TEST : Warrior Cats: Clans of the Forest, un RPG félin sympathique, mais trop classique
L’adaptation vidéoludique de La Guerre des clans, la célèbre saga de romans écrite sous le pseudonyme d’Erin Hunter, a débarqué le 23 octobre dernier sur nos consoles avec Warrior Cats: Clans of the Forest. Développé par Bamtang Games, ce RPG nous plonge dans l’univers des clans de chats guerriers, avec quatre aventures imaginées spécialement pour le jeu. Au programme : exploration, rivalités entre félins, prophéties et combats au tour par tour. Mais cette adaptation est-elle parvenue à nous faire vibrer les moustaches ? C’est parti pour notre avis !
On a toujours eu un petit faible pour les jeux vidéo dans lesquels on incarne un animal, que ce soit un toutou dans Dog’s Life sur PS2, un chat dans Stray ou encore le petit marcassin Boris dans Adorable Adventure. Aujourd’hui, on retrouve nos amis les chats dans Warrior Cats: Clans of the Forest, un RPG pur et dur qui reprend tous les codes du genre : de l’exploration, des relations avec nos compagnons, des guerres entre les différents clans et, bien sûr, des combats au tour par tour. On ne connaissait pas du tout les romans, mais les lecteurs de la saga retrouveront forcément de nombreux éléments familiers.

Warrior Cats: Clans of the Forest propose une grande carte et quatre clans à choisir au début de l’aventure : le Vent, la Rivière, l’Ombre ou le Tonnerre. Chaque clan possède sa propre histoire, ce qui nous donne quatre aventures différentes. Il faut compter entre huit et dix heures pour terminer chacune d’entre elles, même si de nombreuses missions sont identiques. Ce qui change principalement, ce sont certains personnages, les visuels et la direction artistique des différents territoires. L’histoire reprend les ingrédients qui ont fait le sel de la saga, avec les relations entre félins, les prophéties, les guerres et les rivalités. Les connaisseurs reconnaîtront les lieux et certains personnages emblématiques. Et, honnêtement, la durée de vie est plutôt généreuse pour le genre.
Avant de partir à l’aventure, on commence par créer son personnage et définir ses caractéristiques. Notre chat pourra être plus ou moins courageux, fort ou instinctif, avec des aptitudes qui influenceront notamment ses performances en combat. On peut ensuite personnaliser son apparence en choisissant son pelage, ses oreilles ou encore ses yeux. Il est également possible de débloquer des objets et de fabriquer des décorations pour aménager sa tanière et améliorer son petit chez-soi. Attention toutefois, le système est assez étonnant : certaines améliorations nécessitent du temps réel pour être fabriquées. Si le jeu annonce 48 heures pour créer un élément, il faudra réellement attendre 48 heures. En relançant le jeu deux jours plus tard, on retrouvera donc notre décoration terminée !

Le jeu consiste donc à explorer les territoires, réaliser des quêtes principales et secondaires, relever des défis et gagner en influence au sein de son clan. Et puisqu’on incarne un petit chat, on peut courir, sauter, grimper aux arbres ou encore ramper pour surprendre ses ennemis et prendre l’avantage au début d’un combat. Quelques petites énigmes environnementales viennent également ponctuer l’exploration, et les territoires varient selon le clan choisi : on pourra ainsi traverser des marais, des forêts et d’autres environnements bien différents. Les décors sont plutôt charmants et certains lieux sont même très jolis, au point qu’on a bien profité du mode photo. Malheureusement, l’exploration reste globalement assez vide. On se contente souvent d’aller d’un point A à un point B, en suivant les marqueurs de quête affichés sur la carte ou notre odorat. Le jeu propose bien quelques interactions et de petites activités, mais il est difficile de se perdre réellement dans cet univers tant les déplacements sont souvent guidés par les objectifs.
Les combats se déroulent au tour par tour et restent très classiques : on attaque, puis c’est au tour de l’adversaire On dispose de différentes actions, des coups de patte au lancer de terre ou de cailloux, et de nouvelles attaques se débloquent au fil de la progression, permettant parfois d’attaquer plusieurs adversaires en même temps. Certaines batailles se déroulent en duo ou en trio avec d’autres chats, mais ces compagnons sont imposés par l’histoire. On peut également utiliser des objets de soin et choisir différentes postures en fonction de la situation. La posture offensive permet d’attaquer, la défensive de se protéger, tandis que la posture stratégique mise sur des mouvements plus agiles pour désorienter l’adversaire. Cette dernière est notamment efficace contre les ennemis qui adoptent une posture défensive. Les affrontements prennent en compte plusieurs états et altérations : on peut être étourdi, empoisonné, aveuglé, enragé, stressé ou encore épuisé. Il faut alors adapter sa stratégie et utiliser les bons objets ou mouvements pour se sortir de ces situations. Et si le combat tourne vraiment mal, on peut toujours tenter la fuite. Il y a donc un petit aspect stratégique, même si l’ensemble reste assez accessible.

En dehors des combats, on trouve plusieurs éléments interactifs permettant de récupérer des matériaux pour l’artisanat. On peut notamment faire ses griffes sur des troncs d’arbres ou des rochers, puis échanger certaines ressources avec le guérisseur du camp afin d’obtenir des objets plus intéressants. Il faut également veiller à ce que le clan ne manque pas de nourriture en ramenant des proies, comme de petites souris, pour nourrir ses membres. La progression passe aussi par un PNJ chargé de nous apprendre de nouveaux mouvements et par un terrain d’entraînement qui permet de renforcer notre personnage. En résumé, les mécaniques sont simples : on court, on saute, on collecte, on grimpe, on se fait discret et on attaque. Le jeu propose plusieurs modes, avec un mode Prophétie qui constitue l’aventure principale, dans laquelle il faut devenir chef et atteindre le Clan des Étoiles. Un mode Escarmouche permet de défier d’autres joueurs au combat, tandis qu’un mode Défenseur propose d’enchaîner les affrontements dans le cadre d’un défi.
L’histoire principale s’accompagne aussi de nombreux dialogues et de caractéristiques sociales qui se débloquent au fil de la progression. Celles-ci peuvent influencer légèrement certaines conversations et certaines quêtes. D’autres traits apportent des bonus lors de l’exploration ou de la collecte de ressources, tandis que des liens peuvent se développer avec nos camarades. Sur le papier, tout cela paraît plutôt intéressant et donne l’impression d’un RPG doté de plusieurs systèmes qui se complètent. Malheureusement, dans les faits, l’exécution reste extrêmement classique. On passe d’un objectif à l’autre, on suit les quêtes et on a parfois du mal à se passionner pour l’histoire, d’autant que les aventures des quatre clans reposent globalement sur les mêmes missions.

Les combats sont classiques, certes, mais ils restent malgré tout efficaces et grimpent en difficulté (on passe rapidement de petits rats à des dobermans bien énervés). On aurait cependant aimé un peu plus de folie. Il y avait sans doute moyen de proposer des affrontements plus amusants, plus décalés ou tout simplement plus originaux. De notre côté, on a préféré avancer par petites sessions d’environ une heure, car la répétitivité peut rapidement pointer le bout de son nez. Sur le plan visuel, le bilan est lui aussi mitigé. Les décors sont charmants, certains environnements sont vraiment réussis et la variété des territoires apporte un peu de fraîcheur, mais les chats sont de leur côté beaucoup plus inégaux : certains sont mignons et agréables à regarder, tandis que d’autres sont franchement ratés. Les animations manquent également de souplesse et paraissent assez raides.
Et puis, il faut qu’on parle des musiques. Avec toutes nos excuses aux compositeurs, on les a trouvées extrêmement répétitives et franchement pénibles à la longue. On a rapidement fini par couper complètement la musique dans les options. Paradoxalement, l’ambiance nous a alors semblé plus agréable, puisque l’on pouvait profiter des chants des oiseaux et des petits sons qui composent l’environnement. Le sound design apporte une atmosphère plus naturelle, là où les morceaux musicaux ont fini par nous sortir du jeu plutôt que de nous y immerger.
Warrior Cats: Clans of the Forest est un petit jeu sympathique, mais qui ne restera pas dans notre mémoire. Ne connaissant pas les romans, on ne peut évidemment pas vraiment comparer cette adaptation à l’œuvre originale. Les lecteurs de la saga seront peut-être davantage immergés grâce aux personnages, aux lieux et aux éléments narratifs qu’ils connaissent déjà. Mais en tant que jeu vidéo, le titre manque de bonnes idées réellement marquantes et finit par tourner en rond. L’ensemble fonctionne durant quelques heures, les mécaniques sont accessibles et les décors possèdent un certain charme, mais la répétitivité et le manque d’originalité empêchent l’aventure de décoller. On vous conseille donc clairement d’attendre une baisse de prix avant de vous lancer.
Les +
- Un univers de chats guerriers qui peut séduire les amoureux des animaux
- Quatre clans et quatre aventures pour une bonne durée de vie
- Des décors charmants et quelques très beaux environnements
- Une personnalisation du personnage et de sa tanière
- Des combats au tour par tour accessibles avec une petite dimension stratégique
- Plusieurs mécaniques de progression, de collecte et d’artisanat
- Une ambiance naturelle agréable grâce aux bruitages environnementaux
Les –
- Une progression très classique et répétitive
- Des quêtes qui se ressemblent beaucoup d’un clan à l’autre
- Une exploration assez vide, avec beaucoup de déplacements d’un point A à un point B
- Des combats efficaces, mais qui manquent de fantaisie et d’originalité
- Des modèles de chats très inégaux et des animations un peu raides
- Des musiques particulièrement répétitives, au point qu’on a préféré les couper
Lageekroom
