TEST : Yellowcreek Stories : The Cabin Watcher (testé sur Xbox Series X)
Les petits jeux d’horreur indépendants continuent décidément de nous accompagner dans nos découvertes. Après plusieurs expériences plus ou moins réussies, nous voici cette fois plongés dans Yellowcreek Stories: The Cabin Watcher, développé par Carlos Azuaga et édité par JanduSoft. Le titre revendique ouvertement son amour pour les films d’horreur et les slashers des années 80, avec une aventure volontairement courte puisque l’éditeur annonce une durée comprise entre une heure et une heure trente. C’est parti pour notre avis !
Un sympathique voyage dans les slashers des années 80… mais à quel prix ?
Dans Yellowcreek Stories, le joueur incarne un écrivain venu s’isoler dans une cabane afin de travailler tranquillement sur son prochain roman. Une voiture mystérieuse stationne non loin de la maison et, après une première soirée relativement paisible, les événements vont rapidement prendre une tournure beaucoup plus inquiétante. Coupure de courant, bruits étranges, ombre qui passe devant la fenêtre, policier à la recherche d’un évadé d’un sanatorium : notre paisible retraite va progressivement se transformer en véritable partie de cache-cache. Après très exactement 1h22 passées dans Yellowcreek Stories, voici notre ressenti.

Le jeu tente d’emblée d’installer cette atmosphère si particulière des films d’horreur des années 80. On pose nos affaires, on découvre les lieux, puis on part faire quelques courses avant de rentrer préparer tranquillement notre soirée. Pizza, bière, location d’un film, tout semble à peu près normal. Le jeu installe son ambiance avant de faire basculer notre petite escapade dans l’horreur, comme ce que vivent les personnages de La Nuit des morts-vivants de George A. Romero, film loué par notre protagoniste dont on découvre un extrait. Le film est aujourd’hui dans le domaine public, mais c’est toujours amusant de retrouver ce monument du cinéma horrifique dans ce genre de productions. Et quand on apprécie particulièrement Romero, forcément, ça fait plaisir.
Visuellement, le jeu reprend à fond les codes des années 80. L’image est volontairement granuleuse, certaines cinématiques adoptent un rendu VHS et les musiques ainsi que les bruitages renforcent cette impression de regarder un vieux film d’horreur. On pense forcément à Halloween, aux slashers de l’époque et à tous ces films dans lesquels un personnage isolé finit inévitablement par regretter d’avoir choisi de passer quelques jours seul au milieu de nulle part. L’ensemble paraîtra un peu cheap pour certains, mais il faut avouer que ça marche plutôt bien.

Notre personnage s’isole donc pour écrire un roman, ce qui rappelle forcément le génial Shining. Mais rapidement, la comparaison avec Stanley Kubrick laisse place à quelque chose de beaucoup plus proche du slasher classique, et nous allons devoir échapper à un tueur dont la carrure et la machette feraient presque pâlir l’ami Jason Voorhees. À partir de là, le jeu devient essentiellement une expérience de cache-cache. Le joueur doit récupérer différents objets et accomplir quelques objectifs en évitant notre poursuivant. Il faut donc observer ses déplacements, profiter des zones sombres et surtout ne pas se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.
Le problème, c’est que l’intelligence artificielle est extrêmement limitée. Notre tueur possède un seul parcours qu’il répète en boucle, et il est donc facile de comprendre son fonctionnement afin de l’éviter. Pire encore, il peut parfois passer à quelques mètres de nous sans réagir. Certes, le jeu indique qu’on est « caché », mais cela paraît quand même un peu gros. On est donc davantage face à un système entièrement scripté qu’à une véritable chasse entre le joueur et un ennemi intelligent.

Forcément, avec une durée de vie d’un peu plus d’une heure et un petit budget, il faut faire preuve d’indulgence, mais les limitations restent nombreuses : les personnages ne disposent d’aucun doublage, les deux PNJ croisés partagent pratiquement le même visage, les animations sont très rigides et les textures restent extrêmement basiques. Les effets VHS et le grain omniprésent permettent d’ailleurs de masquer un peu tout cela. C’est plutôt malin, mais on voit rapidement que nous sommes face à une production réalisée avec des moyens très limités.
Même la localisation manque parfois de finition. Les sous-titres sont bien disponibles en français, mais certaines lignes basculent en espagnol voire même en anglais. Rien de dramatique pour une expérience aussi courte, mais cela renforce cette impression de manque de finition. On retrouve seulement deux environnements : la cabane et ses alentours, avec un lac qui rappelle évidemment celui de Crystal Lake, ainsi qu’une station-service accompagnée de sa petite boutique. L’ensemble est donc très limité, mais encore une fois, l’ambiance fait beaucoup.
Yellowcreek Stories est un titre correct mais trop cher à nos yeux. D’un côté, nous avons passé 1h22 plutôt sympathique. L’ambiance fonctionne, l’hommage aux slashers est là, les musiques et le sound design font le job et le rendu VHS donne une vraie identité à l’ensemble. On se retrouve presque, pendant une petite heure et demie, dans un film d’horreur interactif à l’ancienne. Mais de l’autre, difficile de fermer les yeux sur les nombreuses limitations techniques, la faible intelligence artificielle, le gameplay extrêmement scripté et surtout la durée de vie. Le jeu est proposé aux alentours d’une dizaine d’euros, et c’est là que le bât blesse. Pour ce prix, l’expérience nous paraît difficile à conseiller. On a parfois davantage l’impression de jouer à une petite création qui aurait pu trouver sa place dans Dreams sur PS4, parmi les nombreuses productions réalisées par la communauté. À moins de cinq euros, pourquoi pas. À dix euros, beaucoup moins.
Les +
- L’ambiance des slashers des années 80
- Le rendu VHS réussi
- Une bande-son et un sound design efficaces
- Les références au cinéma horrifique
- L’utilisation sympathique de La Nuit des morts-vivants
- Une expérience plutôt bien rythmée
Les –
- C’est très court
- L’IA extrêmement limitée
- Un gameplay très scripté
- Des animations rigides
- Des textures et visages basiques
- Des sous-titres parfois mal localisés
- Un prix d’environ 10 euros presque trop élevé
Test rédigé pour Lageekroom et Xbox-gamer.net
