Test & avis : The End of the Sun, un voyage contemplatif au cœur du folklore slave
Avec son ambiance mystérieuse, son folklore slave et sa manière très posée de nous raconter son histoire, The End of the Sun propose une aventure assez unique, loin des gros AAA du moment. Le jeu n’est pas là pour nous en mettre plein la vue mais pour nous immerger dans un récit aux thèmes forts, et tout repose surtout sur l’exploration, l’atmosphère et la découverte progressive des mystères du village que l’on va découvrir. Nous avons eu la chance de recevoir le jeu dans sa version PS5, et il est temps de vous partager notre avis.
The End of the Sun nous embarque dans un univers inspiré des mythologies et traditions slaves. On y incarne le Tisonneur, un mage du feu capable de voyager entre différentes périodes grâce à des feux de camp disséminés dans l’environnement. C’est d’ailleurs l’idée centrale du gameplay : l’exploration tourne autour de ces foyers qui servent à la fois de points narratifs, de transitions temporelles et de déclencheurs d’énigmes. Chaque feu découvert ouvre une nouvelle séquence, une nouvelle histoire, ou permet de comprendre un événement sous un autre angle selon la saison ou l’époque observée.

C’est clairement la plus grande réussite du jeu : cette sensation de réellement revisiter un même lieu à travers les saisons, les années et les drames humains qui l’ont traversé. On découvre peu à peu ce qui est arrivé aux habitants du village, aux familles, aux personnages secondaires, et le récit prend une forme assez touchante mais également contemplative. L’exploration reste simple mais agréable, et lorsqu’on « active » un feu, plusieurs traits lumineux (souvent trois) viennent guider le joueur vers les interactions importantes ou les objets utiles. Certains pourront trouver cela un peu trop assisté, mais honnêtement, cela permet surtout de profiter de l’ambiance sans passer des heures bloqué.
Les énigmes sont globalement accessibles : il y en a quelques-unes un peu plus poussée, mais le jeu ne cherche jamais vraiment à mettre le joueur en difficulté. On est davantage dans une logique d’enquête narrative et de découverte que dans un puzzle-game exigeant à la Myst. Changer de saison est important, car cela permet d’accéder à de nouveaux lieux, certains éléments du décor n’étant pas à la même place. Le tout est de mettre la main sur des plumes, qui représentent notre avancement dans le jeu.

L’autre force du jeu est son travail autour du folklore slave. L’ensemble s’inspire de rites anciens, de croyances païennes, de célébrations saisonnières et de créatures mythologiques locales. On sent une vraie volonté de retranscrire des traditions culturelles clairement peu représentées dans le jeu vidéo. Le résultat donne une ambiance vraiment spéciale, et on découvre les différents personnages, leurs dialogues et leurs histoires avec intérêt. Certaines scènes nous immergent complètement dans le folklore d’Europe de l’Est, et les développeurs ont utilisé la photogrammétrie pour recréer bâtiments, objets et décors traditionnels.
Comme dit précédemment, les personnages participent beaucoup à cette atmosphère. Même si l’écriture reste parfois assez simple, chacun représente une facette du village et des thèmes abordés : la transmission, le deuil, les croyances, le passage du temps, les regrets ou encore le poids des traditions. Le jeu parle souvent de mémoire et de destin, avec cette idée que les lieux conservent les traces des vies passées. Visuellement, c’est franchement correct, parfois même plutôt joli pour une production indépendante aussi modeste. Certaines lumières, le choix des couleurs, les transitions entre les saisons ou les scènes nocturnes autour des feux possèdent un certain charme.

Techniquement, la version PS5 souffre de quelques ralentissements, surtout dans certaines zones plus chargées. Rien de catastrophique, mais suffisamment visible pour être mentionné, tout comme les visages pas toujours réussis qui témoignent du budget limité de l’ensemble. La bande-son mérite aussi d’être saluée. Les musiques accompagnent parfaitement l’ambiance contemplative et mystérieuse du jeu, avec des sonorités folkloriques discrètes qui renforcent énormément l’immersion. Le sound design autour du feu, du vent, des forêts et des chants contribue aussi à donner cette sensation d’être perdu dans un vieux récit slave transmis au coin du feu. Dernière précision : le jeu propose des sous-titres en français.
The End of the Sun est plutôt une bonne surprise de notre côté, et on ne s’attendait pas à être autant immergé dans le jeu. Ce n’est pas un jeu spectaculaire ni particulièrement difficile, l’ensemble est assez répétitif, mais l’aventure est dépaysante et pleine de personnalité. Le titre mise beaucoup sur son atmosphère, son folklore et sa narration environnementale. Et quand on sait qu’il a été porté pendant des années par seulement deux développeurs, difficile de ne pas respecter le travail accompli. Un petit voyage hors du temps, imparfait mais vraiment attachant.
Les +
- Une ambiance vraiment immersive
- Le folklore slave, rarement exploité dans le jeu vidéo
- Une narration contemplative qui fonctionne bien
- Le système de voyage entre les saisons et les époques
- Une direction artistique pleine de charme
- Une bande-son et un sound design réussis
- Une exploration agréable et reposante
- Un projet passionné porté par seulement deux développeurs
Les –
- Quelques ralentissements sur PS5
- Une structure assez répétitive sur la durée
- Des énigmes globalement trop simples
- Certains joueurs pourront trouver l’exploration un peu trop assistée
- Un rythme très posé qui ne plaira pas à tout le monde
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