Avis BD Glénat : Larkia (one-shot)

Fruit de la collaboration entre Ingrid Chabbert (scénariste) et Patricio Angel Delpeche (dessinateur et coloriste), « Larkia » est un one-shot à paraître le 24 mars 2021 aux éditions Glénat. Nous avons eu la chance de recevoir la bande-dessinée un peu en avance afin de vous en parler, et c’est un monde post-apocalyptique peu accueillant qui s’est rapidement dévoilé à nous. Mais c’est surtout l’héroïne de l’ouvrage qui nous a marqués, une femme forte qui va tout faire pour survivre avec son bébé dans ce monde hostile. Avons-nous reçu un véritable « coup de poing » comme nous l’annonce l’éditeur ? C’est ce que nous allons voir !


Avis BD Glénat : Larkia (one-shot) blog bande dessinée lageekroomSynopsis : La société a implosé. Les années, en passant, ont transformé les villes en cimetières où seul règne le silence. L’horizon n’offre désormais au regard qu’un désert de misère et dans ce contexte, Larkia accouche d’un petit garçon bien décidé à vivre, mais dont les yeux restent clos. Le lendemain de sa naissance, alors qu’elle se remet à peine de l’opération, ils sont tous deux pris en chasse par des miliciens aussi enragés que surarmés. Sans relâche, la mère et l’enfant fuient, car ni repos, ni réponses ne leur sont accordés. Quelque part, dans le passé, se trouve une explication… l’origine de cette course poursuite violente et insensée. Pur récit de genre dans un contexte post-apocalyptique. Larkia est un one shot « coup de poing » nerveux et frénétique aux délicieux relents de Mad Max. De l’action brutale et explosive se dégage une réflexion sur l’égalité des genres illustrée par un dessin expressif et flamboyant. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur à cette adresse.


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La sortie du dernier épisode de Mad Max en 2015 (nommé Fury Road et toujours réalisé par George Miller) nous a flanqués une sacrée baffe, aussi bien visuelle qu’au niveau de son action frénétique et rythmée. Une véritable course-poursuite de 2h, mettant en scène un univers incroyable et des personnages pour le moins atypiques. Mais le véritable héros de ce film est à nos yeux une héroïne, et Max, interprété par Tom Hardy, est passé au second plan derrière l’excellente prestation de Charlize Theron en Furiosa. Et c’est ce personnage féminin fort qui a également marqué la scénariste de notre ouvrage du jour. La préface de « Larkia » en dit d’ailleurs long sur les intentions d’Ingrid Chabbert. Cette dernière, habituée à des œuvres destinées à la jeunesse, nous propose ici un scénario plus adulte, plus mature, et parfois sans pitié ! L’univers de « Larkia » est sale, dur, violent et souvent sombre, mais l’héroïne s’accroche à la vie pour sauver son enfant. Le récit débute d’ailleurs sur son accouchement douloureux, aidée par la vieille Thesy. Larkia en a bavé pour mettre son petit garçon au monde, un enfant apparemment spécial « aux yeux fermés ». Le lendemain de la naissance du bébé, Larkia se remet à peine de l’intervention de Thesy qui a du la recoudre. Mais la vieille femme est décédée dans la nuit, et Larkia se retrouve désormais seule avec son bébé… pourchassée par des miliciens voulant lui prendre l’enfant. Larkia décide de se rendre chez « le boucher » pour qu’il puisse l’aider à se remettre de ses blessures. Mais avec les miliciens aux fesses, rien n’est simple, et ces salopards ne comptent lui faire aucun cadeau. Pourquoi son enfant est-il si important ? Et comment Larkia en est-elle arrivée là, seule et sans sa famille ? C’est ce que nous allons découvrir dans ce one-shot à la narration vraiment intéressante, qui propose quelques flashbacks permettant de mieux comprendre le contexte et les enjeux.

Le périple de Larkia est intense, du début à la fin. Chaque rencontre peut cacher une menace potentielle, tandis que les miliciens ne lâchent pas le morceau et comptent bien lui faire la peau. On découvre donc des scènes d’action vraiment classes, et la violence est au rendez-vous ! Coup de couteau dans la gorge, balle de sniper en pleine poire : Larkia est une femme qui ne se laissera pas marcher dessus, et protéger son enfant est son objectif principal. Oui, Larkia est une femme forte, mais elle ne tombe pas dans certains clichés habituels et souffre elle aussi de tous ces événements, aussi bien mentalement que physiquement. Sa quête est éprouvante, et on se demande souvent si elle parviendra à l’accomplir. L’ambiance est vraiment immersive, et le choix des couleurs de Patricio Angel Delpeche fait mouche. On alterne entre des couleurs chaudes (la course-poursuite dans le désert) et froides (la séquence chez le boucher) avec une belle cohérence, et le travail sur les personnages est excellent. Une certaine tension se dégage des différentes séquences, notamment lorsque Larkia se retrouve acculée dans un restaurant (un Diner) par ses poursuivants. On pourra malgré tout regretter que l’ouvrage soit si peu bavard. Certes, cette simplicité dans les dialogues et le fait qu’ils aillent droit au but rendent le tout dynamique (et on évite les temps morts), mais nous aurions aimé en savoir plus sur certains personnages ou l’univers en général. On notera pour terminer que la bande-dessinée se termine par une interview des auteurs ainsi qu’une sélection de croquis et d’illustrations.


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Parfois brutale et violente, notre héroïne Larkia est avant tout une femme forte qui souhaite à tout prix protéger son bébé, traqué par les miliciens. Ingrid Chabbert a souhaité proposer un personnage féminin fort, et c’est réussi ! Larkia ne recule devant rien pour sauver son enfant, et le rythme de sa quête ne faiblit à aucun moment. Visuellement très chouette, « Larkia » est un ouvrage qui sait également rester mystérieux quant à son récit, et on aurait presque aimé en découvrir encore plus ! Le monde pensé par Ingrid Chabbert et mis en scène par Patricio Angel Delpeche est quoiqu’il en soit très immersif et bien écrit, bénéficiant d’une très belle colorisation. C’est peut-être un peu court à lire compte-tenu des 19€ demandés à l’achat, mais le coup de poing est bel et bien là !


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