TEST : Fear the Timeloop, un survival déjà-vu mais avec la bonne idée qui peut faire toute la différence ?

D’emblée, Fear the Timeloop fait fortement penser à Resident Evil 2 Remake et à quelques autres sagas du genre, Silent Hill en tête. Vue à la troisième personne, ambiance, level design, inventaire, énigmes, portes à ouvrir avec différentes cartes d’accès, coffre pour stocker ses objets… La ressemblance est d’ailleurs tellement frappante qu’on frôle même le plagiat. Mais cette petite production développée avec des moyens forcément plus limités a heureusement une idée pour se démarquer : la boucle temporelle. Une idée déjà proposée dans d’autres titres également, parfois dans des genres bien différents, mais qui fait toujours sont petit effet. Est-ce que cela fonctionne dans le cas présent ? C’est ce que nous allons voir !


À la manière de 12 Minutes, ou dans un tout autre registre d’Outer Wilds, notre personnage dispose ici de seulement quinze minutes avant de mourir. Dans Fear the Timeloop, le joueur incarne un shérif blessé par balle qui se vide progressivement de son sang, et il est impossible de stopper complètement l’hémorragie. La mort est donc inévitable, mais on peut cependant trouver des bandages, des trousses de soins ou des poches de sang pour repousser un peu l’échéance et gagner quelques précieuses minutes pour atteindre les différents objectifs. Chaque boucle devient donc une nouvelle tentative durant laquelle on apprend, on mémorise les lieux et on conserve certains objets ou informations afin de progresser davantage, le tout en sachant pertinemment ce qui nous attend. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette mécanique n’est pas simplement utilisée pour artificiellement rallonger la durée de vie ou pour servir de cache-misère : elle est véritablement au cœur du gameplay.


Fear The Timeloop


Notre personnage, totalement désorienté, évolue dans un complexe médical qui rappelle énormément le commissariat de Resident Evil 2, avec un hall central, plusieurs étages, un sous-sol, une morgue, des salles de sécurité et différents secteurs à débloquer. On y trouve des zombies et autres créatures, mais également une mystérieuse secte qui nous empêche de quitter les lieux. Notre shérif, dont le visage et le corps semblent eux-mêmes avoir subi d’importantes blessures (des brûlures sans doute), doit comprendre ce qui se passe tout en tentant de survivre. On récupère des armes comme un pistolet, un fusil à pompe ou une matraque, mais aussi des cartes d’accès, des fusibles et différents objets permettant d’ouvrir progressivement de nouvelles zones.

Certaines portes peuvent d’ailleurs nous obliger à faire un choix : on en ouvre une, ce qui condamne l’autre, et il faudra revenir lors d’une prochaine boucle pour voir ce qui s’y cache, une mécanique qui rend finalement la répétition intéressante. Le but de chaque chapitre est de retrouver une cassette vidéo, qui une fois récupérée, permet de sauvegarder la progression, dévoilant une partie de l’histoire au passage. Le plus important étant que chaque cassette découverte permet de passer chapitre suivant. Il y en a neuf au total, et une nouvelle carte d’accès ou un nouvel objet tombe généralement du projecteur après la vidéo pour nous permettre de progresser davantage.



On dispose également d’une radio permettant de communiquer avec une collègue restée à l’extérieur, ce qui donne lieu à quelques échanges intéressants (même si notre personnage a tendance à hurler plutôt que parler), ainsi que d’un inventaire volontairement limité accompagné d’une grosse malle permettant de stocker ses objets. La capacité de stockage peut d’ailleurs être améliorée, tout comme les armes, les soins et différentes compétences. Ces améliorations apportent une progression sympathique d’un chapitre à l’autre et permettent de mieux gérer les boucles. La carte joue également un rôle important : chaque étage possède la sienne et, même si elle paraît particulièrement chargée au premier abord, elle devient rapidement indispensable, à tel point qu’on se rend compte qu’on l’ouvrage presque aussi souvent que dans le remake de Silent Hill 2. Elle indique les pièces découvertes, les objets déjà trouvés et même les chemins empruntés lors des boucles précédentes.

L’ambiance évolue elle aussi au fil de l’aventure, avec des décors qui deviennent progressivement plus étranges et cradingues. Il faut cependant accepter que Fear the Timeloop soit une production à petit budget. Graphiquement, c’est pas fou comme dirait l’autre, les zombies et certains effets de sang manquent de finition et on rencontre quelques problèmes de popping (avec des décors entiers qui apparaissent quand on change de zone par exemple) ainsi que de petites chutes de framerate, même si l’ensemble reste globalement fluide à 60 images par seconde. Certains environnements sont toutefois réussis et pas désagréables à l’œil, et l’ensemble reste parfaitement jouable, malgré quelques imprécisions au corps-à-corps avec la matraque.


Fear The Timeloop


On regrettera également quelques couacs de caméra, notamment dans les zones les plus exiguës, où il peut être difficile de voir correctement arriver les ennemis. Et même si le système de boucle apporte une vraie originalité, il faudra également adhérer à son fonctionnement : on est constamment pris par le temps, il faut organiser son inventaire, retenir les informations et parfois accepter de perdre une boucle pour comprendre comment progresser. C’est exigeant, parfois un peu complexe, et ça ne plaira clairement pas à tout le monde. Malgré tout, Fear the Timeloop est intéressant sur bien des points. Son inspiration très prononcée de Resident Evil 2 Remake est clairement difficile à ignorer, mais son système de boucle temporelle lui permet de trouver sa propre identité.

On apprend, on recommence, on mémorise et on progresse, avec cette satisfaction de réussir lors d’une nouvelle boucle ce qui semblait impossible quelques minutes auparavant. Ce n’est pas un grand survival horror et il reste quelques défauts techniques ainsi qu’un rythme parfois inégal, mais pour une production de ce calibre, l’idée est suffisamment bien exploitée pour nous donner envie de découvrir ce qui se cache derrière cette mystérieuse boucle. Notez qu’il faut compter environ 8h pour en voir le bout (les 9 chapitres sont de longueur inégale), ce qui est tout à fait correct. Et si vous souhaitez tout faire (trouver toutes les armes, visiter toutes les salles), comptez deux bonnes heures de plus !



Fear the Timeloop n’est clairement pas le jeu qui va révolutionner le survival horror, et son inspiration très prononcée de Resident Evil 2 Remake peut parfois donner une impression de copie. Mais son système de boucle temporelle apporte une plus-value intéressante, qui donne envie de poursuivre l’aventure. Les 15 minutes deviennent une véritable mécanique de gameplay : on apprend, on mémorise, on choisit un chemin, on meurt, puis on recommence en sachant exactement quoi faire. Avec ses améliorations, ses énigmes, son ambiance qui devient progressivement plus cauchemardesque et ses neuf chapitres, la proposition fonctionne plutôt bien malgré quelques défauts techniques. Une petite production imparfaite, mais qui exploite suffisamment bien son idée de départ pour être intéressante.


Les +

  • L’idée de la boucle temporelle, qui apporte un vrai plus
  • Le système des 15 minutes qui met constamment la pression
  • Une progression bien pensée d’une boucle à l’autre
  • Les choix de chemin et de portes prennent tout leur sens avec les boucles
  • Les énigmes et la progression façon Resident Evil fonctionnent plutôt bien
  • Une ambiance qui devient de plus en plus cauchemardesque
  • Un level design qui fonctionne bien avec la carte
  • Les mystères autour du shérif, de ses blessures et de la secte
  • 9 chapitres avec une histoire qui se dévoile progressivement
  • Techniquement correct malgré le petit budget
  • Une proposition originale pour une petite production

Les –

  • Très, très inspiré de Resident Evil 2 Remake, parfois à la limite du plagiat
  • Quelques couacs de caméra, surtout dans les espaces exigus
  • Des problèmes techniques : popping, petites chutes de framerate
  • Zombies et effets de sang assez moyens visuellement
  • Certains environnements manquent de finition
  • Le système de boucle peut être complexe et exigeant (il faut savoir dans quoi on s’engage)
  • Inventaire assez limité, même s’il peut être amélioré

Article rédigé pour Xbox-Gamer.net et Lageekroom

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