TEST : Onimusha: Way of the Sword, Capcom continue son sans-faute en 2026 ?
Vingt ans, c’est énorme, et c’est la durée qu’il aura fallu attendre avant d’avoir un nouvel épisode d’Onimusha. Capcom a en effet ressorti sa licence du tiroir, une licence que nous avons connue avec le premier opus au début des années 2000 sur PS2, épisode qu’on connaît presque par cœur et qu’on a même refait dans sa version remaster sur PS4. Le 2, on l’avait débuté, mais jamais fini, et il nous était malheureusement tombé des mains. Difficile de se souvenir pourquoi, c’était il y a une vingtaine d’années déjà. Le 3, on le possède dans notre collection avec cette fameuse jaquette et notre Jean Reno national, mais on n’y a jamais touché. Et le 4, on en avait même oublié son existence. Mais voir revenir Onimusha, reste une excellente nouvelle, et cela montre que Capcom, au-delà de ses remakes de Resident Evil, compte bien dépoussiérer quelques licences qu’il a dans sa besace. Et vu l’accueil de ce nouvel épisode (1 million de ventes day-one), ce retour pourrait clairement donner envie à Capcom de continuer sur cette lancée. C’est parti pour notre avis sur la version PS5 Pro du jeu !
Mais Onimusha, c’est quoi ? C’est un jeu qui mélange action, combat, exploration et même une bonne dose horrifique, avec évidemment ce côté Japon féodal et démons qui fait toute l’identité de la série. Dans cet épisode, le joueur incarne Miyamoto Musashi, le célèbre samouraï qui a réellement existé, mais que Capcom réinterprète ici à sa sauce. Et ce qui est intéressant, c’est qu’on ne retrouve pas simplement le Musashi légendaire que tout le monde connaît, car le jeu nous présente un Musashi encore jeune, assez arrogant, nonchalant, provocateur, qui cherche surtout à vivre de son talent au sabre et à faire ses preuves. Il va évidemment se retrouver confronté aux Genma, ces démons qui envahissent Kyoto, et va se retrouver lié à un mystérieux gantelet Oni capable d’absorber les âmes de ses ennemis. Ce gantelet lui confère des pouvoirs considérables, mais il devient également une véritable contrainte pour lui. L’histoire va justement jouer sur cette évolution du personnage et sur la manière dont Musashi va progressivement comprendre qu’il ne peut plus simplement penser à lui-même et qu’il va devoir prendre ses responsabilités. Il est attachant mais également un peu piquant dans ses dialogues, et il y a même quelques échanges assez houleux avec certains personnages. Son écriture est vraiment réussie.
Nous avons terminé le jeu en quasiment 22 heures, ce qui est clairement long par rapport au tout premier, par exemple, qui se finissait en moins de cinq heures. La durée de vie est donc très bonne parce qu’il y a de quoi faire avec pas mal de contenu, mais le jeu souffre aussi d’une certaine répétitivité dans ses objectifs et d’un peu de remplissage (nous y reviendrons). Mais ce que nous avons principalement adoré dans ce nouvel Onimusha, ce sont ses combats. Ils peuvent paraître classiques au premier abord : il y a de l’endurance, on fait des finish, des coups forts, des coups faibles, des contres ou encore des esquives. C’est ce qu’on retrouve dans les autres jeux du genre, mais on se rend rapidement compte que les combats sont hyper jouissifs et toujours très différents. Les animations, déjà, sont excellentes. Par exemple, si un ennemi vous attaque par derrière et que vous vous protégez, le personnage va mettre son sabre en arrière pour stopper le coup. Cela paraît simple dit comme ça, mais dans le feu de l’action, ça claque !
Le timing sera ultra important. Si on maintient la touche pour se protéger, on se protège (normal…), l’endurance baisse, donc cela reste limité. Si on maintient cette touche et qu’on appuie sur la touche croix au bon moment, on effectue une sorte de petit contre qui déstabilise quelque peu l’ennemi, mais il se remet vite de ses émotions. Mais si on appuie au dernier moment sur la touche de parade, là on effectue un contre parfait qui étourdit l’ennemi, et on peut lui faire des dégâts beaucoup plus importants. Et si on attaque pile en même temps que l’ennemi, on déclenche un contre assez puissant. Le timing est donc capital, on peut prendre ou non des risques, et c’est ça qui est excellent !
L’esquive a également une place importante durant les combats, notamment contre les boss ou certaines attaques imparables. Les boss, parlons-en : ils sont excellents ! Les développeurs prouvent même qu’on peut affronter deux boss en même temps sans s’arracher les cheveux, avec des coups vraiment originaux. Le bestiaire est globalement varié et évolue et monte en puissance au cours de l’aventure. Heureusement, on dispose de pouvoirs spéciaux : les talents Oni. Ces pouvoirs peuvent être améliorés grâce aux orbes qu’on aspire avec son gantelet. Attention, elles peuvent être volées par les ennemis, qui peuvent les aspirer pour devenir plus forts voire même muter.
Il faudra donc être concentré sur le combat en cours, les contres, les esquives, la puissance de certains ennemis, mais également penser à aspirer les âmes, parfois se soigner ou utiliser des objets pour booster son attaque ou sa défense. Tout ça met en place une vraie petite stratégie dans les combats, qui les rend au final bien plus complexes qu’ils n’en ont l’air. On peut également transporter des amulettes et des pochons, contenant différents objets pour améliorer sa vie, son endurance ou ses capacités. Les habits peuvent être améliorés au niveau de la vie et de l’endurance, le sabre et le gantelet également, avec cinq niveaux de maîtrise pour chacun. La montée en puissance est clairement efficace. Notez que les combats réservent également quelques interactions assez cool : on peut par exemple utiliser un pilier pour l’exploser sur un ennemi ou lancer des jarres explosives.
Onimusha: Way of the Sword propose une VF de qualité. On peut bien évidemment y jouer avec les voix anglaises ou japonaises, mais la version française est franchement très bonne. Le côté horrifique d’Onimusha avec ses démons, son côté un peu dark et un peu glauque est bien présent, mais se voit agrémenté de quelques touches d’humour. La direction artistique est quant à elle excellente. On est très loin d’un Ghost of Tsushima en termes de couleurs, d’éclats et de visuels, mais Onimusha reste très beau, le moteur graphique de Capcom étant toujours aussi efficace. Ca tourne comme une horloge sur PS5 Pro, en 60 images par seconde avec le ray tracing, avec une direction artistique plus sombre, beaucoup plus marron, grise et orange. C’est moins tape-à-l’œil, ça paraît même un peu terne parfois, mais franchement ça fait son petit effet quand même.
Le jeu propose pas mal d’exploration, et est assez long, comme dit plus haut, mais attention à ne pas confondre contenu et remplissage. Notre hub central, c’est Kyoto, avec des quêtes secondaires, des objectifs et des missions principales, puis on va pouvoir se rendre dans d’autres endroits plus « exotiques » comme un mont ou une forêt de bambous (aux effets de lumière somptueux). On passe globalement pas mal de temps dans le hub, et il faut avouer que les objectifs, passée la douzaine d’heures, se répètent. Fermer des failles pour empêcher les démons de venir, détruire les miasmes, c’est sympa au début, mais on en fait malheureusement vite le tour.
Côté défauts également, on a des énigmes qui sont très basiques ou encore des problèmes de caméra qui peuvent agacer face à certains boss, surtout dans des zones plus cloisonnées. Il y a aussi des aides vocales à l’image des jeux PlayStation first party, où vous avez à peine le temps d’arriver face à une énigme que la voix dans votre gantelet vous dit quoi faire, ce qui gâche un peu le plaisir de la découverte. On aurait aimé pouvoir chercher davantage par nous-mêmes. Et puis dans les choses qui fâchent, on va aussi citer les pics de difficulté. Le jeu est globalement assez accessible pendant ses premières heures, surtout contre le menu fretin, comme le dit si bien notre personnage. On dégomme ces ennemis-là assez facilement et soudainement, on tombe sur un boss qui nous en met plein la poire. On repart du coup grapiller quelques améliorations pour pallier à ça, mais certains combats sont quand même assez tendus.
Précisons tout de même que le jeu n’est absolument pas sur un Souls-like. On est sur un titre qui peut être réglé au niveau de sa difficulté avec quelques options d’accessibilité supplémentaires. Tout le monde peut y trouver son compte, même si la fin reste tout de même assez corsée. D’ailleurs, les 2 dernières heures de jeu sont assez incompréhensibles : on enchaîne quasi tous les boss du jeu à la suite dans un environnement grisâtre assez générique, avant de se faire arracher par le boss de fin. C’est long, pénible, et cela aurait presque pu nous gâcher l’aventure. Pourquoi rallonger la durée de vie comme ça, alors qu’elle était de base déjà très bonne ?
Onimusha: Way of the Sword effectue un retour que nous n’attendions plus vraiment après vingt ans d’absence, mais franchement, quel retour ! Capcom réussit, comme il sait si bien le faire, à moderniser sa licence sans lui faire perdre ce qui faisait son charme : les combats au sabre, les démons, les âmes à absorber, l’ambiance horrifique et ce mélange très particulier entre action, exploration et Japon féodal. Tout n’est pas parfait, avec notamment cette structure parfois répétitive et ces quelques passages qui donnent l’impression de rallonger artificiellement l’aventure. Mais quand le jeu vous met face à un boss et vous demande de maîtriser vos contres, vos esquives et votre timing, ce nouvel Onimusha retrouve toute sa magie et s’avère jubilatoire. Vingt ans plus tard, Onimusha n’est pas simplement de retour : il revient avec l’une des meilleures expériences de combat de la série.
Les +
- Des combats excellents, nerveux et très techniques
- Le système de contres parfaits et d’esquives, basé sur le timing
- Des boss variés et réussis
- Un bestiaire qui monte en puissance
- Les pouvoirs et la gestion des âmes
- Une progression et des améliorations d’équipement bien pensées
- Miyamoto Musashi est un héros attachant, avec beaucoup de personnalité (et des animations faciales très réussies)
- Une VF de bonne qualité
- Excellente direction artistique, sombre et cohérente avec l’univers
- Une ambiance qui mélange efficacement horreur, action et humour
- Très fluide sur PS5 Pro, 60 FPS + ray tracing
- Une aventure assez généreuse avec ses plus de 20 heures
- Une difficulté réglable et accessible à différents profils
- Le plaisir de retrouver Onimusha après 20 ans
Les –
- Une aventure qui tire parfois en longueur
- De la répétitivité dans les objectifs, notamment dans Kyoto
- Quelques passages qui donnent une impression de remplissage
- Des énigmes basiques
- Une caméra parfois pénible, notamment contre certains boss
- Des pics de difficulté assez brutaux
- Des aides vocales qui donnent parfois la solution aux énigmes beaucoup trop rapidement
- Les 2 dernières heures qui enchaînent tous les boss du jeu, vraiment relou
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