques bonnes surprises. Et si vous avez d’autres pépites à nous conseiller, n’hésitez pas à nous en parler !
Lageekroom
