TEST : Halloween: The Game, un vrai plaisir coupable sous le masque de Michael Myers

Après Vendredi 13, Predator, Killer Klowns ou encore Ghostbusters, les développeurs d’IllFonic continuent sur leur lancée en adaptant une nouvelle fois une licence cinématographique en jeu vidéo. Et cette fois-ci, ils ont choisi Halloween. Voir Michael Myers débarquer dans un jeu vidéo, forcément, ça nous réjouissait, d’autant plus que lors de l’annonce, un mode solo avait été annoncé par la même occasion. On avait donc un peu d’espoir, même si on ne se faisait pas non plus d’énormes illusions. Alors que vaut ce mode solo ? Et en multi, ça donne quoi ? C’est ce que nous allons voir avec notre test de la version PS5 Pro du jeu. C’est parti !


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Généralement (voire systématiquement), les jeux comme Halloween: The Game reposent uniquement sur du multijoueur asymétrique, avec un personnage contre trois ou quatre joueurs, comme Dead by Daylight ou encore Massacre à la tronçonneuse. Mais dans notre jeu du jour, nous avons droit à un petit mode solo qui nous permet de vivre l’évasion de Michael de Smith’s Grove, puis plusieurs chapitres qui nous emmènent sur les traces des événements du film de Carpenter, jusqu’à Haddonfield et sa maison d’enfance (avec même quelques scènes inédites). Alors, fanboyisme et nostalgie mis à part, avouons que ce solo est extrêmement limité et se termine en 1h30, 2h grand maximum, même si les développeurs ont essayé de meubler entre les séquences cultes avec des maps de Haddonfield dans lesquelles on doit massacrer les habitants.



Dans ce petit mode solo, le joueur incarne uniquement Michael, et c’est finalement un gros tutoriel pour apprendre ses mécaniques : le Killer Sense permet de repérer les victimes et de les traquer, en vue à la première personne (avec la respiration du tueur en prime) pour faire monter une jauge et ainsi débloquer des assassinats de plus en plus variés. Le Shape Jump permet de son côté à Michael de se déplacer dans l’ombre et de surgir de manière beaucoup plus imprévisible, ou encore de traverser les portes ou fenêtres des maisons non éclairées. L’effet est d’ailleurs vraiment sympa. Il possède également des capacités spéciales qui lui permettent par exemple de fondre sur une victime, de plonger Haddonfield dans le noir, de repérer temporairement les habitants, de lancer un couteau ou encore de désorienter ses adversaires, mais tout ça, c’est dans le multijoueur que vous en tirerez vraiment parti.

Le gameplay reste assez rigide, l’IA n’est vraiment pas folle, mais l’ambiance est vraiment cool. Les musiques reprennent évidemment les thèmes cultes de Carpenter et, surtout, incarner Michael Myers avec sa démarche si reconnaissable, c’est quand même un petit (gros) plaisir de fan. En dehors du scénario, on peut également jouer Michael hors ligne sur différentes cartes et traquer des cibles principales et secondaires. Plus on les observe, plus on fait monter notre jauge comme dit plus haut, ce qui débloque ensuite des assassinats de plus en plus brutaux : coups de couteau, étranglements, projections à travers les fenêtres ou encore finishs avec différents objets du décor (des finishs qui rappellent l’excellent The Punisher sorti en 2005 sur PC, PS2 et Xbox). C’est violent, parfois assez jouissif, et franchement marrant. Ça ne justifie clairement pas à lui seul les 40-50 euros demandés, mais heureusement, le multijoueur apporte quand même beaucoup plus de matière.



Car vous vous en doutez, le cœur du jeu reste bien évidemment son mode asymétrique à 1 contre 4, avec un joueur qui incarne Michael et quatre autres qui jouent des civils. Et sur le papier, le principe est assez classique : Michael doit traquer tout ce qui bouge tandis que les civils doivent fouiller Haddonfield, prévenir les habitants (à l’IA, on le répète, très discutable), récupérer des objets, appeler la police et essayer de trouver une des différentes possibilités de fuite. Chaque civil possède en plus ses propres caractéristiques et capacités, ce qui permet de composer une équipe avec des rôles différents. Ils peuvent récupérer des armes, tendre des pièges, se défendre contre Michael et surtout jouer ensemble pour sauver les habitants et organiser leur fuite, tout en lui mettant plein la tronche.

Michael, lui, doit vraiment jouer sur la traque : il peut observer une victime pour faire monter sa jauge, se déplacer dans les ténèbres grâce au Shape Jump, utiliser le Shape Dash pour fondre sur quelqu’un et équiper différentes capacités comme le Blackout ou le Detection Pulse pour couper certaines technologies ou repérer les victimes. Et c’est justement là que le jeu devient beaucoup plus intéressant entre potes, parce que malgré ses défauts, ses bugs, son manque de finition et certaines mécaniques beaucoup moins poussées que chez la concurrence, on se marre vraiment, et c’est clairement là le principal.



Une partie peut vite partir en vrille : un joueur se fait poursuivre dans une maison, un autre essaie d’appeler la police, quelqu’un revient sauver un pote, Michael surgit de nulle part (et fait hurler tout le monde), les joueurs paniquent et finissent par courir dans tous les sens ou foutre le camp en vélo. Et quand les civils commencent à bien maîtriser leurs personnages, il y a vraiment des situations assez folles, notamment avec les interventions de la police ou du docteur Loomis qui peuvent compliquer la vie de Michael.

Bref, ce n’est clairement pas le jeu le plus abouti du genre, mais il possède ce côté petit plaisir coupable entre amis qui fonctionne vraiment bien. Visuellement par contre, ce n’est pas foufou. Halloween: The Game ne tourne qu’en 30 images par seconde, même sur PS5 Pro, les animations sont raides, il y a des bugs de collision, et on reste sur un ensemble assez basique. Cela reste correct, et le jeu reprend surtout l’esthétique du film de Carpenter, mais l’ambiance, les musiques et surtout le plaisir d’incarner Michael font le boulot. Halloween est donc loin d’être parfait et ne justifie peut-être pas totalement son prix, mais pour les fans de la licence et surtout pour quelques soirées entre potes, il y a clairement moyen de se faire quelques bonnes parties. L’envie de faire progresser ses personnages et de grapiller des skins et de l’expérience est en tout cas bien présente.



Halloween: The Game est clairement un jeu qui s’adresse avant tout aux fans de Michael Myers et aux joueurs qui comptent profiter du multijoueur. Son mode solo est beaucoup trop court et ressemble davantage à une grosse introduction aux mécaniques qu’à une véritable campagne, mais il permet malgré tout de revivre quelques moments emblématiques du premier film de 1978. En revanche, une fois entre amis, le jeu prend une toute autre dimension, forcément : malgré ses bugs, son manque de finition et ses limites, les parties peuvent rapidement devenir complètement chaotiques et surtout très marrantes. Ce n’est certainement pas le jeu le plus abouti d’IllFonic, mais il possède ce petit côté plaisir coupable qui fait qu’on passe finalement un bon moment avec le masque de Michael Myers.


Les +

  • Incarner Michael Myers et retrouver sa démarche, ses animations et ses exécutions cultes
  • Une ambiance très fidèle à Carpenter, avec les musiques originales
  • Les séquences inspirées du film, très sympathiques pour les fans
  • Un multijoueur souvent fun entre amis, avec beaucoup de situations imprévisibles et franchement marrantes
  • Les différentes capacités de Michael et les possibilités offertes aux civils
  • Des personnages civils complémentaires, qui permettent de bien jouer en équipe
  • Haddonfield et l’ambiance Halloween bien retranscrits
  • Un mode solo qui a le mérite d’exister…

Les –

  • … Mais qui ne dure qu’1h30 à 2h maximum
  • Une IA assez limitée
  • Des sensations de gameplay rigides
  • Beaucoup de bugs et de problèmes de finition
  • Techniquement assez moyen (et en 30fps)
  • Des mécaniques moins riches que chez certains concurrents du genre
  • Vendu un peu cher, car pour le moment, on en fait vite le tour

Halloween: The Game


Lageekroom

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