Avis : La Belgica – Le Chant de la sirène, aux éditions Anspach

Nous avons eu la chance, au mois d’avril dernier, de recevoir l’excellente bande-dessinée « Jylland » en provenance de Belgique et des éditions Anspach plus précisément. En cette rentrée 2021, l’éditeur nous propose de découvrir un ouvrage très différent mais tout aussi accrocheur, qui nous embarque dans une expédition vers l’Antarctique. Ce récit de fiction est signé Toni Bruno, et sera disponible le 10 septembre prochain en France (le 15 septembre chez nos amis belges). Nous avons dévoré ce premier tome (deux volumes sont au programme), et il est temps de vous en parler.


Avis : La Belgica - Le Chant de la sirène, aux éditions AnspachSynopsis : Un vieux baleinier réaménagé pour une mission d’exploration extrême, en Antarctique. Un équipage démotivé, dubitatif quant à l’issue de l’expédition. Un Commandant intègre et deux explorateurs qui ne savent pas encore qu’ils sont destinés à devenir des légendes. Nous sommes en 1897. Jean Jansen na rien à voir avec cette histoire, mais il se retrouve à bord et devra faire un bout de chemin avec cet équipage. En cherchant le chemin du retour, il trouvera le véritable sens de sa vie. Toni Bruno crée un récit de fiction au cœur dune histoire réelle, celle de l’Expédition Belge en Antarctique d’Adrien de Gerlache, devenue légendaire.


Avis : La Belgica - Le Chant de la sirène, aux éditions Anspach


Si « La Belgica – Le Chant de la sirène » est un récit de fiction, il se base sur des faits bien réels, en témoignent les 16 pages présentes en fin de tome, qui reviennent sur l’expédition et ses individus clés. Un journal de bord passionnant, qui nous explique pourquoi l’auteur s’est lancé dans ce récit, après avoir été lui-même embarqué dans cette histoire assez incroyable. Le Belgica et les membres de son équipage participaient à une expédition en direction de l’Antarctique se déroulant entre 1897 et 1899. Bloqué dans les glaces pendant plus d’un an, l’équipage « a été le premier à passer tout un hiver dans les eaux antarctiques et à survivre aux mille-six-cents heures d’une nuit polaire sans fin ». C’est ce que l’on peut lire, avec une certaine inquiétude, à la fin de ce premier tome qui revient sur cette expérience humaine, aussi intense que difficile à vivre (on notera d’ailleurs que l’expédition a fait l’objet d’études sur le comportement humain dans des condition extrêmes). L’auteur se base donc sur ces faits réels, mais y inclut une histoire, celle de Jean, un jeune docker embarqué malgré lui sur le bateau. Mais alors qu’on lui propose de débarquer du baleinier lors d’une escale et de rentrer chez lui retrouver la femme qu’il aime, Jean décide de rester à bord et de poursuivre l’aventure. Et pourtant, rien n’est facile, et la cohabitation avec les norvégiens est tendue, la barrière de la langue étant difficile à contourner. « La plupart des membres sont norvégiens. Difficile de savoir s’ils t’insultent ou s’ils te disent bonjour ». Mais Jean s’accroche, lui qui doit travailler comme tous les membres de l’équipage, et qui s’est vu attribué la garde des chiens.

La traversée est difficile, on frôle parfois la mutinerie, les rations diminuent à vue d’œil… On se demande bien comment cette mission va pouvoir se terminer. La narration offre d’ailleurs un aperçu de ce qu’il va se passer, lors d’une séquence durant laquelle les matelots sont bien mal en point à cause des températures extrêmes qu’ils doivent affronter. Le récit est dans l’ensemble très fluide, malgré des premières pages parfois un peu confuses. Mais lorsque Jean se réveille dans le baleinier et que son aventure démarre, tout prend sens. Notre jeune héros va grandir, apprendre, et sa vie va être chamboulée à jamais. Bien évidemment, il existe des enjeux économiques derrière l’expédition, et certains personnages tirant les ficelles nous sont présentés. Suspendre le financement de l’expédition et remanier l’équipage semble même être au programme… Ce premier tome de « La Belgica » nous propose une histoire qui change de l’ordinaire, et le récit fictif de Toni Bruno, mettant en scène Jean, s’intègre très bien à l’ensemble et aux faits réels. Les personnages sont travaillés et bien écrits, et le coup de crayon de l’auteur apporte une sacrée fraîcheur, changeant lui aussi de ce qu’on a l’habitude de voir. Toni Bruno a opté pour un style visuel qu’il nous explique dans le carnet graphique en fin de tome : « le choix du style graphique n’a pas été aussi immédiat. Au départ, j’avais tout imaginé en noir et blanc, mais après les premiers tests, j’ai senti qu’il manquait quelque chose. J’ai alors essayé avec la couleur, mais je n’étais toujours pas satisfait… J’ai essayé la demi-teinte et je suis instantanément tombé amoureux ». Le résultat est saisissant, immersif, et les décors sont souvent sublimes. Les visages ne manquent pas de détails, même s’il est parfois difficile de bien s’y retrouver, les personnages étant nombreux. Au final, et même si le découpage est très classique, l’ensemble est très beau, et le format de l’ouvrage (en 18×25) le rend agréable à prendre en main.


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« La Belgica » est un ouvrage aussi beau visuellement (si on accroche au style graphique bien entendu) qu’accrocheur, et le récit fictif de notre jeune héros Jean s’intègre parfaitement avec les faits réels de cette expédition légendaire. Avec sa galerie de personnages bien écrits, ses rebondissements, et un aspect historique intéressant, ce premier tome convainc totalement, et nous allons attendre la suite avec une grande impatience. Un bien bel ouvrage, à découvrir aux éditions Anspach dès le 10 septembre prochain.


Lageekroom

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