Avis BD : Dollars de guerre, une nouvelle mission périlleuse pour Ferdinand Tirancourt
Après Pinard de guerre puis Bagnard de guerre, les éditions Grand Angle nous proposent, en ce mois d’août 2026, de découvrir Dollars de guerre et de retrouver Ferdinand Tirancourt, cet ancien bagnard et déserteur qui pensait avoir laissé la guerre derrière lui. Une nouvelle mission pour un nouvel ouvrage, que nous avons eu la chance de recevoir de la part de l’éditeur. C’est parti pour notre avis !
Synopsis : Ancien bagnard et déserteur, Ferdinand Tirancourt pensait avoir laissé la guerre derrière lui. Après le Mexique et les hommes de Pancho Villa, le voilà renvoyé en France sous uniforme américain et une fausse identité. Reconnu par un officier français qui le fait chanter, Ferdinand est contraint d’accepter une mission suicide au cœur de la bataille du bois de Belleau, le premier engagement majeur de l’histoire du Corps des Marines.. Aux côtés de Talako, un Indien Choctaw dont la langue sert de code secret, et de Virgil, un tireur d’élite afro-américain victime du racisme de ses propres frères d’armes, il replonge dans l’enfer des combats… Sous les obus, dans les gaz et la boue, Ferdinand devra choisir : fuir une fois de plus… ou défendre ceux que l’armée condamne déjà. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.

Toujours signé Philippe Pelaez au scénario et Francis Porcel au dessin, ce troisième volet poursuit cette fresque historique mêlant fiction et événements réels avec un vrai souci de crédibilité et de réalisme. La série s’appuie une nouvelle fois sur un contexte parfaitement documenté pour plonger le lecteur au cœur des derniers mois de la Première Guerre mondiale. Après le Mexique, Ferdinand est renvoyé en France sous uniforme américain et sous une fausse identité, même s’il n’est pas forcément très à l’aise avec l’anglais (et c’est peu de le dire). Il fait de son mieux, mais il est rapidement reconnu par un officier français qui décide de le faire chanter et lui confie une mission quasiment suicidaire au cœur de la bataille du bois de Belleau. Pour cette opération, il est associé à Talaco, un Amérindien, et Virgile, un tireur d’élite afro-américain. Un trio improbable qui va devoir infiltrer les lignes ennemies pour une mission sous haute tension.
Concrètement, Ferdinand vit incognito depuis plusieurs mois et il a démontré une incroyable capacité à sortir de situations désespérées. Il l’a été dans les tranchées, durant son évasion du bagne de Guyane, et cette réputation finit logiquement par le rattraper. Cette fois, l’objectif concerne les communications allemandes. Durant la Première Guerre mondiale, la maîtrise des transmissions est devenue un enjeu stratégique majeur. Les armées utilisent de plus en plus les communications radio et les systèmes de chiffrement pour transmettre leurs ordres, tandis que chaque camp tente d’intercepter et de décrypter les messages adverses afin d’obtenir un avantage tactique. La mission de Ferdinand et de ses compagnons consiste justement à empêcher les Allemands de conserver cette supériorité dans le renseignement.

L’ouvrage est visuellement très abouti. Les décors sont détaillés, les visages sont très réussis avec énormément d’expressions dans les regards, et les scènes de guerre bénéficient d’une mise en scène particulièrement inspirée. Les différents points de vue donnent beaucoup de dynamisme aux affrontements, tandis que le travail sur les couleurs participe énormément à l’immersion. Les nombreuses teintes de vert utilisées dans les séquences en forêt retranscrivent parfaitement l’atmosphère oppressante du bois de Belleau. Et puis il y a des thèmes très forts qui sont abordés. Bien évidemment la guerre, mais aussi la liberté, le poids du destin et surtout le racisme. Talaco et Virgile, en tant qu’Amérindien et soldat afro-américain, subissent régulièrement les préjugés de leur époque, ce qui donne encore davantage de relief à ce trio aussi improbable qu’attachant.
Ce nouvel album est une nouvelle fois très accrocheur, et on le dévore clairement du début à la fin. On n’en attendait pas moins de cette collection des éditions Grand Angle, qui nous a rarement déçus. Une nouvelle fois, Dollars de guerre s’impose comme une véritable réussite, portée par une reconstitution historique soignée, une narration efficace et des personnages toujours aussi intéressants à suivre.
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