TEST : Avatar: Frontiers of Pandora, une aventure qui flatte la rétine (PS5)

L’éditeur Ubisoft est en phase de reconquête. Après un Assassin’s Creed Mirage que nous avons beaucoup apprécié, place à Avatar: Frontiers of Pandora, gros jeu de ce mois de décembre basé sur l’univers de James Cameron. Malgré une communication assez discrète avouons-le, le titre était attendu de notre côté, et nous avons eu la chance de recevoir une version PS5 de la part de l’éditeur. Les développeurs de Massive Entertainment, décidemment très occupés (ils travaillent également sur Star Wars Outlaws), sont à la manœuvre sur ce monde ouvert qui promettait un chouette dépaysement. C’est parti pour notre avis !


Avatar: Frontiers of Pandora prend place entre les films Avatar et Avatar : La Voie de l’eau, et nous propose d’incarner un Na’Vi enlevé et retenu en captivité par la corporation militaire RDA depuis son enfance. Après un prologue sous haute tension, on retrouve notre héros 15 ans plus tard, dans une lutte contre la RDA qui s’annonce intense. Avec ses dialogues et ses personnages assez nombreux, le titre offre une narration plaisante même s’il est parfois difficile de s’intéresser totalement au fil rouge de l’histoire. Avatar donne en effet davantage envie d’explorer et de découvrir le monde par soi-même que de suivre son scénario, qui restera anecdotique pour certains (on pourrait même être mauvaise langue et dire que c’est pareil pour les films).



Là où Avatar: Frontiers of Pandora fait très fort, et il n’y a absolument aucun débat, c’est dans sa partie visuelle. Le jeu nous a régalés à chaque instant, grâce à la densité et à la diversité de ses environnements. On découvre Pandora, tout comme notre personnage, avec des étoiles plein les yeux. La map est grande, et on passe de forêts luxuriantes à des plaines à perte de vue, sans parler des séquences nocturnes aux couleurs souvent apaisantes. C’est bien simple, nous avons passé des soirées entières à explorer, à nous balader, à découvrir des lieux et des animaux exotiques. L’exploration est intéressante, accrocheuse, et le titre propose des collectibles ou autres améliorations, qui poussent à aller fouiner au fond des grottes. On est récompensé, et on se perd souvent dans les environnements tant ils sont riches. Seule l’eau est un cran en dessous et fait parfois un peu tâche.

De jour comme de nuit, et encore plus lors d’une tempête et sous la pluie, le jeu impressionne, et c’est clairement son point fort. Le level design n’est pas en reste, avec pas mal de verticalité, et une map qui se découvre davantage une fois différents moyens de locomotion débloqués. Sur terre ou dans les airs, c’est un vrai régal, et la carte n’est pas polluée par une multitude de points d’intérêt. Ubisoft fait bien les choses et a appris de ses erreurs, ne prenant pas le joueur par la main. On peut être aidé et un poil guidé, mais également se débrouiller tout seul en suivant les indications des personnages (va sous la cascade, près de tel ou tel arbre…). Dommage que les quelques phases d’enquête, durant lesquelles il faut trouver et associer des indices, soient anecdotiques.



Le monde proposé par Massive Entertainment est cohérent et fidèle à l’univers de James Cameron. Les développeurs savent faire monter la sauce et nous impressionner, même après pas mal d’heures de jeu. La végétation est superbe, les animaux également, sans parler des personnages durant les cutscenes. Et que dire des effets de lumière, des couchers de soleil, de l’éclairage superbe de la lune… C’est presque un sans faute, et le jeu propose 2 modes graphiques. Nous avons parfois alterné entre les 2, laissant le mode qualité pour notre exploration (très contemplative) et basculant en performance pour l’action, nettement plus nerveuse, mais nous y reviendrons. L’exploration permet quoi qu’il en soit de trouver des améliorations, de terminer les quêtes secondaires ou encore de débloquer des points d’expérience.

Les différents arbres de compétences sont plutôt bien fichus (guerrier, chasseur, fabriquant, chevaucheur) et proposent chacun une douzaine de compétences. La montée en puissance est bien là, mais notre personnage reste globalement fragile. Le jeu propose un système de niveaux, rendant les quêtes plus ou moins difficiles. Nous nous sommes par exemple lancés dans une mission de niveau 12 en étant niveau 7, et on a franchement galéré. Le jeu ne nous le dit pas forcément mais nous le fait comprendre : il faut s’améliorer, trouver du stuff, ajouter des mods à ses armes, pour monter en puissance et être au niveau attendu. Un conseil, n’allez pas trop vite dans la quête principale.



Le jeu est complet, et propose une aventure principale plutôt accrocheuse. Concernant les mécaniques, on retrouve un peu de Far Cry mais Ubisoft a écouté les joueurs et propose quelque chose de bien plus équilibré. Néanmoins, on retrouve les fameux camps à nettoyer, certains étant vraiment bien protégés. Et c’est là que le bât blesse : les combats sont parfois vraiment pénibles. C’est bien simple, nous avons à plusieurs reprises soupiré très fort face à la multitude d’ennemis et leur IA très aléatoire. Par exemple, il nous arrivé que dès qu’un simple humain nous repère, absolument tout le camp est instantanément en alerte. Et là, c’est la misère, avec des ennemis qui vous harcèlent et vous bombardent non stop. Il est très difficile de s’en sortir dans ce genre de cas, et il faut vraiment privilégier l’infiltration. On sent néanmoins bien la taille imposante de notre Na’Vi, qui peut envoyer valser un humain d’un simple coup de poing.

Heureusement, les déplacements sont souples et faciles à prendre en main, et on peut escalader de manière fluide et rapide ou encore glisser pour fuir. Mais cette IA très agressive et qui vous voit parfois à travers les murs gâche certaines missions, qui en deviennent inutilement difficiles, malgré les points faibles des ennemis qui peuvent les mettre en difficulté. On pourra embarquer plusieurs armes avec soi, de l’arc au propulseur de lance, en passant par le fusil d’assaut ou le fusil à pompe. Les grenades incapacitantes sont quant à elles bien utiles pour paralyser un exosquelette et en extraire son pilote, à condition d’avoir débloqué la bonne amélioration. Votre stuff sera très important, et différents PNJ pourront vous vendre de quoi vous équiper !



Après les points très positifs de l’exploration, on tombe donc dans de l’action un peu relou, qui gâche quelque peu l’expérience. C’est un peu dommage, et le jeu mériterait un rééquilibrage, surtout qu’il s’adresse à tous les publics. Une fois passée la frustration de mourir à plusieurs reprises dans une mission, on préférait repartir explorer et en prendre plein les yeux. Faire de la cueillette pour se cuisiner quelques petits plats (apportant différents bonus), chasser des grosses bestioles pour récupérer un peu de loot, aller à la rencontre des différents clans : tout ça est une belle réussite et rappelle parfois les bons moments de Far Cry Primal. On notera que quelques options d’accessibilité sont au rendez-vous, permettant notamment de simplifier la cueillette (parce que c’est marrant au début, mais cela devient redondant) ou pour automatiser les piratages (des tourelles, des robots ou des ordinateurs), vite répétitifs eux aussi. Il y a même quelques moments zen à la Ghost of Tsushima, histoire de souffler un peu et de profiter de la nature.

La DualSense est bien exploitée et renforce l’immersion. On ressent bien les armes à feu grâce aux gâchettes, et certaines vibrations sont très réussies. Par exemple, la manette émet de petites vibrations quand il pleut, nous rappelant l’excellent Astro’s Playroom, maître en la matière. L’ambiance sonore n’est pas en reste, et sait rester discrète quand on se promène, pour nous faire profiter des différents bruits des oiseaux et animaux, mais parvient également à nous coller le frisson lors de certaines envolées musicales. Le jeu propose également une version française intégrale de très bonne facture !



Avatar: Frontiers of Pandora nous a parfois agacés, avouons-le, la faute à son IA trop agressive et des séquences d’action générant plus de frustration que de plaisir. Néanmoins, il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas mettre en avant les grandes qualités du jeu, de son ambiance à ses visuels, en passant par son exploration, ultra immersive. L’univers proposé par les développeurs est fabuleux et varié, et on a envie d’en explorer les moindres recoins, souvent ébahis par des panoramas de toute beauté. Il est bien difficile de poser la manette, et même si certaines mécaniques sont reprises de la saga Far Cry (avec parfois une certaine répétitivité dans les objectifs et quelques quêtes secondaires moins engageantes), Ubisoft n’a pas commis les mêmes erreurs en proposant une map allégée (mais néanmoins très grande) et une liberté grisante. Avatar: Frontiers of Pandora est un titre à la difficulté parfois surprenante, mais qui laisse au final une très belle impression.


Les +

  • un univers de toute beauté
  • l’immersion est totale
  • c’est riche et très varié dans les environnement
  • l’ambiance sonore
  • la map, épurée et plus agréable que dans la plupart des open-world
  • un gameplay plutôt vif
  • sur terre ou dans les airs, l’émerveillement est présent à chaque instant
  • durée de vie solide (25h en ligne droite)
  • les développeurs laissent une grande liberté au joueur
  • une VF qui fait bien le job
  • certaines missions sont vraiment intéressantes…

Les –

  • … mais d’autres sont plutôt anecdotiques
  • le scénario, que beaucoup mettront au second plan
  • l’IA, parfois aveugle, mais souvent bien trop agressive
  • les combats de manière générale
  • l’infiltration, bien difficile à mettre en place
  • ça manque de quelques moments épiques



Lageekroom

Une pensée sur “TEST : Avatar: Frontiers of Pandora, une aventure qui flatte la rétine (PS5)

  • 22 janvier 2024 à 13 h 34 min
    Permalink

    Bonjour, je viens de découvrir ton blog et le trouve excellent ! Eh oui, je m’intéresse particulièrement au jeu présenté, car il correspond parfaitement à mon style de jeu. Bonne journée.

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