TEST : Halo : Campaign Evolved, le mythe de 2001 fait encore des étincelles en 2026
Lorsqu’il est sorti en 2001 sur Xbox aux Etats-Unis puis en 2002 en France, Halo : Combat Evolved a été une vraie claque. Et nous avons fait partie, comme des millions de joueurs, de ces personnes qui ont acheté une Xbox pour pouvoir y jouer. À l’époque, on jouait principalement aux FPS sur PC, un genre d’ailleurs appelé Doom-like. Soldier of Fortune, Doom, Duke Nukem, Blood 2 ou encore Quake 2 nous faisaient passer de chouettes moments, sans oublier quelques FPS sur PlayStation 2. Mais Halo a vraiment marqué le coup, et on a franchi un cap, sorte de point de bascule à partir duquel les FPS sur console se sont encore plus démocratisés et se sont améliorés. Le jeu de Bungie avait notamment réussi quelque chose d’assez exceptionnel pour l’époque : proposer un FPS pensé véritablement pour la manette, avec une prise en main extrêmement intuitive, des affrontements dynamiques et surtout une intelligence artificielle qui allait devenir une référence. Et aujourd’hui, ce premier épisode revient sous la forme d’un remake, disponible sur Xbox Series X mais également sur PS5. Un véritable choc dans l’industrie, et c’est d’ailleurs sur PS5 Pro que nous l’avons découvert. C’est parti pour notre avis !
La refonte visuelle est conséquente dans ce remake, avec l’utilisation de l’Unreal Engine 5, mais l’objectif n’est clairement pas de dénaturer le jeu original. On retrouve vraiment tout ce qui fait le sel de Halo : son IA, son level design, son rythme, ses gunfights et évidemment cette direction artistique immédiatement reconnaissable. Son IA, parlons-en, parce que c’est vraiment l’une des grandes forces de Halo. Les gunfights ne se ressemblent jamais, on peut recommencer un niveau à de multiples reprises et ce sera toujours différent, parce que les ennemis vont dans tous les sens, vous envoient des grenades, se mettent à couvert ou tentent de vous contourner. Le gameplay est toujours aussi nerveux et jouissif, et cette nouvelle version a légèrement modernisé la formule. On retrouve notamment le sprint et quelques petites options qui fluidifient l’ensemble. Ce n’est pas une refonte totale du gameplay, mais suffisamment pour rendre l’expérience beaucoup plus agréable aujourd’hui.

Certaines missions sont vraiment cultes : le Cartographe silencieux, l’arrivée sur le Halo, même le prologue avec les Covenants qui attaquent et la découverte du Master Chief… Tout ça fonctionne encore parfaitement, même si nous avons déjà terminé le jeu à plusieurs reprises à l’époque ou via l’édition Anniversary sur Xbox 360 en 2011. Visuellement, c’est un vrai régal. Il y a quelques petits effets de flou par moments un peu gênants, et certains intérieurs se répètent, mais il y a un très beau travail qui a été réalisé sur les textures, les effets de lumière, les armures et les ennemis.
Et on a beau être sur un jeu Unreal Engine 5, on garde la direction artistique du jeu d’origine, chose importante à préciser tant beaucoup de jeux utilisant ce moteur finissent par avoir tendance à se ressembler. Mais Halo conserve sa DA, ses couleurs éclatantes, ses niveaux enneigés ou désertiques, sa magnifique plage ou ses intérieurs. On retrouve vraiment l’identité du jeu, et c’est probablement l’une des plus grandes réussites de ce remake : on a modernisé Halo sans lui retirer ce qui faisait qu’il ressemblait à Halo.
Là où le jeu a en revanche un peu vieilli, c’est dans son level design. C’était l’un des premiers, voire le premier FPS sur console à proposer des zones « ouvertes » avec un certain sentiment de liberté. Ce n’était pas non plus un monde ouvert, mais on avait des zones plus grandes dans lesquelles on pouvait se déplacer en véhicule, avec une physique aux petits oignons, grâce à laquelle les joueurs pouvaient tenter quelques expérimentations. C’est la classe, mais on notera que certaines animations ont été supprimées dans ce remake, notamment quand les Marines montent dans les véhicules.
Le level design dans les zones ouvertes fait encore son effet, mais une certaine répétitivité s’installe dès qu’on passe en intérieur, notamment dans la deuxième partie du jeu. Certaines missions tirent un peu en longueur, avec beaucoup de couloirs qui se répètent et qui sont copiés-collés. Quand on descend au fin fond d’une base, qu’on traverse une vingtaine de couloirs et qu’on doit remonter et retraverser les mêmes couloirs avec d’autres ennemis, ça casse un peu le rythme.

Pourtant, le jeu n’est pas très long, et il faut environ 8 heures pour le terminer une première fois. On peut bien entendu le relancer pour trouver les habituels crânes et activer des bonus spécifiques, et on peut également jouer jusqu’à quatre en coopération. Les niveaux ont d’ailleurs été un peu aérés (certains éléments ont été supprimés) pour que l’ensemble se traverse avec davantage de fluidité. Un défaut qu’on pouvait reprocher à Halo Infinite, dans lequel on bloquait sans cesse son véhicule contre un élément du décor.
Les cinématiques ont été retravaillées, les ennemis sont parfois plus nombreux pour donner plus de rythme, et certaines missions conservent une identité forte, notamment de nuit ou lors de la découverte des Floods, qui ont été très bien adaptés dans ce remake. C’est toujours aussi impressionnant, et ces passages sont clairement horrifiques. Halo varie les plaisirs : science-fiction pure, émotion ou horreur forment un cocktail qui fonctionne bien, même si on frôle parfois la série B.
Les musiques sont exceptionnelles et montent en puissance quand il le faut, avec un sound design qui est toujours aussi bon également. Et c’est aussi ça qui fait que, même en 2026, Halo conserve cette capacité à nous embarquer. Néanmoins, il faut parler de la VF, et on comprend pourquoi certains fans ont pété une durite. Le duo iconique Cortana et Master Chief n’est plus là. On a des voix qui sont très moyennes, voire mauvaises, qui manquent d’émotion et ratent souvent le coche.
Clairement, même si on ne connaît pas les anciennes voix, on ne peut qu’être consterné devant le manque de punch de certaines répliques, et c’en est même parfois risible. Les voix ne collent pas avec ce qui se passe à l’écran et avec l’ambiance générale, et on se retrouve avec une Cortana très fade, et qui ne prononce même pas très bien le mot Covenant. De ce côté-là, c’est une réelle déception. Après trois ou quatre missions en VF, on a basculé en VO… Et puis, petit bémol supplémentaire pour la version physique sur PS5, qui demande une connexion obligatoire à l’installation. C’est dommage, et on aurait préféré avoir un vrai jeu sur le disque, comme le remaster de Gears of War qui est sorti sur PS5 récemment.

Halo reste une œuvre mythique, et ce remake nous montre encore à quel point le jeu de Bungie avait posé des bases qui sont presque intemporelles. On retrouve encore aujourd’hui des mécaniques, une IA, une gestion des combats et un rythme dont certains FPS modernes pourraient franchement s’inspirer, le tout visuellement boosté par l’Unreal Engine 5. Évidemment, tout n’est pas parfait : le level design accuse le poids des années, certains passages en intérieur sont vraiment trop répétitifs et cette nouvelle VF est une vraie déception. Mais en dehors de ça, quelle sacrée aubaine pour les joueurs PlayStation 5 de pouvoir enfin découvrir cette campagne. Qu’on l’ait connue en 2001, en 2011, ou qu’on le découvre aujourd’hui, Halo démontre encore une fois qu’un grand jeu peut traverser les décennies sans perdre son ADN. Et franchement, après toutes ces années, il met encore des claques à pas mal de FPS qui sont sortis depuis.
Les +
- Un gameplay toujours aussi efficace et jouissif
- Une IA ennemie qui reste impressionnante en 2026
- Des gunfights nerveux et toujours différents
- Une direction artistique fidèle à l’œuvre originale
- Une très belle refonte sous Unreal Engine 5
- Des effets de lumière et des textures très réussis
- Des missions cultes
- Les passages avec les Floods, impressionnants et horrifiques
- Une bande-son exceptionnelle
- Le sound design
- Les véhicules agréables à piloter
- Une campagne jouable jusqu’à 4 en coopération
- Une excellente rejouabilité avec les crânes et les différents niveaux de difficulté
- Une œuvre mythique qui conserve son identité plus de 20 ans après
Les –
- Un level design intérieur qui accuse le poids des années
- Des couloirs très répétitifs et parfois copiés-collés
- Certaines missions qui tirent un peu trop en longueur
- Quelques effets de flou parfois gênants
- Quelques animations supprimées
- Une VF très décevante, pour ne pas dire catastrophique
- Connexion obligatoire pour la version physique PS5
- Quelques limites techniques qui rappellent que le jeu reste basé sur une œuvre de 2001

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