Avis : Les Lames d’Ashura (one-shot) de Baptiste Pagani aux éditions Ankama

Disponible aux éditions Ankama depuis le 29 janvier dernier, « Les Lames d’Ashura » est un one-shot de Baptiste Pagani, l’auteur de DoggyBags 11 et The Golden Path, qui nous est présenté comme un Mad Max au féminin. Et on peut annoncer tout de suite la couleur en affirmant que l’éditeur n’a pas menti ! Avec ses héroïnes fortes, son coup de crayon atypique et son énergie communicative, ce one-shot s’est révélé véritablement accrocheur. Nous allons sans plus attendre voir pourquoi !


Avis : Les Lames d'Ashura (one-shot) de Baptiste Pagani aux éditions AnkamaSynopsis : De tous les groupes de brigands du rail que comptent les vastes steppes de Kalandra, les Lames d’Ashura sont les guerrières les plus redoutées. Parmi elles : Osman. Jeune prodige de la danse, il vit pour sa passion et rêve de découvrir ce monde en plein essor hors du clan. Alors qu’Ashura, la matriarche, prépare ce qui sera son dernier coup, l’avenir des Lames semble promis à Ikari et Shota, ses deux fidèles lieutenants. Mais des événements inattendus vont faire voler en éclats l’équilibre de cette famille singulière. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Avis : Les Lames d'Ashura (one-shot) de Baptiste Pagani aux éditions Ankama


Oui, le dernier titre du Label 619 signé Baptiste Pagani a su nous convaincre ! Par ses personnages ? Oui, assurément. Mais également par son coup de crayon et ses couleurs toujours bien choisies. Nous découvrons dès le début de l’ouvrage Ikari et Shota, membres des Lames d’Ashura, des pirates qui pillent les marchandises transportées par les trains. Le continent de Kalandra a connu, depuis plus d’un siècles, de grandes avancées technologiques et industrielles, et le réseau ferroviaire permet aujourd’hui de transporter de nombreuses marchandises d’une ville à une autre. Forcément, cela suscite les convoitises et les pirates sont une menace permanente pour ces convois. La légendaire Ashura, la « mère » du groupe, se prépare à organiser un gros coup, celui qui rapportera un max à son clan uniquement composé de femmes. Malgré tout, au milieu de toutes ces guerrières se trouve Osman, le seul garçon de la communauté. Alors que l’on fait connaissance avec tous ces personnages, des événements inattendus vont se produire, et la famille va voler en éclats. Nous vous laissons découvrir tout ça, et la trahison et la vengeance seront au cœur d’un récit bien écrit et assez captivant à suivre. Baptiste Pagani nous dit en fin d’ouvrage : « il aura fallu une petite dizaine d’années de recherches pour créer l’univers singulier des Lames d’Ashura. Un univers dont les influences puisent dans de multiples cultures, ethnies, modes, œuvres de fiction… ». Et on peut dire que l’univers qu’il a mis en place est immersif. L’esprit Mad Max, comme annoncé par l’éditeur, est bien là, avec un côté oriental qui lui va à la perfection. On retrouve en effet l’énergie de la saga de Georges Miller, à commencer par son rythme intense, ses scènes d’action pêchues et ses personnages charismatiques. Le découpage parvient à alterner l’enchaînement de grandes et de petites cases pour dynamiser l’action et la rendre plus ou moins lisible suivant l’environnement et le contexte. Les animations lors des bastons sont fluides et on ressent les coups, tandis que les scènes plus ambitieuses en jettent elles aussi. Seuls les personnages pourront diviser, avec des visages clairement atypiques qui semblent parfois difformes, mais auxquels on se fait facilement.

Le choix des couleurs est également à saluer, et on alternera entre des pages aux tons froids et d’autres plus chaleureuses. Des couleurs qui penchent parfois vers le rose ou encore le vert, mais qui ne jurent jamais avec l’ensemble de l’ouvrage. Nous avons conscience que le style visuel ne plaira pas à tout le monde, mais ça a fonctionné de notre côté. C’est parfois même un peu violent, mais l’auteur n’en fait pas trop. Les personnages ne sont pas en reste, et nous avons affaire à une communauté de femmes fortes (aussi bien physiquement qu’en termes de caractères) qui n’ont rien à envier aux hommes. Le seul représentant masculin du groupe, Osman, est d’ailleurs très efféminé. Il se maquille et aime la danse, et se sert même de ses capacités dans les combats, certains ressemblant à un véritable ballet. C’est classe, et ce personnage, qui va en voir de toutes les couleurs, est vraiment attachant. Le fait de mettre en avant les femmes dans ce récit est intéressant, et le tout est loin d’être « forcé » pour entrer dans certaines cases « modernes ». Chaque personnage est mis en avant de belle manière, quelque soit son genre ou encore son physique. On notera pour terminer que la qualité de l’ouvrage est à saluer. La couverture est magnifique et rigide, et le papier mat et épais permet de lire ce one-shot dans d’excellentes conditions.


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Le frénétisme de notre ouvrage du jour est communicatif. Avec son univers travaillé, ses personnages bien écrits et son style visuel qui claque, le one-shot de Baptiste Pagani a su nous accrocher sans nous ennuyer une seule seconde. Le charisme de ses héroïnes et de Osman transperce les pages, et on enchaîne les scènes d’action et d’autres plus contemplatives avec panache. Seul le style visuel pourra partager. Si les couleurs sont souvent magnifiques, les visages atypiques ne plairont pas à tout le monde. Mais l’énergie est là, les rebondissements également, et on peut dire que le voyage est totalement réussi !


Lageekroom

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