Avis BD Glénat : Le dernier Livre

Pandémie mondiale, fermeture des écoles, jeunesse éduquée via des écrans : on peut dire que « Le Dernier Livre », sorti cette semaine aux éditions Glénat, est un thriller d’anticipation plus que réaliste ! Ajoutez à cela des enlèvements d’enfants, et vous comprendrez que nous avons affaire à une œuvre sombre mais également profondément humain. C’est parti pour notre avis sur cet ouvrage dessiné par Brice Bingono et scénarisé par François Durpaire !


Avis BD Glénat : Le dernier Livre critique bande dessinée lageekroomSynopsis : Paris, 2040. Une pandémie mondiale a conduit à la fermeture des librairies, des écoles et des bibliothèques. Les géants de l’industrie numérique ont digitalisé le savoir. Avec la complicité des dirigeants politiques qui ont compris les enjeux de pouvoirs liés aux nouvelles technologies, ils ont mis fin à la production du papier avant de l’interdire. Les informations nous parviennent sur les écrans ou s’implantent instantanément sur nos rétines et l’école se fait à la maison en compagnie d’androïdes programmés conformément aux principes de cette nouvelle société. Mais au cœur de ce monde lisse et aseptisé, un mystère éclot. De nombreux enfants disparaissent sans laisser aucune trace. Derrière ces enlèvements : un groupe de résistants qui entend redonner à la prochaine génération la curiosité et l’esprit critique que la société leur a retirés. Mais leur plan est découvert. La bibliothèque clandestine où ils se cachaient est brûlée et les livres qu’elle contenait également… Un groupe d’enfants parvient à s’échapper du massacre. Ensemble, il se donnent une mission : écrire un nouveau « premier livre ».


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Si le scénario de notre ouvrage du jour vous rappelle quelque chose, c’est normal ! « Le Dernier Livre » nous parle en effet d’une pandémie mondiale, et de l’arrivée au pouvoir du fondateur de Fatalbook. La collecte des données personnelles des habitants du monde entier a permis aux différents géants du numérique de prendre le pouvoir, et d’instaurer leurs nouvelles règles. En plus du virus mortel qui décime les humains depuis plusieurs années déjà (nous sommes en 2040), les grandes entreprises numériques mettent en place un masque connecté. Ce dernier permet soi-disant de se protéger du virus, mais surtout de littéralement aliéner l’humanité, et principalement les enfants, les rendant esclaves des marchands du numérique. Les écoles n’existent plus, les livres ont disparu (et gare à vous si vous en possédez encore un chez vous), et tout est désormais numérisé. Le contrôle de la population est donc total. Une réalité clairement flippante, mais qui fait écho à la nôtre, dans laquelle les écrans prennent une place de plus en plus importante et où la liberté de penser semble de plus en plus restreinte. Les nouveaux dirigeants parlent même d’un alphabet commun, tirant un trait sur toute la diversité des cultures que l’on connait depuis des siècles. Le chômage explose, la plupart des emplois étant gérés par des machines, et pire encore, de nombreux enfants sont victimes d’enlèvement. Ce sera le cas de Héliade, fille de notre héros, qui va vivre des moments difficiles mais également découvrir que tout n’est peut-être pas perdu. Une communauté est en effet en train de se former, et ses membres comptent bien faire perdurer ce qui fait de nous des êtres libres. Utiliser un crayon, tourner les pages d’un livre et s’y plonger, voilà ce qu’il va falloir inculquer à des enfants élevés au numérique.

Au delà de son aspect thriller, parfaitement bien géré, « Le Dernier Livre » est également très riche en informations. « Une fois que le livre existe, les idées sont conservées et transmises aux générations suivantes ». On y apprend les origines des écrits, de la tablette de l’épopée de Gilgamesh à la création de la Bible, en passant par le codex ou encore le rouleau de la Torah. Une véritable lettre d’amour aux livres et au support physique, souvent mis à mal par certaines idées extrémistes et les nombreuses guerres. « Là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes ». Et ce que vivent les hommes, les femmes et les enfants en 2040, est clairement une guerre. Une guerre contre le virus, qui a décimé un grosse partie de la population (et principalement les adultes), mais également contre les nouveaux dirigeants ! Ce que l’on vit aujourd’hui n’est pas si éloigné de ce que l’on découvre dans la bande-dessinée, mais on ressort de ce contexte oppressant avec une lueur d’espoir. Tout n’est pas perdu, et notre société est aux mains d’une toute nouvelle génération. « Le Dernier Livre » est une bande-dessinée très prenante, miroir des événements actuels, mêlant angoisse, violence, mais également espoir. Les visuels sont vraiment superbes, réalistes, et les tons gris ou marrons créent une ambiance toute particulière. Les personnages sont parfois mis en retrait pour laisser la place aux informations historiques, mais cela n’empêche pas de nous y attacher.


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On ressort de notre lecture du jour avec cette sensation d’avoir aperçu des bribes de notre futur, mais également cette envie de ne jamais y parvenir. Certaines choses ne doivent jamais disparaître, et les livres en font partie. Thriller d’anticipation bien plus réaliste qu’il ne l’aurait été il y a quelques années seulement, « Le Dernier Livre » est superbe visuellement et bourré d’informations intéressantes. Une bien belle nouveauté, disponible aux éditions Glénat.


Lageekroom

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