Avis BD Glénat : Guerres Secrètes – Tomes 1 et 2
C’est d’une série de bandes dessinées dont nous allons parler aujourd’hui avec la découverte des deux premiers tomes de « Guerres Secrètes », disponibles depuis le 15 avril aux éditions Glénat. Concrètement, on nous propose de plonger dans les coulisses des services secrets avec la découverte de récits prenant place durant des conflits majeurs. L’ensemble est supervisé par Philippe Richelle, qui s’occupe des scénarios, et chaque ouvrage est illustré par un dessinateur différent et peut être découvert de manière indépendante. C’est parti pour notre avis !
Synopsis du tome 1 – L’homme qui trahit Hitler : 1931. Dans une Allemagne ruinée par la guerre, Hans-Thilo Schmidt, ancien chimiste accepte un poste modeste au ministère de la Défense sans savoir qu’il va bientôt travailler avec une machine révolutionnaire. « Enigma » sert à chiffrer des messages secrets. Alors qu’Enigma devient l’outil stratégique numéro 1 pour le régime nazi, ce discret employé entame une double vie et n’hésite pas à transmettre des informations capitales à l’armée française sous le nom de code Asche ! Entre manipulations, trahisons et jeux d’influence, ce père de famille en apparence fidèle au régime, va devenir la pièce maîtresse d’un affrontement souterrain où le moindre faux pas peut se révéler fatal… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.

Le premier tome de « Guerres Secrètes », intitulé « L’homme qui trahit Hitler » a pour contexte historique la montée du fascisme en Allemagne et la Seconde Guerre mondiale, même si les enjeux et les motivations du personnage principal, Hans-Thilo Schmidt, prennent leurs racines dans la Grande Guerre. On s’attendait à une belle fidélité historique, et c’est totalement le cas, mais c’est l’aspect polar/espionnage qui est largement mis en avant et qui convainc le plus. Jeux d’influence, lutte de pouvoir, trahisons, dommages collatéraux, amitié et vie de famille : de nombreux thèmes sont abordés et l’ensemble s’avère vraiment accrocheur. Hans-Thilo Schmidt n’est pas un héros, mais un homme aux convictions fortes (qui évoluent avec le temps d’ailleurs), et dont les actions auront une importance capitale dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Si on aime le genre, aucune raison de ne pas s’immerger dans le récit !
Jorge Miguel s’est occupé de la partie visuelle, et c’est très réussi en termes de visages avec un certain réalisme et des expressions détaillées. Certains décors (intérieurs comme extérieurs) ont bénéficié de beaucoup de soin également, mais on doit avouer qu’on aurait aimé davantage de plans larges. Mais ce découpage plus resserré colle parfaitement à l’ambiance de l’ouvrage, qui nous coupe souvent la respiration avec un étau qui se resserre autour de Hans et une tension qui ne retombe pas. Clairement, on démarre sur de bonnes bases avec ce premier récit, solide historiquement mais qui se concentre sur des événements bien précis et vraiment passionnants. Certains ont marqué l’Histoire, et Hans-Thilo Schmidt en fait partie, et nous avons découvert, grâce à cette bande dessinée, les exploits d’un homme considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands espions du XXe siècle.
Ça vient de sortir aux éditions Glénat :
- Avis BD Glénat : Le Pépère (histoire complète d’Emmanuel Moynot)
- Avis BD Glénat : Le choc des Tyrans – Tome 1
Synopsis du tome 2 – La boutique aux horreurs : 1953. États-Unis. Bill Barney a toujours été un jeune homme soucieux de servir son pays. De retour de la guerre de Corée, son idéal patriotique le pousse à devenir agent de la CIA. Mais il est loin de se douter que sa mission va le plonger dans un univers cauchemardesque… Car MK-Ultra, l’obscur programme auquel il va participer, utilise une nouvelle méthode : la soumission chimique ! À travers ces recherches top secrètes, le gouvernement américain n’a qu’un objectif : découvrir comment modifier l’esprit humain et en prendre le contrôle. En assistant le docteur Gottlieb, cheville ouvrière du Programme, Barney va bientôt comprendre que tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins : thérapie du sommeil, médicaments, LSD, électrochocs… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.

Après l’histoire de Hans-Thilo Schmidt prenant place durant la Seconde Guerre mondiale, le tome 2 de la série « Guerres Secrètes » se penche sur des expérimentations réalisées par le gouvernement américain durant la Guerre froide. Un changement de contexte radical, qui nous embarque cette fois dans une période tout aussi tendue marquée par la peur, la paranoïa et des méthodes pour le moins discutables. Si Philippe Richelle est toujours au scénario (il va s’occuper de toute la série), c’est désormais Steven Lejeune qui s’occupe de la partie visuelle, avec un rendu bien différent du tome précédent. Et ce changement fonctionne plutôt bien, avec de nombreux décors et des visages plus lisses mais qui ne manquent pas d’expressions pour autant. Le trait colle parfaitement au ton du récit, qui aborde des thématiques particulièrement dérangeantes. Il est question ici d’expériences menées dans l’ombre, de manipulations mentales et de dérives scientifiques au nom de la sécurité nationale. On plonge dans une ambiance oppressante, où la morale est constamment mise à mal.
Aux personnages bien réels s’ajoutent les personnages fictifs de Bill Barney (néanmoins inspiré de l’agent William Buckley qui servit le Dr Gottlieb durant la durée de MK-Ultra) et Janis, nécessaires à la narration. Mais notez que tous les autres faits rapportés sont bien réels, et surtout très documentés. En effet, comme pour le premier tome, l’aspect historique est solide, et l’on sent un vrai travail de documentation derrière le récit. Mais une nouvelle fois, c’est la dimension thriller/espionnage qui prend le dessus, avec un rythme bien maîtrisé et une tension qui monte progressivement. Les personnages, parfois difficiles à cerner, évoluent dans une zone grise où les intentions ne sont jamais totalement claires, ce qui renforce totalement l’immersion. Un deuxième tome différent du premier dans son contexte et dans sa patte graphique, mais tout aussi intéressant à découvrir.
Lageekroom
