Avis BD Grand Angle : Les Compagnons de la Libération – Philippe Kieffer

Sortie le 31 mars dernier, la bande-dessinée « Les Compagnons de la Libération – Philippe Kieffer » est l’œuvre de l’historien et scénariste Jean-Yves Le Naour et du dessinateur Frédéric Blier. Après des ouvrages centrés sur Jean Moulin ou encore le Général Leclerc, cette collection en provenance de chez Grand Angle nous embarque cette fois-ci à la découverte d’un homme qui n’était pas du tout fait pour le métier militaire, mais qui va pourtant prendre une place importante dans l’histoire. C’est parti pour notre avis !


Avis BD Grand Angle : Les Compagnons de la Libération - Philippe Kieffer lageekroomSynopsis : Sans passion pour l’armée, il sera pourtant le père des commandos français. Ce dandy des Antilles n’a même pas fait son service militaire, dispensé comme Français de l’étranger. Pourtant, le jour de la déclaration des hostilités, en septembre 1939, il s’engage comme matelot.Refusant la défaite de juin 1940, il répond à l’appel du général de Gaulle et intègre les Forces françaises libres. Impressionné par les méthodes des commandos britanniques, il intègre les prestigieux Bérets verts et constitue en 1942, avec une vingtaine de volontaires, ce qui deviendra les « Commandos Kieffer ». Son but : participer au grand débarquement qui doit libérer la France…


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Notre histoire commence en 1962, sur le tournage du film de Darryl F. Zanuck : Le Jour le plus long, avec au casting des acteurs tels que John Wayne et Sean Connery. Philippe Kieffer y est conseiller historique avec un de ses camarades, et les 2 anciens soldats vont échanger des mots très forts. « Ce n’est pas possible, on ne peut pas laisser montrer un tel mensonge, ça ne s’est pas passé comme ça »… et Philippe Kieffer répond : « c’est du cinéma, Robert… L’histoire, tout le monde s’en moque. Les gens préfèrent les mensonges. Alors si Hollywood veut bien nous accorder 2 minutes de reconnaissance, tu sais… On nous a oubliés, mon vieux Robert ». Des mots poignants, venant d’un héros méconnu dont le parcours a de quoi surprendre ! Philippe Kieffer est en effet un ancien banquier et n’a même pas fait son service militaire. Mais il est fasciné par les commandos, et compte bien les rejoindre malgré ses 42 ans. Devenu béret vert, il va continuer sur sa lancée en créant une unité française pour participer au débarquement. On vous laisse découvrir plus en détail ce parcours atypique, et il faut avouer que la narration est accrocheuse. On en découvre également davantage sur la vie privée de Philippe Kieffer, sur sa femme enceinte et sur son obsession à retrouver son fils de 20 ans, membre de la Résistance. Ne vous attendez néanmoins pas à d’incroyables scènes de guerre, le but de l’ouvrage n’étant pas là. Il y a bien quelques séquences nous montrant la dureté de la guerre, mais l’ensemble se veut plus proche des personnages. On découvre des personnalités bien différentes, et la rudesse pour intégrer les commandos en laisse un paquet sur le carreau. Ces soldats viennent de tous horizons, et certains sont terrassier voire même curé. Mais ils doivent se serrer les coudes pour gagner la guerre, malgré quelques frictions en interne liées aux différences culturelles. On découvre donc ces héros et leur parcours jusqu’à Ouistreham.

L’ensemble n’en fait pas trop , et les émotions sont savamment distillées. Certains personnages parviennent malgré tout à sortir du lot, comme le français surnommé « Pas de chance », en lien avec son tatouage sur le visage. On s’attache à ces soldats qui ont marqué l’histoire, et qu’il ne faudra jamais oublier. Si le scénario reste en retrait, la bande-dessinée enchaînant les différents moments de vie de Philippe Kieffer et ses troupes, le tout reste accrocheur du début à la fin. Visuellement, les dessins de Frédéric Blier sont précis et détaillés avec des visages expressifs et un chouette travail lors des scènes plus dynamiques, notamment sur la mer. On peut facilement lire la peur ou à l’inverse la motivation sur les visages de ces soldats prêts à risquer leur vie pour vaincre l’ennemi. L’ouvrage se termine par des photos d’archive ainsi qu’une biographie plutôt complète de Philippe Kieffer. De quoi découvrir des détails supplémentaires sur son parcours, déjà bien exprimé à travers les pages de la bande-dessinée.


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Si vous aimez les ouvrages historiques, « Les Compagnons de la Libération – Philippe Kieffer » est une bonne pioche, tant l’ensemble est immersif et plutôt bien raconté. On découvre un personnage atypique, motivé et profondément humain, qui va au bout de ses convictions. Ne vous attendez pas à une action frénétique, le but de l’ouvrage n’étant clairement pas là. Cette histoire complète nous rappelle quoi qu’il en soit que ce commando de 177 hommes a été tout aussi courageux et décisif que n’importe quelle armée durant cette guerre, et qu’il ne faudra jamais oublier leurs actes


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